LOGINPuis il sort.
La porte se referme doucement derrière lui. Ses pas s'éloignent dans le couloir. La porte d'entrée s'ouvre et se ferme.
Le silence retombe.
Je reste seule dans la chambre, les yeux fixés sur la porte close, les joues mouillées de larmes. Mon cœur est lourd, mais étrangement apaisé. J'ai dit ce que j'avais &agr
Puis il sort.La porte se referme doucement derrière lui. Ses pas s'éloignent dans le couloir. La porte d'entrée s'ouvre et se ferme.Le silence retombe.Je reste seule dans la chambre, les yeux fixés sur la porte close, les joues mouillées de larmes. Mon cœur est lourd, mais étrangement apaisé. J'ai dit ce que j'avais à dire. J'ai fait mes adieux. Maintenant, je peux avancer.Quelques minutes plus tard, Matteo entre doucement. Il s'approche du lit, voit mes larmes, les essuie du bout des doigts.— Ça va ? demande-t-il.— Oui. Ça va. C'est fait.— Tu as pu lui dire ce que tu voulais ?— Oui. Tout.
AuréliaTrois jours ont passé depuis mon sauvetage.Trois jours de repos forcé, de soins attentifs, de sommeil réparateur. Matteo ne m'a pas quittée une seconde. Il dort sur un matelas posé à même le sol, à côté de notre lit, pour ne pas risquer de me blesser en bougeant dans son sommeil. Il me nourrit à la cuillère, change mes pansements, m'aide à me lever quand j'ai besoin d'aller aux toilettes.Je ne l'ai jamais vu aussi doux, aussi patient, aussi vulnérable. Le chef de la mafia a laissé place à un homme amoureux, terrifié à l'idée de perdre celle qu'il aime. Et cet homme-là, je l'aime encore plus que l'autre.Mes blessures gu
Sa voix se brise légèrement sur les derniers mots. Il se reprend, inspire profondément.— Adriano…— Non, laisse-moi finir. J'ai besoin de le dire.Je me tais, attendant.— Je t'aime, Aurélia. Je t'aime d'un amour que je n'ai jamais ressenti pour personne. Un amour qui m'a pris par surprise, qui m'a submergé, qui a tout balayé sur son passage. Quand je t'ai vue dans cette cave, blessée, terrorisée, j'ai voulu te prendre dans mes bras, te protéger, t'emmener loin de tout ça.— Pourquoi tu ne l'as pas fait ?— Parce que tu étais déjà dans les bras de Matteo. Et que tu y étais bien. Je l'ai vu dans tes yeux, dans la façon dont tu t'accrocha
AuréliaJe me réveille dans un lit inconnu.Non, pas inconnu. Familier. Les draps blancs, l'odeur de lessive et de Matteo, la lumière douce qui filtre à travers les rideaux. L'appartement. Notre appartement. Je suis rentrée.Ma mémoire est floue, fragmentée. Des flashes. La cave humide. L'ampoule qui se balance. Le visage de Viktor, son sourire cruel. La douleur, partout, tout le temps. Et puis Matteo. Matteo qui défonce la porte, qui tire, qui me prend dans ses bras. La chaleur de son corps contre le mien. Sa voix qui murmure « C'est fini, je suis là ».— Aurélia ?La voix de Matteo, justement. Douce, inquiète, tout près de mon oreille. Je tourne la tête, le vois assis su
Je la prends dans mes bras, la soulève doucement. Elle est légère, trop légère. Trois jours sans manger correctement, sans boire, sans dormir. Son corps est marqué de partout – des bleus, des coupures, des brûlures aux poignets. Mais elle est vivante. Elle est vivante, et elle est dans mes bras.Elle enfouit son visage dans mon cou, s'accroche à moi comme une naufragée à une bouée. Ses doigts s'agrippent à mon manteau, ses sanglots silencieux secouent ses épaules. Je la serre plus fort, la berce doucement.— Je suis désolée, murmure-t-elle. Je suis désolée.— De quoi ?— De tout. D'avoir été prise. De t'avoir fait peur. De ne pas avoir été assez forte.— Tu as &eacut
MatteoJe défonce la porte d'un coup d'épaule.Le battant cède dans un craquement sinistre, s'écrase contre le mur de pierre. La pièce est plongée dans une semi-obscurité, éclairée seulement par une ampoule nue qui se balance au plafond, projetant des ombres mouvantes sur les murs humides.Et je les vois.Viktor est sur elle. Il la tient par les cheveux, la tête tirée en arrière, un couteau sous sa gorge. Aurélia est à genoux, les mains liées dans le dos, le visage tuméfié, les vêtements déchirés, couverts de sang séché. Mais ses yeux sont ouverts, vivants, pleins de défi. Elle n'a pas cédé. Elle n'a pas plié. Elle est restée elle-même jusqu'au bout.
Il s'approche, pose ses mains sur mes épaules nues.— Parce que je veux qu'ils te voient. Qu'ils sachent que tu es à moi. Qu'ils comprennent que désormais, quand ils me regardent, ils te regardent aussi.— Je suis un trophée ?— T
La réunion dure deux heures. Sofia part la première, après avoir échangé son numéro avec moi et promis de m'emmener déjeuner bientôt. Léo part ensuite, avec une tape sur l'épaule de Matteo.Marco reste le de
AuréliaLe lendemain matin, l'ambiance a changé. Je le sens dès que j'ouvre les yeux. Matteo est déjà habillé, en costume sombre, les traits tendus.— Qu'est-ce qui se passe ? demandé-je.— Rien de gra
AURÉLIAMon cœur bat à tout rompre contre mes côtes, un oiseau affolé pris au piège. Le voir ainsi, dévasté, vulnérable, sur le pas de ma porte à trois heures du matin, est plus troublant que toutes ses démonstrations de pouvoir. C’est la statue qui montre une fissure. Et la fissure révèle non du v







