登入Il hoche lentement la tête, comme s'il s'y attendait, comme si cela confirmait tout ce qu'il pensait.
— Il est violent. Je le savais.
— Il était en colère. Il venait de découvrir que je le trompais.
Je le regarde différemment. L'artiste pur, l'homme doux, l'innocent que j'imaginais. Tout cela était une façade. Ou plutôt, une partie de lui, mais pas tout. Comme Matteo. Comme moi. Comme tout le monde.— Tu vois, dit-il. Personne n'est vraiment pur. Personne n'est vraiment innocent. On fait tous ce qu'on peut avec ce qu'on a. La différence, c'est ce qu'on choisit de faire ensuite. Moi, j'ai choisi de créer. Matteo a choisi de détruire.— Matteo a choisi de protéger les siens.— En tuant, en terrorisant, en contrôlant. Ce n'est pas de la protection. C'est de la domination.— C'e
Il hoche lentement la tête, comme s'il s'y attendait, comme si cela confirmait tout ce qu'il pensait.— Il est violent. Je le savais.— Il était en colère. Il venait de découvrir que je le trompais.— Tu ne le trompais pas. Tu cherchais autre chose. Tu cherchais à respirer.— C'est la même chose, Adriano. J'ai menti. J'ai trahi. J'ai embrassé un autre homme.— Tu m'as embrassé parce que tu en avais envie. Parce que tu en avais besoin. Parce qu'avec moi, tu es libre.&
Le plaisir monte lentement, par vagues successives. Ce n'est pas l'incendie habituel, cette passion dévorante qui nous consume d'habitude. C'est autre chose. Une chaleur douce, enveloppante, qui monte de l'intérieur et irradie dans tout mon corps.Quand je bascule enfin, c'est dans un long frisson silencieux, les yeux toujours plongés dans les siens. Il me suit quelques secondes plus tard, avec un gémissement sourd, presque un sanglot. Son front tombe contre mon épaule, ses bras se resserrent autour de moi.Nous restons ainsi un long moment, enlacés, silencieux, immobiles. La vapeur retombe doucement autour de nous. Le miroir s'éclaircit peu à peu, révélant nos reflets flous, nos corps emmêlés.
Je reviens vers lui, m'agenouille devant lui. Nos visages sont à la même hauteur maintenant. Je peux voir chaque détail de son visage – la coupure sur sa pommette, le sang séché sous son nez, la poussière incrustée dans ses sourcils.Je déboutonne sa veste. Lentement. Très lentement. Chaque bouton est une petite victoire sur l'horreur, un petit pas vers l'humain. Le tissu est raide, imprégné de sueur et de quelque chose de plus sombre. Je le fais glisser de ses épaules, le laisse tomber au sol. Il fait un bruit mou, presque obscène.Puis c'est le tour de sa chemise. Le blanc n'est plus blanc. C'est une carte de ce qu'il a vécu cette nuit – des éclaboussures, des traces de doigts, des a
AuréliaLa nuit est tombée depuis longtemps quand Matteo revient enfin.Je suis restée au chevet de Sofia, à écouter les machines, à regarder son visage pâle sur l'oreiller. Les heures ont coulé comme un fleuve lent, charriant des pensées sombres, des peurs informulées, des prières silencieuses à des dieux auxquels je ne crois pas vraiment.La porte s'ouvre sans bruit. C'est lui.Il se tient dans l'encadrement, mais ce n'est pas l'homme que j'attendais. Ce n'est pas le Matteo aux costumes impeccables, au regard calculateur, aux gestes mesurés. C'est un spectre. Un survivant. Quelqu'un qui revient
Les minutes s'écoulèrent, lentes, interminables. Les machines bipaient en rythme, les infirmières passaient dans le couloir, la nuit s'épaississait dehors. La ville s'endormait, indifférente à notre drame, à nos peurs, à nos espoirs.Je pris la main de Sofia, doucement, en prenant soin de ne pas déplacer les perfusions.— Tu vas t'en sortir, murmurai-je. Tu es forte. Tu es une Rinaldi. Les Rinaldi ne se laissent pas abattre.Elle ne répondit pas, bien sûr. Mais je sentis ses doigts bouger, juste un peu, comme un signe. Un réflexe, peut-être. Ou peut-être un message. « Je t'entends. Je me
AuréliaLes heures qui suivent sont un tourbillon.Un médecin arrive, un homme d'une cinquantaine d'années au visage fatigué et aux mains sûres. Il examine Matteo, change ses pansements, lui fait une piqûre d'antibiotiques. Il m'examine aussi, prend ma tension, me fait boire un cocktail de vitamine
AURÉLIALa chambre n’est plus qu’un halo de noir et de reflets tremblants sur le bois poli. Nos souffles sont les seuls sons, nos cœurs les seuls chronomètres. Sa bouche quitte mon épaule, là où elle a imprimé une marque de chaleur et de promesse. Elle revient à la mienne, mais le goût a changé. L’
AURÉLIAMon cœur bat à tout rompre contre mes côtes, un oiseau affolé pris au piège. Le voir ainsi, dévasté, vulnérable, sur le pas de ma porte à trois heures du matin, est plus troublant que toutes ses démonstrations de pouvoir. C’est la statue qui montre une fissure. Et la fissure révèle non du v
AURÉLIAJe le regarde, incrédule.— Doser ? On ne dose pas la vie. On ne dose pas la mort !— Vous le faites pourtant déjà. L’étincelle est plus ou moins forte selon les fois, non ? Selon votre état, selon le… cadavre. Je veux que vous preniez conscience de ces variables. Que vous les maîtrisiez.I







