FAZER LOGINIl me retourne, m'embrasse dans le cou, fait glisser la fermeture éclair. Ses mains trouvent ma peau, ma chaleur. Le miroir reflète nos corps, nos mouvements, cette danse ancienne qui nous unit.
— Matteo… nous sommes dans un magasin…
— La vendeuse est au téléphone. Nous avons cinq minutes.
Il me prend contre le miroir, doucement d'abord, puis plus fort. Je mords ma main pour ne pas crier, mais les g&eacut
Il se redresse, range le couteau.— Je vous laisse réfléchir. La nuit va être longue. Très longue. Demain, je reviendrai avec un cadavre. Et vous me direz ce que vous voyez. Sinon…Il n'achève pas sa phrase. Il n'en a pas besoin. La menace est claire, terrifiante, absolue.Il sort. La porte métallique se referme avec un bruit sourd. Le verrou est tiré.Je suis de nouveau seule.Seule avec ma peur, ma douleur, mon sang qui coule sur ma joue. Seule avec cette ampoule qui se balance, ces ombres qui dansent sur les murs, ce froid qui m'enva
Une salle de torture.On m'assied sur la chaise. On m'attache. Les liens sont serrés, trop serrés. Le métal mord mes poignets, mes chevilles. Je ne peux plus bouger.Un des hommes arrache mon bâillon. Je prends une grande inspiration, l'air humide et vicié emplit mes poumons.— Où suis-je ? Qui êtes-vous ?Ils ne répondent pas. Ils sortent, referment la lourde porte métallique derrière eux. Le bruit du verrou qu'on tourne résonne dans le silence.Je suis seule.
AuréliaLa journée a été étrange, suspendue, comme si le temps lui-même retenait son souffle.Après le départ d'Adriano, Matteo et moi avons parlé longtemps. Vraiment parlé. Pas de reproches, pas de colère. Juste des mots posés, des silences habités, des mains qui se cherchent et se trouvent. Il m'a raconté son enfance, ses peurs, ses rêves brisés. Je lui ai parlé de mes doutes, de mes désirs, de cette sensation constante d'être écartelée entre deux mondes, deux vies, deux façons d'aimer.Nous avons fait l'amour lentement, différemment. Pas comme une urgence, pa
Matteo fait un pas en avant. Je le retiens, mes mains sur son torse, mon corps contre le sien.— S'il te plaît, murmuré-je. S'il te plaît, Matteo. Pour moi. Arrête.Il me regarde. Ses yeux sont toujours sombres, mais quelque chose vacille au fond. Une faille. Une hésitation.— Pars, dit-il à Adriano sans le regarder. Pars maintenant. Avant que je ne change d'avis.Adriano hoche lentement la tête. Il se tourne vers moi.— Aurélia. Je serai toujours là. Quoi que tu décides. Je t'attendrai.
Je le regarde différemment. L'artiste pur, l'homme doux, l'innocent que j'imaginais. Tout cela était une façade. Ou plutôt, une partie de lui, mais pas tout. Comme Matteo. Comme moi. Comme tout le monde.— Tu vois, dit-il. Personne n'est vraiment pur. Personne n'est vraiment innocent. On fait tous ce qu'on peut avec ce qu'on a. La différence, c'est ce qu'on choisit de faire ensuite. Moi, j'ai choisi de créer. Matteo a choisi de détruire.— Matteo a choisi de protéger les siens.— En tuant, en terrorisant, en contrôlant. Ce n'est pas de la protection. C'est de la domination.— C'e
Il hoche lentement la tête, comme s'il s'y attendait, comme si cela confirmait tout ce qu'il pensait.— Il est violent. Je le savais.— Il était en colère. Il venait de découvrir que je le trompais.— Tu ne le trompais pas. Tu cherchais autre chose. Tu cherchais à respirer.— C'est la même chose, Adriano. J'ai menti. J'ai trahi. J'ai embrassé un autre homme.— Tu m'as embrassé parce que tu en avais envie. Parce que tu en avais besoin. Parce qu'avec moi, tu es libre.&
Amélia Le sommeil qui nous avait engloutis était lourd, profond, tissé de l’épuisement des corps et de l’apaisement des âmes. Je me réveille en premier, ramenée à la surface par la caresse d’une lumière dorée qui me chauffe les paupières.Je ne bouge pas. Je respire.Sous ma joue, la chaleur vivan
ArkadyLa pluie a cessé. Une aube grise et humide suinte sur les vitres du van, comme de la salive séchée. Je n’ai pas dormi. Le café dans mon gobelet est froid, amer. La brûlure du cigare non allumé sur ma langue, c’est mieux.Le van est un trou. Une tumeur dans la ruelle de service. Par la vitre,
AURÉLIALe monde est réduit à cette fournaise où nous fondons.Sa bouche sur la mienne n’est pas une conquête, c’est un achèvement. Un point final et un commencement absolu. Je goûte l’éclair sur ses lèvres, l’odeur de l’ozone et du vieux papier, du savon neutre et de cette obsession qui a la saveu
AURÉLIALa chambre n’est plus qu’un halo de noir et de reflets tremblants sur le bois poli. Nos souffles sont les seuls sons, nos cœurs les seuls chronomètres. Sa bouche quitte mon épaule, là où elle a imprimé une marque de chaleur et de promesse. Elle revient à la mienne, mais le goût a changé. L’







