로그인Chapitre 46
Damien
Je l'observe de loin, appuyé contre le mur, les bras croisés. Éléonore traverse la salle, les bras chargés de dossiers, le regard concentré. Elle ne m'a pas vu, et je préfère ça, je peux veiller sur elle sans l'étouffer, sans qu'elle se sente surveillée.
Un homme s'approche d'elle, un consultant au sourire trop large, à l'assurance déplacée. Il lui barre la route, se penche vers elle, pose une main sur son épaul
Chapitre 69ÉléonoreJe suis dans ses bras, la tête contre son torse, et je sens qu’il attend. Il ne me presse pas. Il ne me demande rien. Mais je sais que c’est le moment. Je dois lui raconter. Tout. Pas seulement la trahison. Pas seulement les preuves. L’humiliation. La vraie. Celle qui m’a collée à la peau pendant des mois.Je prends une inspiration, et les mots sortent, lents, rauques, comme s’ils étaient coincés dans ma gorge depuis trop longtemps.— Le lendemain de la réception, je suis retournée au travail. Je n’avais pas le choix. Je n’avais pas d’autre endroit où aller. Et quand je suis entrée dans l’open space, tout le monde s’est tu.Damien ne dit rien. Il serre juste son bras autour de moi.— Ils me regardaient. Tous. Ils chuchotaient. Je les entendais. « Tu as vu ce qu’il
Chapitre 68DamienJe rentre chez Éléonore sans prévenir. Je sais que Julien est venu, elle m’a envoyé un message laconique, « il est parti », et ce silence m’a inquiété plus que tout. Je pousse la porte, et je la trouve là, effondrée sur le canapé, les genoux remontés contre sa poitrine, les photos étalées devant elle, les yeux rouges, le visage ravagé. Elle ne m’entend pas entrer. Ou elle fait semblant. Je m’approche, je m’accroupis devant elle, et je vois qu’elle tremble.— Éléonore.Elle lève les yeux vers moi. Et je vois dans son regard quelque chose de nouveau. De la honte. Une honte qui me serre le cœur.— Je vais bien.— Non. Tu ne vas pas bien.— Si. Je vais bien. Je devrais aller bien. Il est parti. J’ai la preuve. Camille m’a
Chapitre 67ÉléonoreLes larmes ont cessé. Je ne sais pas combien de temps elles ont coulé, ni combien de temps je suis restée assise sur ce canapé, les photos de Camille étalées devant moi, les messages imprimés, les preuves de sa trahison. Mais à un moment, quelque chose s'est brisé en moi, quelque chose qui n'avait rien à voir avec la douleur. La colère. Une colère froide, lucide, qui monte dans ma poitrine et serre mes mâchoires. Je ne suis plus cette femme qui pleure en silence. Je ne suis plus cette victime qui encaisse et qui pardonne. Je ne veux plus l'être.— Pourquoi tu ne m'as rien dit ? demandé-je, la voix dure, les yeux plantés dans ceux de Julien.Il est assis en face de moi, les coudes sur les genoux, le regard fuyant.— Je te l'ai déjà dit. J'avais peur. J'avais honte.— Tu avais honte ? Tu avais honte de quoi ? D'avoir couché avec elle ? D'avoir menti ? D'avoir laissé croire à tout le monde que j'étais la seule responsable ?
Chapitre 66DamienLe rendez-vous est fixé dans un café à l'écart du centre-ville, un endroit où personne ne vient, où les murs sont jaunis par le temps et où les serveurs ne posent pas de questions. Je suis arrivé en avance, je me suis installé au fond de la salle, le dos contre le mur, et j'attends. L'homme que je dois rencontrer s'appelle Marc. Il a travaillé pour Julien pendant trois ans. Il était son assistant, son homme de confiance. Puis il a disparu de la circulation. J'ai mis deux jours à le retrouver. Il a accepté de me parler, mais à contrecœur, la peur dans la voix.La porte s'ouvre. Un homme d'une quarantaine d'années entre, les épaules voûtées, le regard fuyant. Il me voit, hésite, puis s'approche. Il s'assied en face de moi, les mains serrées sur la table, les jointures blanches.— Vous &ecir
Chapitre 65ÉléonoreJe suis assise sur mon canapé, les genoux contre la poitrine, et je fixe le mur sans le voir. La nuit est tombée, mais je n'ai pas allumé. Je repense à ce que Damien m'a dit. À cette femme, Hélène Vasseur. À ces contradictions. Et soudain, un souvenir refait surface. Une conversation. Une phrase. Un détail que j'avais oublié.C'était quelques semaines avant la réception. Camille et moi étions attablées à un café. Elle me parlait de Julien, de notre couple, de l'avenir. Elle me souriait, elle me rassurait, elle me disait que j'avais de la chance. Et puis, à un moment, elle a dit quelque chose qui m'avait paru étrange sur le moment, mais que j'avais chassé de mon esprit. Elle avait dit :— Tu sais, Éléonore, parfois, les hommes ne sont pas ce qu'ils prétendent &ecir
Chapitre 64DamienJe n'ai pas dormi. Depuis que j'ai vu Éléonore effondrée sur le sol de son appartement, une rage froide ne me quitte plus, et je me suis mis à enquêter. Discrètement. Sans lui dire, pas encore, parce que je ne veux pas lui donner de faux espoirs, ni la replonger dans l'angoisse sans avoir de certitudes. Alors je creuse. La nuit, quand tout le monde dort, je fouille les archives, je passe des appels, je réveille des contacts endormis, j'utilise les ressources de mon entreprise et de mon nom pour remonter le fil. Et plus j'avance, plus les contradictions s'accumulent.Je suis assis à mon bureau, les stores baissés, les dossiers étalés devant moi, et je fixe la photo qu'Éléonore m'a confiée. Julien, Camille, cette réception, ces dates qui ne collent pas. Je reprends mes notes, je compare les relevés bancaires, les billets d'avion, les r&







