ANMELDENEden referma lentement le carton. Toute cette histoire commençait à l’agacer, la photo, la voix… Tout semblait lié, et cette Lys l’intriguait de plus en plus. Était-ce elle ? Non, sinon elle l’aurait reconnu. Sur la photo, la fille portait l’uniforme de son lycée, mais Lys avait dit qu’elle avait étudié à Saint-Georges.
Lys James… murmura-t-il dans le silence. Il prit son ordinateur et chercha le lycée de Saint-Georges. C’était dans une ville voisine de celle de son lycée. Il ne comprenait pas trop cette histoire. Pourquoi Ralph n’avait rien trouvé concernant Saint-Georges lorsqu’il avait fait des recherches sur elle ? Était-il inefficace ? Non, Ralph avait toujours été compétent. Elle aurait menti ? Aucun intérêt. Peut-être qu’il devrait s’y rendre lui-même pour demander des informations. Mais l’idée ne l’enchantait pas. Il n’aimait pas retourner dans sa ville natale ou aux environs. Et en ce moment, il était très occupé, voyager n’était pas une option. Le lendemain, Maëlys arriva tôt au bureau. Elle croisa directement son patron une fois à l’étage. Elle prit une profonde inspiration pour faire mine de rien, mais après ce qui s’était passé hier, elle n’y arrivait pas complètement. Elle se contenta d’un petit hochement de tête en guise de salutations, et Eden en fit de même. Il la trouvait distante, d’habitude elle lui disait bonjour. La journée se passa sans accroc. Ils n’avaient pas beaucoup interagi, Maëlys semblait éviter son patron à tout prix, mais pas pour très longtemps. Le dossier Warner devenait une vraie plaie et une réunion était prévue pour prendre une décision définitive après exposition de la situation. - Lys ! cria Eden. - Monsieur, vous m’appelez ? - Oui, préparez une réunion rapide du conseil d’administration. - D’accord. - Et votre passeport est-il à jour ? - Je ne sais pas, vous me permettrez de vérifier une fois chez moi ? - J’espère qu’il l’est, nous pourrions voyager d’une minute à l’autre. - Je comprends. La réunion avec les actionnaires commença à midi. Eden entra dans la salle, parfait, impeccablement droit, charismatique. Il exposa les détails du dossier Warner, démontra les stratégies, répondit aux questions avec assurance. Mais derrière ce masque de contrôle, son esprit luttait contre les images du passé, contre cette ombre qui le suivait dans ses rêves. Personne ne remarqua la tension derrière ses yeux, sauf peut-être un instant, un léger tremblement dans sa main lorsqu’il tapotait le dossier sur la table. Maëlys remarquait sans rien dire. Elle était partagée entre haine et compassion. Elle complétait ses explications de temps en temps, pour éviter de tout laisser reposer sur lui, mais aussi parce qu’elle sentait qu’il souffrait énormément. Elle ne ratait pas ses petits tremblements de mains, ses regards perdus dans le vide, ni ses yeux qui se fermaient brusquement comme s’il avait le haut-le-cœur ou refusait de voir quelque chose. La réunion se termina rapidement. Les actionnaires étaient satisfaits, les chiffres validés, le contrat prêt à être signé. Eden sourit brièvement pour la première fois de la journée, mais ce sourire était froid, calculé. Dès que les portes se refermèrent derrière eux, il s’effondra mentalement, laissant ses souvenirs refaire surface. Maëlys rangeait encore les documents. Elle aperçut brièvement Eden qui se penchait sur la table, cachant son visage comme s’il peinait. Il posa ses mains sur ses oreilles comme pour se protéger de quelque chose. - Monsieur, est-ce que ça va ? demanda-t-elle. - Tout va bien. - Dois-je vous apporter quelque chose à manger ? - Ce n’est pas nécessaire. - Je crois que si, après l’effort le réconfort. Cela le surprit, sa voix semblait presque lui ordonner, mais bizarrement cela ne lui déplaisait pas. - D’accord. - Bien. Et aussi, assurez-vous que votre passeport est à jour, nous partirons dans deux jours. En attendant, prenez congé demain. - Oh ! Elle était surprise, pourquoi un traitement de faveur soudain ? - Vous ne le voulez pas ? demanda-t-elle. - Si, mais je ne comprends juste pas pourquoi. - Eh bien, de chez vous, vous pourrez préparer tout ce dont on aura besoin lors du voyage. Pas besoin d’être ici. - D’accord. - J’attends le repas. Elle partit et lui apporta un bol de poulet rôti aux pommes de terre, préparé par sa mère. Au départ, c’était pour elle, car sa mère la trouvait amaigrie ce dernier mois, mais Eden en avait plus besoin qu’elle.Maelys était assise dans le petit café où elle avait l’habitude de retrouver Claire. L’air était doux, le soleil du matin se reflétait sur les vitres, mais à l’intérieur, elle sentait son cœur battre trop fort. Elle jouait nerveusement avec sa cuillère, regardant le café fumer devant elle, incapable de trouver les mots exacts.— Maelys, ça va ? demanda Claire en posant sa main sur la sienne. Tes yeux disent autre chose que ton sourire.Maelys soupira profondément et secoua la tête.— Je… Je sais pas comment gérer tout ça, Claire. Eden… tout ce qu’il fait, la façon dont il est, tout ce qu’il a dit et pas dit… je… je sais pas comment je dois réagir.— Respirons, dit Claire en souriant doucement. Commence par me dire exactement ce que tu ressens, pas ce que tu penses qu’il veut que tu ressentes.— C’est compliqué, murmura Maelys. Il y a… il y a ce truc avec lui… depuis la dernière fois, depuis qu’on a commencé à travailler ensemble. Je sais qu’il y a une barrière entre nous, mais je le v
Quelques mois s’étaient écoulés depuis le retour au bureau après l’hôpital. Le quotidien s’était réinstallé, ponctué de réunions, de présentations et de projets à gérer. Pourtant, pour Eden, chaque jour apportait un rappel subtil de Maelys. Il la voyait à travers les documents qu’elle traitait avec rapidité et précision, les dossiers qu’elle organisait et sa manière d’anticiper chaque problème avant même qu’il ne survienne. C’était fascinant. Il avait l’impression de découvrir une personne complète, ingénieuse, capable de presque tout gérer, et pourtant parfois vulnérable, distraite ou maladroite. Cette dualité le captivait.Il s’asseyait parfois à distance, juste pour l’observer. Ce n’était pas de la curiosité malsaine, ni de la fascination superficielle : il voulait la connaître, vraiment. Comprendre ce qui la motivait, comment elle réfléchissait, pourquoi elle choisissait telle solution plutôt qu’une autre. Il se surprenait à détailler son sourire, son ton quand elle expliquait que
Quelques mois s’étaient écoulés depuis le retour au bureau après l’hôpital. Le quotidien s’était réinstallé, ponctué de réunions, de présentations et de projets à gérer. Pourtant, pour Eden, chaque jour apportait un rappel subtil de Maelys. Il la voyait à travers les documents qu’elle traitait avec rapidité et précision, les dossiers qu’elle organisait et sa manière d’anticiper chaque problème avant même qu’il ne survienne. C’était fascinant. Il avait l’impression de découvrir une personne complète, ingénieuse, capable de presque tout gérer, et pourtant parfois vulnérable, distraite ou maladroite. Cette dualité le captivait.Il s’asseyait parfois à distance, juste pour l’observer. Ce n’était pas de la curiosité malsaine, ni de la fascination superficielle : il voulait la connaître, vraiment. Comprendre ce qui la motivait, comment elle réfléchissait, pourquoi elle choisissait telle solution plutôt qu’une autre. Il se surprenait à détailler son sourire, son ton quand elle expliquait que
La porte se referma derrière Maelys, et un silence léger s’installa dans la pièce. Eden resta immobile, les yeux fixés sur le vide, le cœur encore battant plus vite qu’il ne l’aurait voulu. Il sentait encore la chaleur de ses mains sur les siennes, l’odeur de sa peau, l’écho de son rire, et tout cela le laissait complètement dérouté.Ralph et Ash s’échangèrent un regard complice, puis Ash brisa le silence en s’asseyant sur l’accoudoir du canapé.— Eh bien… dit-il avec un sourire taquin, ça fait longtemps qu’on ne t’avait pas vu comme ça.Eden leva les yeux, un peu irrité, mais sans répondre. Il laissait ses pensées flotter, comme s’il se trouvait sur un petit nuage. Chaque moment avec Maelys avait réveillé quelque chose en lui, quelque chose de doux, de fragile, et pourtant inexplicablement puissant. Il ne savait pas exactement ce que c’était, mais il savait qu’il voulait la connaître encore plus, découvrir tout ce qui fait d’elle ce qu’elle est. Elle était brillante, incroyablement i
Eden se réveilla avec un mal de tête carabiné, le genre qui te fait regretter d’avoir trop bu… ou d’avoir trop pensé. Lentement, les souvenirs de la veille lui revinrent en fragments : le baiser, le délire, la façon dont Lys avait été là, attentive… Il se redressa, massant sa tempe.« Eden… t’as vraiment fait quoi… » murmura-t-il, la voix rauque et encore un peu ivre de fatigue. Il consulta sa montre : déjà 8 h passées. Trop tard pour le bureau. Trop tôt pour faire face au reste.Une sonnerie à la porte le fit sursauter. Avant qu’il n’ait le temps de se lever correctement, Ash et Ralph entrèrent sans attendre, les mains pleines de dossiers et un sourire malicieux collé aux lèvres.— Mec… t’es pas encore prêt ? lança Ash, un ton moitié exaspéré moitié taquin. On devait commencer à bosser y a un moment.Ralph leva les yeux, détaillant Eden de haut en bas : chemise froissée et déboutonnée, pantalon froissé, cheveux en bataille.— Eh ben… tu t’es réveillé dans un bar ou quoi ? ajouta Ralp
Le bureau était presque entièrement plongé dans le noir lorsque Maelys quitta enfin son propre espace de travail. Les couloirs étaient silencieux, vides depuis longtemps.Elle passa devant la porte du bureau d’Eden et remarqua encore de la lumière sous celle-ci.Elle fronça légèrement les sourcils.— Sérieusement…Elle frappa doucement.Aucune réponse.Elle poussa la porte.Eden était là, debout près de la grande baie vitrée, un verre à la main. Une bouteille ouverte reposait sur son bureau. Sa chemise était complètement déboutonnée, les manches retroussées de façon désordonnée, et sa cravate pendait encore autour de son cou comme s’il avait abandonné l’idée de l’enlever.Il se retourna lentement.— Lys… ? dit-il avec un léger retard.Sa voix avait quelque chose d’étrangement doux… presque enfantin.Elle soupira en voyant l’état dans lequel il était.— Eden… tu as bu ?Il leva vaguement son verre.— Peut-être un peu.— Un peu ? répéta-t-elle en croisant les bras.Il esquissa un sourir
Ses paroles le calmèrent un peu.Sa respiration resta irrégulière quelques secondes encore, comme si son corps refusait d’obéir. Maëlys ne bougea pas. Ses mains étaient toujours posées sur ses épaules. Elle sentait la tension sous ses doigts, les muscles tendus, prêts à fuir ou à attaquer.Petit à
Après ce qui était comme une confrontation, quelques heures étaient passées et il était déjà 20h passées. Eden était encore dans son bureau et Maëlys aussi, ils étaient seuls sur le même palier. La température glaciale y régnait toujours.Maëlys n’arrêtait pas de travailler, courant d’un étage à l’
Le bureau retrouva son silence après le départ de la jeune femme.Eden resta immobile quelques secondes, les mains posées sur le rebord de son bureau. Il fixait la porte fermée, comme si elle allait s’ouvrir à nouveau. Ridicule. Il se redressa, inspira profondément et tira légèrement sur la manche
Maëlys n’avait jamais prévu de tomber amoureuse d’Eden.Il était trop visible, trop entouré, trop à l’aise. Le genre de garçon qu’on remarque sans le vouloir. Il entrait dans une pièce comme si elle avait été construite pour lui. Il parlait, on l’écoutait. Il riait, on riait avec lui. Elle, elle av







