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Chambre 814

Penulis: Dreykal
last update Tanggal publikasi: 2026-02-13 14:49:37

Le vol venait de décoller, les nuages s’étiraient à perte de vue sous le hublot. Eden était assis côté couloir, son regard fixé sur la tablette devant lui, les dossiers numériques ouverts, les chiffres et graphiques défilant comme une mer de lettres et de nombres. À côté de lui, Maëlys tenait son carnet, prête à noter tout ce qu’il lui demanderait.

Ils ne s’étaient pas encore adressé la parole dans l’avion. Eden n’arrêtait pas de tapoter sur son écran et Maëlys s’ennuyait. Elle n’avait pas imaginé son voyage comme ça. Elle ne savait même pas où ils allaient.

— Ah… soupira-t-elle.

— Il y a un problème ? demanda-t-il sans quitter l’écran.

— Non monsieur.

— Bien.

Elle le fixa un long moment et des souvenirs du lycée lui traversèrent l’esprit. Avant, c’était elle qui était froide avec lui. Elle travaillait beaucoup et lui était vif, toujours jovial. Il lui répétait qu’il ne fallait pas trop travailler sans se reposer. Et aujourd’hui, c’était lui qui travaillait sans fermer l’œil.

Un changement de rôle inimaginable.

Le vol dura quelques heures mais parut une éternité à cause de l’atmosphère lourde. À peine avaient-ils atterri qu’ils prirent la route vers le siège du groupe Warner. Ils n’avaient même pas eu le temps de déposer leurs bagages.

Le siège de Warner était à l’image de sa réputation, imposant, froid, presque clinique. Les murs de verre reflétaient une ville grise que Maëlys ne connaissait pas. Tout semblait parfaitement organisé. Trop parfaitement.

La réunion de finalisation se déroula sans heurts. Les chiffres furent validés, les clauses relues, les sourires polis échangés. Eden fut irréprochable, précis, tranchant quand il le fallait. Personne n’aurait pu deviner que quelque chose clochait.

Mais Maëlys, elle, l’avait vu.

Il ne clignait presque pas des yeux.

Il buvait son café comme un médicament.

Un.

Puis un autre.

Il parlait avec assurance, mais ses doigts tremblaient légèrement lorsqu’il tournait les pages.

Elle n’avait rien dit.

Le soir, ils regagnèrent l’hôtel, un établissement luxueux aux couloirs silencieux et aux lumières tamisées. Chacun prit sa chambre. Elle pensait que la journée était terminée.

À peine avait-elle enfilé son pyjama que son téléphone sonna.

21h. Qui peut appeler à cette heure-ci ? se demanda-t-elle, étonnée. Elle avait déjà prévenu tout le monde de son arrivée.

En regardant l’écran, elle vit le nom de son patron. Elle décrocha immédiatement.

— Monsieur !

— Vous avez mis du temps à répondre. Y a-t-il un problème ?

— Non pas du tout, j’étais dans la salle de bain. Mais pourquoi vous appelez ?

— Apportez-moi les annexes financières dans ma chambre.

— Maintenant ?

— À la seconde.

Il raccrocha.

Elle soupira.

J’ai déjà mis mon pyjama… Si je me change je vais traîner, et s’il s’énerve encore…

Elle enfila rapidement ses chaussettes et attrapa les dossiers. Elle portait un ensemble en coton blanc, pantalon et chemise avec des motifs d’ours, un chapeau de nuit assorti.

Quelques minutes plus tard, elle frappa. Eden ouvrit presque immédiatement.

Sa veste avait disparu, sa chemise était légèrement froissée et déboutonnée. L’air désinvolte, mais il restait droit.

Ils s’installèrent face à face avec les dossiers et l’ordinateur. C’est là qu’il remarqua sa tenue.

Il la fixa sans un mot.

— Mademoiselle Lys James… le professionnalisme ne vous a-t-il pas été enseigné ?

— Vous avez vu l’heure ? À cette heure, tout le monde dort déjà après avoir mis son pyjama. Je ne vois pas quelqu’un dormir en veste… sauf vous.

Il fronça légèrement les sourcils. Pas de colère. Juste une prise de conscience.

— D’accord.

Le silence tomba, dense mais pas inconfortable. On entendait seulement la climatisation et le froissement du papier.

Eden relisait tout.

Tout.

Chaque ligne. Chaque chiffre.

— Ce point n’a pas été assez clarifié cet après-midi, dit-il.

— Je peux demander une précision demain matin.

Il hocha la tête.

Il porta une nouvelle fois sa tasse à ses lèvres.

Vide.

Il se leva pour se servir encore du café.

— Pourquoi vous buvez autant ?

— Pour rester éveillé. Quelle question.

— Avez-vous remarqué vos cernes ? Vous devriez vous reposer monsieur.

— Nous n’avons pas terminé.

Minuit.

Sa tête vacilla brièvement.

Il s’était endormi.

Il se redressa aussitôt.

— Je suis désolé.

— Depuis combien de temps vous ne dormez pas ?

— Ce n’est pas important. Le sommeil est un luxe que je ne peux pas me permettre pour l’instant.

— Comme quoi il y a un luxe que monsieur O’Brien ne peut pas se permettre ?

Il la fixa.

— Il n’y a pas qu’un luxe.

Sa phrase la frappa.

Elle posa doucement sa main sur le dossier.

— Ça suffit pour ce soir.

— Si je m’arrête, je perds le contrôle.

— N’oubliez pas que je suis votre assistante. Vous n’avez pas besoin de porter le fardeau seul.

Au moment où il voulut répondre, on frappa à la porte.

Trois coups lents.

Eden regarda par l’œilleton puis ouvrit brusquement.

Le couloir était vide.

Au sol, une enveloppe.

— Qu’est-ce que c’est ?

Au même instant, le téléphone de Maëlys vibra.

Numéro inconnu.

Un message.

Puis un second.

Puis un troisième.

Une photo d’elle dans sa chambre d’hôtel.

— Mon Dieu…

— Qu’est-ce qui se passe ? dit-il en s’approchant.

Elle lui tendit le téléphone.

Il lâcha l’enveloppe. Les photos tombèrent au sol.

Maëlys se figea.

— Monsieur…

Des photos d’un jeune homme en sang. Le visage méconnaissable.

— C’est quoi ça ? dit-elle, tremblante.

Eden ne se pencha même pas.

Il reconnaissait ces images.

Comment oublier ce qui le hantait depuis dix ans ?

Sa respiration devint irrégulière.

— Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-elle, paniquée.

Elle saisit sa main.

— Eden… qu’est-ce qui se passe ?

Le son de son prénom déclencha quelque chose en lui.

Un flash.

Des voix.

Un cri.

Un bruit aigu comme une télévision sans signal.

Il recula brusquement.

Puis il se retourna et vomit.

— Eden calme-toi, dit-elle.

Elle posa ses mains sur ses épaules.

— Regarde-moi. Je suis là avec toi. On va régler ça.

Peu à peu, sa respiration ralentit.

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