เข้าสู่ระบบALESSANDROLa brume se déchire.Elles sont là.Cinq. Non, six. Non, plus. Elles sortent des arbres, du brouillard, du sol. Des créatures du Soiffard. Les mêmes que celles qui ont attaqué le camp. Les mêmes que celles qui ont tué Dariush. Les mêmes que celles qui hantent mes cauchemars depuis des semaines.Mais différentes.Plus grandes. Plus noires. Plus affamées. Leurs yeux brillent d'une lueur rouge, comme des braises, comme du sang, comme des promesses de mort. Leurs griffes sont plus longues, plus acérées, plus meurtrières. Leurs gueules dégoulinent d'une bave noire qui fume au contact du sol, qui brûle l'herbe, qui fait fondre la neige.— En formation ! crie Kael.Les guerriers se placent en cercle, dos à dos, armes levées. Les épées d'acier étoilé brillen
La forêt défile autour de nous. Les arbres se resserrent, les branches s'entrecroisent, le ciel disparaît. La lumière baisse. Le froid augmente. L'air devient lourd, épais, difficile à respirer. On dirait que la forêt elle-même retient son souffle, qu'elle attend quelque chose, qu'elle sait quelque chose que nous ignorons.— On approche, dit Kael derrière moi.Sa voix est grave, tendue. Je l'entends à peine. La brume étouffe les sons, les avale, les digère.— La vallée ?— Oui. Encore une heure. Peut-être deux.— Qu'est-ce qui t'attend là-bas ? demande Alessandro.— Rien de bon.On continue d'avancer. Le silence s'épaissit. Les oiseaux ont cessé de chanter. Les insectes ont cessé de bourdonner. Même le vent semble retenir son souffle. La forêt est morte. Ou end
AURORA---Le matin est gris, froid, humide.La neige n'est pas encore tombée, mais elle menace. Elle est là, quelque part au-dessus de nos têtes, dans ces nuages bas et chargés qui semblent vouloir s'écraser sur nous. Le ciel est une plaie, une ecchymose, quelque chose de malade et de gonflé qui va éclater. Les arbres sont nus, leurs branches tendues vers le ciel comme des doigts suppliants, comme des mains qui mendient, comme des os qui émergent d'une tombe. La terre est dure, gelée, craque sous nos pas comme du verre brisé, comme des os qu'on écrase, comme des promesses qu'on rompt.L'armée se met en marche.Nous sommes cinquante. Cinquante guerriers, cinquante vies, cinquante promesses de vengeance ou de mort. Des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux. Des marqués, des guéris, des survivants. Des visages que je connais, des visages
Pas de hâte. Pas d'urgence. Pas de violence. Juste de la douceur. De la patience. De l'éternité.Chaque mouvement est une caresse. Chaque pulsion est un murmure. Chaque seconde est une vie entière.— Tu sens ça ? demande-t-il.— Quoi ?— Les vies. Elles chantent.— Je les entends.— Elles nous bénissent.— Je les sens.Autour de nous, l'air vibre. Une lumière douce, presque invisible, enveloppe nos corps. Les vies de Lyra, toutes ces âmes qu'elle a portées, toutes ces mémoires qu'elle a gardées, s'élèvent autour de nous comme des lucioles, comme des étoiles, comme des baisers.— Qu'est-ce que c'est ? murmure-je.— Je ne sais pas. Mais c'est beau.— C'est nous. C'est notre amour. C'est tout ce qu'on a traversé.— Et tout ce qu'
KAELLa nuit est tombée.Le camp est calme. Les feux sont bas. Les guerriers dorment. Mais moi, je ne dors pas. Je ne dors plus depuis que je l'ai vue dans ses bras.— Tu veux boire ? demande Elric.Il est assis à côté de moi, une bouteille d'alcool à la main, son visage éclairé par les braises. Il est vieux, Elric. Plus vieux que tout le monde. Il a vu des guerres, des morts, des trahisons. Il a vu des amours naître et mourir. Il sait des choses que les autres ignorent.— Oui, dis-je.Il me tend la bouteille. Je bois. L'alcool est chaud, amer, brûlant. Il descend dans ma gorge comme du feu, réchauffe mon ventre, engourdit ma douleur.— Ça va mieux ? demande Elric.— Non.— Ça viendra.— Tu crois ?— Je sais.Je bois encore. L'alcool me monte à
AURORALe camp est silencieux quand j'émerge de ma tente.Pas vraiment silencieux. Les forgerons frappent leurs enclumes. Les guerriers s'entraînent. Les enfants courent. Mais tout semble étouffé, lointain, comme si le monde retenait son souffle.Sera est là.Assise devant sa tente, les jambes croisées, ses mains posées sur ses genoux. Elle aiguise son épée, lentement, méthodiquement. La pierre glisse sur le métal dans un bruit régulier, hypnotique, menaçant.— Sera.Elle lève la tête. Ses yeux sont calmes, ses lèvres sont pincées, son visage est impassible.— Aurora, dit-elle. Sa voix est neutre, presque amicale.— On doit parler.— Nous parlons.— Pas comme ça.— Alors comment ?— Debout. Face à face.
AURORALe sommeil ne vient pas. Il se contente de rôder à la lisière de ma conscience, un prédateur hésitant face à la lumière crue des pensées qui tournent dans ma tête.La fourrure sous moi est douce, épaisse, mais elle sent le fauve, le musc et la fumée. Une odeur étrangère qui, pourtant, commen
LE GUETTEUR— De la part des Sentinelles du Déclin.Sa voix est neutre, sans inflexion. Elle porte pourtant jusqu’aux recoins les plus éloignés.— Le dégel a commencé plus tôt que prévu dans les Basses Terres Noires. Les glaces sur la Rivière Serpent cèdent. Et elles charrient des débris.Il fait u
KAEL— Un toast ! À notre roi ! Puisse sa nouvelle… alliance… lui apporter la sagesse dont nous aurons besoin pour l’hiver qui vient.Les mots sont droits. Le ton, apparemment respectueux. Mais l’espace d’un instant, entre « nouvelle » et « alliance », il y a eu un silence calculé. Une insinuation.
AURORAPuis j’entends le froissement du métal. Alessandro a saisi la Couronne des Dents. Il ne l’ôte pas de sa tête. Il en détache quelque chose. Un éclat. Une dent, longue et incurvée, noire comme l’obsidienne, qui était l’une des pointes de la couronne. Elle brille d’une lueur intérieure, faible







