Se connecterIl me retourne, m'embrasse dans le cou, fait glisser la fermeture éclair. Ses mains trouvent ma peau, ma chaleur. Le miroir reflète nos corps, nos mouvements, cette danse ancienne qui nous unit.
— Matteo… nous sommes dans un magasin…
— La vendeuse est au téléphone. Nous avons cinq minutes.
Il me prend contre le miroir, doucement d'abord, puis plus fort. Je mords ma main pour ne pas crier, mais les g&eacut
Il hoche lentement la tête, comme s'il s'y attendait, comme si cela confirmait tout ce qu'il pensait.— Il est violent. Je le savais.— Il était en colère. Il venait de découvrir que je le trompais.— Tu ne le trompais pas. Tu cherchais autre chose. Tu cherchais à respirer.— C'est la même chose, Adriano. J'ai menti. J'ai trahi. J'ai embrassé un autre homme.— Tu m'as embrassé parce que tu en avais envie. Parce que tu en avais besoin. Parce qu'avec moi, tu es libre.&
Le plaisir monte lentement, par vagues successives. Ce n'est pas l'incendie habituel, cette passion dévorante qui nous consume d'habitude. C'est autre chose. Une chaleur douce, enveloppante, qui monte de l'intérieur et irradie dans tout mon corps.Quand je bascule enfin, c'est dans un long frisson silencieux, les yeux toujours plongés dans les siens. Il me suit quelques secondes plus tard, avec un gémissement sourd, presque un sanglot. Son front tombe contre mon épaule, ses bras se resserrent autour de moi.Nous restons ainsi un long moment, enlacés, silencieux, immobiles. La vapeur retombe doucement autour de nous. Le miroir s'éclaircit peu à peu, révélant nos reflets flous, nos corps emmêlés.
Je reviens vers lui, m'agenouille devant lui. Nos visages sont à la même hauteur maintenant. Je peux voir chaque détail de son visage – la coupure sur sa pommette, le sang séché sous son nez, la poussière incrustée dans ses sourcils.Je déboutonne sa veste. Lentement. Très lentement. Chaque bouton est une petite victoire sur l'horreur, un petit pas vers l'humain. Le tissu est raide, imprégné de sueur et de quelque chose de plus sombre. Je le fais glisser de ses épaules, le laisse tomber au sol. Il fait un bruit mou, presque obscène.Puis c'est le tour de sa chemise. Le blanc n'est plus blanc. C'est une carte de ce qu'il a vécu cette nuit – des éclaboussures, des traces de doigts, des a
AuréliaLa nuit est tombée depuis longtemps quand Matteo revient enfin.Je suis restée au chevet de Sofia, à écouter les machines, à regarder son visage pâle sur l'oreiller. Les heures ont coulé comme un fleuve lent, charriant des pensées sombres, des peurs informulées, des prières silencieuses à des dieux auxquels je ne crois pas vraiment.La porte s'ouvre sans bruit. C'est lui.Il se tient dans l'encadrement, mais ce n'est pas l'homme que j'attendais. Ce n'est pas le Matteo aux costumes impeccables, au regard calculateur, aux gestes mesurés. C'est un spectre. Un survivant. Quelqu'un qui revient
Les minutes s'écoulèrent, lentes, interminables. Les machines bipaient en rythme, les infirmières passaient dans le couloir, la nuit s'épaississait dehors. La ville s'endormait, indifférente à notre drame, à nos peurs, à nos espoirs.Je pris la main de Sofia, doucement, en prenant soin de ne pas déplacer les perfusions.— Tu vas t'en sortir, murmurai-je. Tu es forte. Tu es une Rinaldi. Les Rinaldi ne se laissent pas abattre.Elle ne répondit pas, bien sûr. Mais je sentis ses doigts bouger, juste un peu, comme un signe. Un réflexe, peut-être. Ou peut-être un message. « Je t'entends. Je me
Je m'assis à côté de lui, pris sa main. Elle était chaude, moite, tremblante.— Elle va s'en sortir, dis-je. Elle est forte. Elle est une Rinaldi. Les Rinaldi ne meurent pas comme ça.Il tourna la tête vers moi, les yeux rouges.— Je vais le tuer, dit-il. Viktor. La femme. Tous ceux qui ont trempé dans cette affaire. Je vais les tuer un par un, lentement, doucement. Je vais leur faire regretter d'être nés.— Je sais.— Et toi, tu vas m'aider. Tu vas utiliser ton don pour les trouver. Pour les voir. Pour les traquer jusque dans leurs cauchemars.
AuréliaLes heures qui suivent sont un tourbillon.Un médecin arrive, un homme d'une cinquantaine d'années au visage fatigué et aux mains sûres. Il examine Matteo, change ses pansements, lui fait une piqûre d'antibiotiques. Il m'examine aussi, prend ma tension, me fait boire un cocktail de vitamine
Amélia Le sommeil qui nous avait engloutis était lourd, profond, tissé de l’épuisement des corps et de l’apaisement des âmes. Je me réveille en premier, ramenée à la surface par la caresse d’une lumière dorée qui me chauffe les paupières.Je ne bouge pas. Je respire.Sous ma joue, la chaleur vivan
ArkadyLa pluie a cessé. Une aube grise et humide suinte sur les vitres du van, comme de la salive séchée. Je n’ai pas dormi. Le café dans mon gobelet est froid, amer. La brûlure du cigare non allumé sur ma langue, c’est mieux.Le van est un trou. Une tumeur dans la ruelle de service. Par la vitre,
AURÉLIALe monde est réduit à cette fournaise où nous fondons.Sa bouche sur la mienne n’est pas une conquête, c’est un achèvement. Un point final et un commencement absolu. Je goûte l’éclair sur ses lèvres, l’odeur de l’ozone et du vieux papier, du savon neutre et de cette obsession qui a la saveu







