INICIAR SESIÓNPoint de vue de Camille«Qu’est-ce que tu viens de dire?» lance Adrian d’un ton audacieux.Armand semble tendu, mais il ne cède pas de terrain.«J’ai dit que je suis ton frère. Ton demi-frère, pour être précis.»Les mots restent suspendus dans l’air. Je croise les bras en alternant mon regard entre Armand et Adrian. C’est exactement l’issue à laquelle je m’attendais.Soudain, Adrian rit, ce qui me surprend. C’est un rire bref, dénué d’humour.«C’est toi qui as orchestré tout ça, Camille, n’est-ce pas ? Tu n’avais jamais l’intention de céder Aegis aussi facilement.»«Tu as raison sur un point : je ne compte pas abandonner Aegis si aisément. Mais je n’ai rien orchestré. Voici Armand, ton demi-frère. C’est le fils de ton père. Je t’ai dit que ton père était toujours en vie, non ? Eh bien, il a vécu assez longtemps pour avoir deux enfants adultes.»«Tu mens, dit-il, la voix légèrement tremblante.»«Elle ne ment pas, intervient Armand. Mon père est Charles Montclair. J’ai découvert tout ré
POINT DE VUE DE CAMILLE« Camille, j’ai Henri. » La voix d’Adrian résonne dans le téléphone, basse et impitoyable.Mon sang se glace. Pendant une seconde atroce, je ne peux plus respirer. Mais je ne dois pas lui laisser voir que je panique. Je me lève de ma chaise de bureau, les doigts crispés sur le téléphone.« Où est-il ? » demandé-je d’un ton ferme.« Ça n’a pas d’importance. »Je savais que m’intercepter sur la route pour m’embrasser faisait partie d’un plan. Peut-être voulait-il que je baisse ma garde.« Adrian, si tu l’as touché… »« Je ne l’ai pas fait », m’interrompt-il.Sa voix reste effroyablement calme.« Mais ça peut changer. »Une vague de rage m’envahit.« Que veux-tu ? »« Est-ce vraiment nécessaire de poser la question ? » dit-il. « Tu sais exactement ce que je veux. »Je marque une pause.« C’est Aegis, n’est-ce pas ? »« Évidemment. Je veux que tu me le rétrocèdes. »« Non. »« Alors Henri mourra. »Ces mots me transpercent le cœur. Je ferme les yeux. Qu’Adrian puis
POINT DE VUE D’ADRIAN« Une nouvelle instruction est arrivée de la part de la source inconnue », dit Elaine.J’ai un nœud à l’estomac. Que veulent-ils cette fois ?« T’aider, comme d’habitude. »« Tu sais bien que rien n’est gratuit, n’est-ce pas ? Cette source inconnue qui se mêle de nos affaires, ça ne me plaît plus du tout. »Elle fronce les sourcils.« Tu n’as même pas encore écouté ce qu’ils ont à dire, mon amour. »Elle se rapproche de moi.« Quelle est l’instruction ? »Elle me prend le menton dans sa main, ses sourcils se détendant.« Henri. »« Qu’est-ce qu’il y a avec lui ? »« Ils veulent qu’on l’enlève. Et si on n’y arrive pas, on s’en prendra à l’autre frère, Louis. »« Quoi ? »« Tu as bien entendu. »Je secoue la tête, incrédule. Qu’est-il arrivé à l’idée de s’attaquer directement à DOUVCORE ? Pourquoi un enlèvement ?« Écoute, sa sécurité n’est pas aussi renforcée que celle de Camille ou des enfants. L’idée, c’est qu’une fois qu’on les aura, Camille n’aura d’autre choix
POINT DE VUE DE CAMILLEAdrian me serre contre lui. Le souffle me manque. Son regard plonge dans le mien un long moment avant que ses lèvres ne rencontrent les miennes. Et soudain, tout autour de nous s’efface.La colère. La trahison. Les années de souffrance. Il n’y a plus que lui. Plus que nous.Lentement, la distance entre nous s’amenuise jusqu’à disparaître, et je m’abandonne à ces sentiments que j’ai passé des années à feindre d’avoir oubliés.Le temps d’une nuit, DOUVCORE n’existe plus. Pas de vengeance. Juste Adrian et moi. Ensemble. Comme avant que tout ne s’écroule.Puis j’ouvre les yeux et je suffoque. Le plafond de ma chambre me fait face dans la pénombre. Je reste immobile quelques secondes. Mon cœur cogne violemment contre mes côtes.Je regarde autour de moi. Adrian n’est pas là. Un souffle tremblant m’échappe. Ce n’était donc qu’un rêve. Juste un rêve. Je referme les yeux. Mais brièvement, cette fois. Un immense soulagement m’envahit.Je me redresse et dégage mes cheveux
POINT DE VUE D'ADRIAN Impossible de chasser ses lèvres de mon esprit. Trois jours ont passé depuis que j'ai embrassé Camille, et pourtant, ce souvenir refuse de s'effacer.Il me poursuit partout : au réveil, au travail, et même le soir, quand je ferme les yeux.Je n'avais jamais prévu de l'embrasser. Dès l'instant où je l'ai vue debout près de sa voiture, quelque chose a basculé en moi.Je n'ai pas réfléchi. Je n'étais même plus capable de raisonner. Les conséquences m'importaient peu.Je l'ai simplement attirée vers moi. Et je l'ai embrassée.Je ne comprends toujours pas pourquoi j'ai fait ça.Pendant des années, je me suis répété que je n'avais jamais aimé Camille. Je me le suis dit tant de fois que c'est devenu une certitude. Aujourd'hui, je ne suis plus si sûr que ce soit vrai.Peut-être que je ressentais quelque chose pour elle, après tout. Mais mon ambition était si bruyante qu'elle a dû occulter tout ce que j'éprouvais. J'étais tellement obsédé par la réussite, le pouvoir et le
POINT DE VUE DE CAMILLE « Je ne suis pas là pour te faire du mal », dit Armand, mais cela ne calme pas les battements effrénés de mon cœur.Son corps m'empêche toujours de m'enfuir ; ses mains agrippent mes bras assez fermement pour me maintenir contre le mur. Sa respiration est saccadée après m'avoir poursuivie à travers la salle de bal, tandis que la mienne est courte et haletante.« Laisse-moi partir », dis-je en essayant de me dégager à nouveau.Il resserre son étreinte.« S'il te plaît. Reste tranquille. Je ne te ferai pas de mal. »Je ne l'écoute pas.« Laisse-moi juste partir », dis-je.Son regard cherche le mien.« J'ai juste besoin que tu répondes à une question. Une seule question. »Je le dévisage avec méfiance.« Laquelle ? »« Quelle est ta relation avec mon père ? »La question me prend au dépourvu.« Quoi ? »« Il ne veut rien me dire. » Sa voix
Quand mes paupières se ferment à nouveau, le monde me paraît plus silencieux. Pendant de longues secondes, je reste immobile sous les lourdes couvertures d'hôpital, tandis que le pâle clair de lune inonde la pièce de fins rayons argentés.La douleur me saisit alors. Une sourde douleur au bas-ventre
La douleur m'envahit avant même que je prenne conscience. Une douleur lancinante et profonde au creux de l'estomac. Puis, le bip régulier d'un appareil électronique à côté de ma tête.Puis, l'odeur âcre de l'antiseptique. J'ouvre lentement les yeux, éblouie par la lumière blanche crue au plafond. P
Tout s'est brouillé dans ma mémoire, car je ne me souviens pas avoir quitté le bureau. Une seconde, je suis debout près du bureau, essayant de ne pas respirer trop fort, tandis qu'Adrian et Elaine parlent de me détruire comme si je ne valais rien. L'instant d'après, je suis à mi-chemin des escalier
POINT DE VUE DE CAMILLEAdrian ne lève pas les yeux de son téléphone quand sa mère dit, “Le scandale la poursuit encore, tu sais.”Ces mots résonnent nonchalamment sur la table. Des verres en cristal scintillent sous le lustre. Je garde les yeux fixés sur mon assiette intacte, même si ces mots me t







