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Author: Petit_deiti
last update publish date: 2026-08-10 17:50:57

Nikole

Je restai sur le balcon quelques instants de plus, respirant l'air frais, en pleine réflexion. Tout cela se déroule si vite.

Après l'entretien, j'étais allée faire du lèche-vitrine thérapeutique avec ma mère, je n'avais donc pas vraiment eu le temps de penser à la proposition de Blak. Et là, je venais d'accepter son invitation à déjeuner, sachant pertinemment que son unique intention était de me convaincre de travailler pour lui.

« Tu penses à l'entretien ? » me demanda Maman.

Je hochai la tête. « Je ne sais tout simplement pas quoi faire. Je veux dire, c'est une super opportunité, mais travailler avec Blak ? »

Maman fit une grimace.

« S'il ressemble un tant soit peu à ton père, alors je comprends. Mais Blak n'était-il pas un bon garçon ? Jusqu'à ce qu'il rompe avec toi, bien sûr. »

« J'imagine », répondis-je. Ma mère resta silencieuse pendant un long moment. Je soupirai : « Vas-y, dis-le. »

Maman s'accouda à la rambarde à côté de moi. « Tu sais ce que je vais dire : c'est une excellente opportunité, un endroit fantastique. Ça coche toutes tes cases. »

« Oui, je sais. Mais ça me fait toujours bizarre. »

« Je comprends ton appréhension », répondit Maman en pinçant les lèvres. « Tu as raison de l'être. Mais rien ne t'oblige à rester là-bas si ça ne te plaît pas. Pourquoi ne pas lui donner une chance, voir si cela te convient ? Et si ce n'est pas le cas, tu pourras simplement partir. Je veux dire », dit-elle en posant une main réconfortante sur mon épaule, « je détesterais que tu manques cette occasion à cause de Blak. Il t'a déjà assez pris comme ça, tu sais ? »

Cette fois, ce fut moi qui gardai le silence. Maman avait raison, comme toujours. Enfin, Blak m'avait pris beaucoup de choses. L'année qui a suivi notre rupture avait été difficile, c'est le moins qu'on puisse dire. C'était en partie la raison pour laquelle j'avais fini dans ce travail pourri sans avenir, parce que je n'avais absolument plus l'énergie de postuler ailleurs. J'imagine que je n'étais pas vraiment obligée de rester dans ce nouveau travail sous ses ordres si je le détestais.

« C'est une bonne idée, en fait », admis-je.

Maman rit. « Il m'arrive d'en avoir parfois. »

Paul passa la tête par la porte coulissante.

« Ouh là, ça a l'air d'être une discussion sérieuse. Je peux revenir plus tard ? »

« Oh Paul, c'est bon. Nikole a de toute façon déjà pris sa décision, n'est-ce pas ? » dit Maman en me donnant un coup de coude.

Je soupirai, même si je souriais. « C'est vrai. Je vais tenter ma chance avec ce nouveau travail. C'est une opportunité incroyable, même si c'est avec Blak, de toutes les personnes possibles. Maman a raison, ça vaut le coup d'essayer, quoi qu'il en soit. »

Un grand sourire radieux éclaira le visage de Paul et il déposa un baiser sur la joue de ma mère. « Tu as une sacrée futée comme mère, ça c'est sûr. »

Je les enlaçai tous les deux.

« C'est bien vrai. »

Après cela, je me trouvai une excuse et partis un peu plus tôt. Je me changeai pour mettre quelque chose d'un peu moins formel, mais pas trop sexy pour autant — il n'était pas question que Blak se fasse de fausses idées — puis je partis me promener. Peut-être que cela me donnerait un peu de temps pour me vider la tête.

Si j'étais tout à fait honnête avec moi-même, surtout depuis que j'avais recroisé Blak, ce n'était pas toujours facile d'être aux côtés de Maman et Paul. Oui, ils étaient absolument formidables, et oui, ils avaient été super avec moi, me laissant habiter chez eux et me soutenant depuis le début.

Mais ils formaient un de ces couples si parfaits que ça vous donnait parfois envie de vous tirer une balle. Je veux dire, à ma connaissance, la pire dispute que Maman et Paul aient jamais eue, c'était parce que Paul voulait lui acheter une voiture et qu'elle n'en voulait pas. Ils ne haussaient littéralement jamais la voix l'un sur l'autre et étaient manifestement si épris et amoureux.

C'était un peu dépriment quand on pensait que le dernier rencard décent que j'avais eu remontait au lycée, avec le garçon qui m'avait brisé le cœur. Plus encore, le simple fait de les voir me rappelait ce que c'était que d'être amoureuse, d'être avec... Je secouai la tête. Non, je n'allais pas repenser à ça. Blak avait pris sa décision il y a bien longtemps et j'avais pris la mienne de tourner la page.

Tandis que je marchais, un coup frappé à une fenêtre voisine me surprit. C'était Tammi, qui me faisait signe d'entrer.

« Alors, on se retrouve », dit-elle avec un grand sourire. Elle était à The Elk ; je ne m'étais même pas rendue compte que je passais devant quand elle avait attiré mon attention.

« Je suis en route pour un déjeuner d'affaires », lui dis-je en souriant. « Mais je peux rester un moment. »

« Ça me va », dit Tammi en remuant son chocolat chaud avec un touilleur. « Alors, tu as eu le poste ? »

« En quelque sorte », dis-je, n'ayant pas vraiment envie de déballer toute cette histoire sordide avec une inconnue à ce moment-là. « Mais tu as l'air d'avoir du nouveau. Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Oh, rien », dit Tammi, bien qu'elle souriait. « C'est juste ce coach sportif avec qui j'ai eu un rencard incroyable il y a quelques soirs qui m'a proposée de ressortir. Je suis plutôt emballée. Même si ça n'ira nulle part, évidemment. »

Je plissai les yeux en la regardant. « Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Laisse tomber », dit Tammi. « Maintenant, crache le morceau. Comment s'est passé l'entretien ? »

« Ça s'est bien passé, j'imagine », dis-je. « Enfin, j'ai eu le poste, mais il y a un problème de patron. »

« Quoi ? » demanda Tammi. « C'est un vrai vicieux ? Ou un pauvre type fini ? »

« Ni l'un ni l'autre », dis-je. « C'est mon ex. »

« Ouh. » Tammi fit une grimace compatissante. « Du genre un ex-amourette ou un vrai ex ? »

« Un vrai ex. »

« Depuis combien de temps ? »

« On était petits copains au lycée, et puis on a essayé de continuer ensemble après. Donc, deux ou trois ans. »

« La vache. »

« Quoi ? »

« C'est long. Bien plus long que toutes mes relations. C'était du sérieux, alors ? »

« Plutôt », dis-je. « Je veux dire, on passait presque tout notre temps ensemble jusqu'à ce qu'il déménage. »

« C'est pour ça que vous avez rompu ? » Une expression d'horreur apparut soudainement sur le visage de Tammi. « Oh mon Dieu. Je suis tellement désolée. »

« Quoi ? »

« Je fais totalement la commère », dit Tammi. « Tu peux me dire de me taire, honnêtement. Parfois ma curiosité prend le dessus et je me mêle de ce qui ne me regarde pas. »

« Non, vraiment, c'est bon », lui dis-je. « Ce n'est pas un secret. Je ne sais pas. Après son départ, Blak a commencé à devenir distant, il appelait moins, s'en souciait moins. Quoi qu'il en soit, il a mis fin à notre relation, en disant que la distance était trop difficile, trop stressante, blablabla. »

« Quel abruti ! » déclara Tammi.

Je ris, surprise. « Non, vraiment, il avait raison. Il débutait dans une nouvelle boîte à l'époque et, eh bien, on dirait que ça a payé pour lui. »

Tammi hocha la tête, bien que son froncement de sourcils restât ferme.

« Mouais, n'empêche que c'est un abruti. Ouais, je comprends pourquoi tu hésites. C'était ultra bizarre de le revoir ? »

« Plus surprenant qu'autre chose », dis-je. « Il était surpris lui aussi, même s'il a fini par me proposer le poste en quelques minutes. »

« Mph », répondit Tammi.

« Quoi ? » demandai-je.

« Tu penses qu'il te veut encore ? » demanda-t-elle.

« Non, pas du tout ! » dis-je en toussant. « Il sait juste que je suis une bosseuse et que je gère en informatique. » Je jetai un coup d'œil à mon téléphone. « Bref, j'ai environ trente minutes pour hacher un taxi et arriver là-bas. »

« Eh bien, ne me laisse pas te retenir », dit Tammi. « Mais dites-moi, ce déjeuner, c'est comme un rencard ? »

Ses sourcils bougèrent de façon suggestive.

« Non, c'est comme une réunion de travail », dis-je rapidement.

Tammi hocha simplement la tête d'un air entendu. « Ouais, ouais, c'est ça. » Elle me fit un clin d'œil, puis, se penchant vers moi, chuchota : « Tu sais, tu lui manques probablement. »

« Ouais, je ne pense vraiment pas que ce soit ça », dis-je.

Tammi me désigna du geste et dit : « Regarde-toi dans un miroir, ma fille. Seul un idiot laisserait tomber ça sans le regretter. »

Sentant le rouge me monter aux joues, je me détournai.

« Merci, mais s'il te plaît, arrête. Je suis déjà assez nerveuse comme ça. »

« D'accord, d'accord », concéda Tammi. « Mais tu me donneras tous les détails croustillants sur ton rencard après ? »

Je me levai.

« Je te donnerai les détails sur ma réunion de travail après », la corrigeai-je. « Promis. Tant que tu me donnes aussi les détails sur ton prochain rencard. »

« Marché conclu », dit Tammi. « Allez, à plus et bonne chance ! »

« Toi aussi ! » répondis-je.

Dehors, je réussis à héler un taxi rapidement. En chemin, je me laissai enfin aller à réfléchir longuement à la situation sans que d'autres personnes me bombardent de conseils.

Ma mère avait-elle raison ? L'opportunité était-elle vraiment trop belle pour la laisser passer ? Si oui, alors pourquoi tout mon estomac se tordait-il à la seule idée de revoir Blak ? Je veux dire, ce n'était pas comme si je passais encore chaque nuit à pleurer dans mon oreiller comme au cours des premiers mois après notre rupture. Mais il restait le mec dont je pensais qu'il serait mon avenir et qui, sans crier gare, était parti.

Peut-être que je me sentais encore si bizarre et mal à l'aise parce que le revoir avait été un tel choc. Peut-être que j'exagérais ma propre fragilité. Je veux dire, au début, je n'aurais jamais pensé être capable de passer à autre chose ; jamais je n'aurais pensé qu'un jour passerait sans que je ne pense à lui, que je me demande ce qu'il faisait ou pourquoi il m'avait si soudainement et irréparablement brisé le cœur.

Peut-être qu'il en allait de même pour cette situation, peut-être que j'avais juste l'impression de ne pas en être capable parce que je ne l'avais pas encore fait. Peut-être que je devais juste être forte.

Le Modern se trouvait dans un magnifique bâtiment très vitré qui m'invita à m'arrêter et à regarder autour de moi pendant une minute. C'était assez drôle qu'on se retrouve ici.

Pas parce que c'était ridiculement chic, beau ou spacieux, même si c'était tout cela à la fois. Mais ce n'était pas le genre d'endroit où je m'attendais à trouver Blak, même s'il en avait les moyens. Je me souvenais encore de l'époque où nous parlions de nos hypothèses, de nos avenirs, et de la certitude que nous avions quant à la façon dont les choses allaient tourner. Blak, par exemple, jura ses grands dieux que même s'il était riche comme un roi, il ne gaspillerait jamais son argent dans des restaurants surévalués — ceux qui faisaient payer plus cher la présentation sophistiquée des plats que la taille réelle du repas — et pourtant, nous y voilà.

Je haussai les épaules. Et alors ? Blak a changé. Tout le monde fait ça. Et s'il y a bien quelqu'un qui devrait le savoir, c'est moi.

À l'intérieur, les tables étaient alignées en rangées très ordonnées, avec de petites plantes en pot réparties dans la pièce.

« Tu es en avance », dit Blak en souriant.

« Tu es en avance », répondis-je.

« Viens, j'ai pris une table », dit-il. Il fit un signe de tête à certains serveurs, qui lui répondirent par des sourires lorsque nous passâmes. Visiblement, Blak était un habitué des lieux.

Tandis que nous traversions la salle, je remarquai une tendance chez les gens dispersés dans le restaurant : ils avaient tous l'air d'avoir plus d'argent qu'une seule personne ne saurait en dépenser. Je tirai sur mes manches, qui me parurent soudainement trop courtes. Pourquoi avais-je décidé de ne pas porter quelque chose de plus habillé ? Ou au moins de me renseigner sur l'endroit où nous allions manger ?

J'avais l'impression d'être l'orpheline Annie, égarée par erreur dans le palais du roi. Mais si Blak le remarqua, il n'en montra rien.

Quand nous atteignîmes notre table, je remarquai que deux verres d'eau y étaient déjà posés pour nous. Je m'assis et en pris un, commençant à le siroter avec hésitation, histoire d'occuper mes mains.

« Je suis content que tu aies pu venir », commença Blak, brisant le silence.

« J'ai pensé qu'il valait mieux prendre une décision à ce sujet avant le week-end », répondis-je.

Blak hocha la tête.

« C'est intelligent. Eh bien, je peux te faire l'article, ou je peux aller droit au but et te dire que pour le salaire dont nous avons discuté — tu peux ajouter dix mille dollars de plus, avec des négocations sur des primes au bout de six mois. »

Je le regardai par-dessus le bord de mon verre d'eau. Bon sang, il savait parler mon langage. Grâce à mon travail précédent et au salaire de misère qui allait avec, j'avais encore beaucoup de dettes d'études à rembourser. Bien sûr, je n'avais que vingt-sept ans, mais pendant quatre ans, j'avais galéré et survécu avec du riz en boîte pas cher, des plats surgelés, et j'avais même dû supporter du papier toilette de magasin à un dollar. Je n'avais pas besoin de vivre comme une héritière, mais je voulais arrêter d'avoir l'impression de mourir un peu de l'intérieur chaque fois que je regardais mon ticket de caisse.

« Concernant le problème potentiel entre toi et moi », dit Blak. « J'aimerais que tu saches que tu auras ton propre bureau, ta propre porte que tu seras libre de laisser ouverte ou fermée, et je ne te dérangerai pas à moins que ce ne soit absolument nécessaire. Je pense vraiment que tu serais un atout pour notre équipe. »

Je hochai la tête, assimilant ses paroles.

Blak fit tourner impatiemment les glaçons dans son verre.

« Écoute, tu n'as pas à décider maintenant. Déjeune, prends un verre. Tu peux même rentrer chez toi. S'il te plaît, fais-moi juste savoir ce soir, ou au plus tard demain, quels sont tes projets. Et si tu as d'autres inquiétudes, quelles qu'elles soient, dis-le-moi. Je peux arranger les choses. »

Je lui jetai un coup d'œil furtif. Je peux arranger les choses.

C'était bien le même Blak, après tout. C'est ce qu'il me disait il y a des années. C'était son truc, « arranger les meublles ». Quand j'avais raté cet interro surprise et que j'étais au bord des larmes, il avait arrangé les choses. Quand une fille avait fait sa peste avec moi au bal de l'école, il avait arrangé les choses. Même quand je m'inquiétais de la distance, il avait arrangé les choses. Pendant un petit moment, en tout cas.

Mais le fait est que ma plus grande crainte de toutes, celle de devoir travailler près de l'homme qui m'avait brisé le cœur, n'était pas une chose qu'il pouvait arranger. À moins qu'il ne disparaisse miraculeusement de la surface de la terre, ou qu'il ne prenne une retraite anticipée juste après m'avoir embauchée.

Je buvais une autre gorgée d'eau, puis posai mon verre sur la table, en jetant un coup d'œil au menu.

« Ouais, je pense que je vais y réfléchir », dis-je. « Qu'est-ce qui est bon ici ? »

Nous échangeâmes quelques banalités polies et inutiles que j'aurais pu avoir avec n'importe qui d'autre dans le restaurant, puis Blak passa commande pour nous deux. Après le départ du serveur pour transmettre notre commande en cuisine, Blak se tourna vers moi.

« Tu dois penser que je suis un beau parleur, un hypocrite fini », déclara-t-il de nulle part.

« De quoi tu parles ? » demandai-je, prise de court.

Blak désigna le décor autour de lui.

« De ça. Allez, tu ne te souviens pas ? De la façon dont je la ramenais sur le fait de ne jamais aller dans des restaurants chics si j'avais de l'argent ? »

J'essayai de ne pas sourire.

« Oh, je me souviens. »

Blak souriait lui aussi.

« Ouais, eh bien, tu m'as eu ; je disais n'importe quoi. Je n'avais aucune idée de quoi je parlais. C'était différent de ce à quoi je m'attendais, avoir de l'argent. » Il hocha la tête, comme s'il tenait cette conversation avec lui-même. « Enfin, beaucoup de choses sont différentes. »

Avait-il seulement conscience de la façon dont il me regardait si intensément ? Je détournai le regard.

Heureusement, le serveur réapparut rapidement avec nos plats qui étaient, il faut l'avouer, magnifiquement dressés, mais servis dans des portions tout juste suffisantes pour nourrir une souris. Pas que j'aie beaucoup d'appétit de toute façon. Mon cerveau tournait toujours à plein régime, essayant de peser mes options. Mon cœur était tout aussi perdu que ma tête.

Tandis que nous mangions, Blak continua.

« Le principal, c'est que j'ai appelé tes références, lu tes relevés de notes, et c'était exactement comme je le pensais. Tu seras parfaite. Si tu décides d'accepter le poste, en tout cas. J'ai l'impression de me répéter, mais je comprends pourquoi cela peut être gênant pour toi. »

Je plantai ma fourchette dans mon saumon rouge avec une telle force que mon assiette claqua contre la table. Oups.

Pourtant, j'avais le droit d'être en colère ; à quel point cela pouvait être gênant pour moi ? Et lui alors ? Cela ne le dérangeait-il vraiment pas du tout que nous ayons été ensemble si longtemps et qu'il ait failli me demander en mariage ce soir-là ? A-t-il tout simplement oublié ?

Blak me regardait d'un air interrogateur. Je me forçai à expirer.

« Cela fait un moment maintenant, et ça n'a plus d'importance. C'est du passé. »

« Ouais », répéta-t-il, d'un ton un peu creux. « Du passé. »

Il y avait quelque chose d'exaspérant dans son absence d'émotion. Comme si c'était calculé ou feint. Je mordis à belles dents dans le morceau de chou-fleur que j'avais en bouche.

« Tu sais quoi ? Oui, j'aimerais accepter ton offre. »

Au diable les conséquences. Au diable Blak. Au diable tout ce qu'on aurait pu avoir. Blak était, et reste, un abruti. C'est aussi simple que cela. Un abruti dont je serai ravie de prendre l'argent.

C'était le poste de mes rêves, après tout, et j'étais bien décidée à ne pas laisser Blak me prendre quoi que ce soit de plus. Il m'avait déjà bien assez pris.

« Génial », dit Blak, le visage illuminé.

Pendant un instant, son ancien sourire familier refit surface. Un sourire si large qu'il lui plissait même les yeux. Ce sourire qui n'apparaissait autrefois que lorsqu'il était avec moi.

Il recomposa rapidement ses traits pour afficher une expression plus professionnelle.

« Alors, quand peux-tu commencer ? »

« Cet après-midi ? » suggérai-je.

À la fin du repas, Blak se leva et me tendit la main. « Tu verras », dit-il, « tout va très bien se passer. »

Je n'en étais pas si sûre.

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