LOGINAu lycée, Eden est tout ce que les autres admirent sans effort. Brillant, souriant, charismatique, héritier d’une famille puissante, il réussit aussi bien en cours que dans les concours académiques qu’il enchaîne avec une facilité agaçante. À l’opposé, Maëlys est discrète, acerbe, brillante elle aussi, mais profondément méfiante envers les garçons comme lui. Pour elle, Eden représente tout ce qu’elle déteste : l’arrogance déguisée en gentillesse et les privilèges hérités. Contraints de collaborer lors de compétitions intellectuelles, leurs échanges sont d’abord tendus, ironiques, parfois cruels. Pourtant, derrière les apparences, une compréhension inattendue naît entre eux. Lentement. Maladroitement. Mais un événement traumatisant vient briser l’équilibre fragile qu’Eden avait construit. Une nuit, un choix, une faute ou une perte irréversible l’obligent à quitter le pays, laissant derrière lui son passé, ses promesses et une relation inachevée. Des années plus tard, Eden revient. Il n’est plus le garçon souriant du lycée. Il est devenu un PDG redouté, froid, méthodique, héritier assumé d’un empire familial. Le monde le respecte, certains le craignent. Lui, ne ressent presque plus rien. Lorsqu’il recroise Maëlys, désormais femme, il ne la reconnaît pas. Elle, en revanche, reconnaît immédiatement l’ombre du garçon qu’elle a connu. Entre non-dits, rancœurs enfouies et vérités étouffées, leurs chemins se croisent à nouveau, forçant Eden à affronter ce qu’il a fui : son passé, ses blessures, et la personne qu’il était avant de devenir une ombre de lui-même.
View MoreMaëlys n’avait jamais prévu de tomber amoureuse d’Eden.
Il était trop visible, trop entouré, trop à l’aise. Le genre de garçon qu’on remarque sans le vouloir. Il entrait dans une pièce comme si elle avait été construite pour lui. Il parlait, on l’écoutait. Il riait, on riait avec lui. Elle, elle avait appris à se faire petite. À observer. À se méfier. Elle voyait Eden comme un cliché vivant. Le genre de garçon brillant, populaire, promis à un avenir déjà écrit. Ils s’étaient rapprochés presque malgré eux, à force de travailler ensemble pour les concours. Des heures dans les salles vides après les cours, des feuilles couvertes d’équations, des silences qui n’étaient plus gênants. — Tu réfléchis trop, dit Eden un soir en la regardant fixer son cahier. — Et toi pas assez, répondit-elle sans lever les yeux. Il sourit. — C’est pour ça qu’on gagne ensemble. Elle leva enfin la tête. — Tu ne doutes jamais ? Il haussa les épaules. — Tout le temps. Je fais juste semblant. C’est là qu’elle comprit. Il n’était pas celui qu’elle croyait. Les jours suivants, les échanges devinrent plus doux. Des sourires retenus. Des regards qui restaient un peu trop longtemps. Un “tu vas bien ?” murmuré avec une attention nouvelle. Un soir, alors qu’ils rangeaient leurs affaires, Eden hésita, puis dit : — Est-ce que… ça te dirait qu’on se voie. Juste nous deux. Pour parler. Maëlys sentit son cœur se serrer. — Parler de quoi ? — De nous. Enfin… de ce que ça pourrait être. Elle hocha la tête. — D’accord. Ce soir-là, elle se prépara longtemps. Trop longtemps. Elle se trouva ridicule, changea trois fois de tenue, puis s’arrêta devant le miroir. — Calme-toi, murmura-t-elle. Ce n’est qu’un rendez-vous. Eden, pendant ce temps, riait dans sa voiture. — Hé Eden, dit Dan en tapotant l’épaule de son ami. On a besoin de toi pour un petit service. Cinq minutes, promis. — Ouais, ajouta Ralph, juste un détour rapide. — Je peux vous déposer après, répondit Eden, j’ai un truc important ce soir. — Pas de souci, dit Ash, ça vaut le coup. Ils roulèrent quelques minutes, parlant, riant, insouciants. Tout allait trop vite. Tout allait trop bien… jusqu’au bruit. Deux coups secs, imprévisibles. Eden frissonna. Une silhouette surgit. Leur ami, Dan, le corps couvert de sang, le couteau planté dans son ventre. Sa voix tremblait, brisée par la douleur : — Aidez-moi… s’il vous plaît… Eden sortit immédiatement de la voiture. — Dan ! Reste avec moi ! Ça va aller ! Ses mains tremblaient. Il toucha la plaie, la lame, le corps. — Appelez les secours ! cria-t-il. Ralph et Ash restèrent figés, immobiles, figés dans la peur. Dan recula, haletant. Un pas de trop. — Non, attends… La chute. Le bruit sourd contre la pierre. Le silence brutal. Eden resta immobile une seconde, incapable de comprendre. Puis il hurla. Les sirènes. Les flashs. Les questions. Ses mains couvertes de sang. Son nom répété partout. La maison familiale n’avait jamais semblé aussi froide. — Dis la vérité, Eden ! cria son père. — Je te jure que je n’ai rien fait ! Je voulais l’aider ! Sa mère respirait mal, une main sur sa poitrine. — Arrêtez… arrêtez de crier… — Tout le monde parle de toi, continua son père. L’entreprise est en train de couler à cause de toi ! — Papa, je… Le coup partit sans prévenir. Sec. Violent. Eden chancela. — Tais-toi ! Sa mère cria son nom. — Ça suffit ! Elle s’effondra. Le silence fut plus terrible que les cris. Les médecins arrivèrent trop tard. Plus tard, beaucoup plus tard, son père se tourna vers lui. Le visage déformé par la colère et le chagrin. — Si tu n’avais pas été là ce soir-là… Il marqua une pause. — Elle serait encore en vie. Tout est de ta faute. Les coups reprirent. Les mots aussi. Chaque phrase enfonçait un peu plus Eden dans le sol. Il ne pleura pas. Eden se réveilla brusquement. Sa respiration était saccadée. Son cœur battait à s’en faire mal. La chambre était plongée dans le noir. Encore. La même nuit. Les mêmes scènes. Dans le même ordre. Ou presque. Le rire de Dan, Ralph et Ash. Le couteau. La chute. La voix de son père. Le corps de sa mère. Toujours. Il passa une main sur son visage. Dans ses souvenirs, tout était flou, sauf une chose. Une silhouette mince. Une voix douce qui prononçait son prénom. Il ne voyait jamais son visage. Seulement une ombre. Et le cauchemar recommençait, nuit après nuit. Il scruta la pièce et réalisa qu’il était dans sa chambre, allongé sur son gros lit à baldaquin. Sur la table de chevet, il prit son téléphone et vit qu’il n’était qu’une heure du matin. Il décida de se lever et resta longtemps à fixer la baie vitrée, d’où on voyait les lumières de la ville. Pourquoi fais-je toujours ce cauchemar ? se demanda-t-il. Dix ans s’étaient écoulés, et pourtant, jour pour jour, le rêve revenait. Pas seulement le cauchemar… mais aussi cette ombre récurrente. Qui était-elle ? Une amie ? Une cousine ? Tant de questions traversaient son esprit, et il les balaya d’un coup de tête. Il descendit pour faire un peu de sport, histoire de se vider la tête. Les heures passèrent, et le matin arriva. Après sa douche, il passa un appel : — Allô ? — Non mais sérieux là ? T’appelles maintenant ? T’as rien d’autre à faire ou quoi ? — Tais-toi, Ralph. Je voulais savoir si tu avais avancé sur notre affaire. — Mais on est dimanche… — Et ? L’un n’empêche pas l’autre. — Ah… soupira Ralph, t’es irrécupérable. — Alors ? — Oui, je te ferai un rapport dès lundi. — D’accord. Il raccrocha et se concentra sur sa journée. — Maman ! s’écria Maëlys. Je sors, je vais faire les courses… et en profiter pour faire du shopping. J’ai été prise pour le job ! — Oh c’est vrai ? C’est super, alors vas-y ! Le lundi arriva vite. Maëlys se tenait devant le grand immeuble du groupe O’Brien. Vingt étages, gigantesque, pensa-t-elle en fixant le bâtiment. Quelques minutes plus tard, elle prit l’ascenseur et atteignit le 30e étage, où l’on lui avait indiqué le bureau du PDG. Elle était un peu stressée : ce bureau était réservé au PDG lui-même, un homme strict et exigeant. Allez, Maëlys, tu peux le faire. Ce n’est pas une première, et puis il ne peut quand même pas être si terrifiant que ça… se dit-elle. Elle frappa et entra. Le bureau était immense et décoré sobrement. Les rideaux étaient tirés, laissant la pièce dans l’ombre. Devant elle, une silhouette massive d’homme se tenait dos à elle. Elle voyait seulement la carrure parfaite, et il semblait fixer le vide. — Monsieur ! finit-elle par dire, hésitante. Il se retourna. Pour un instant, elle crut halluciner. Était-ce vraiment lui ? Elle faillit prononcer un prénom… mais une voix dominante la stoppa : — Vous êtes ? demanda-t-il. — Euh… je… commença-t-elle, balbutiante. — Vous avez un problème ? Elle ne réussit pas à aligner un mot de plus. Était-ce vraiment lui ou son cerveau lui jouait-il des tours ? — Je… secrétaire, sortit-elle finalement. — Si vous n’êtes pas capable d’aligner deux mots, je vous prierai de sortir de mon bureau, dit froidement Eden. — Non, désolée… en fait je suis la nouvelle secrétaire, dit-elle, stressée. — Fallait le dire. Je vous attendais. — Oui, je suis là. — Pile à l’heure, c’est bien. Pouvez-vous tirer les rideaux, s’il vous plaît ? — Bien sûr, monsieur. — Je suis Monsieur O’Brien. Et vous ? — Euh… Maël… — Vous êtes bègue ? — Non, je suis désolée, monsieur O’Brien. Je stresse un peu, c’est tout. — Bref, quel est votre nom ? Elle réalisa qu’elle avait devant elle Eden O’Brien, celui qui lui avait posé un lapin dix ans plus tôt et disparu de la surface de la Terre. Cet abruti qui l’avait laissée tomber sans un appel, et maintenant, il lui demandait son identité comme si elle lui était inconnue. — Tu te fous de moi ? murmura-t-elle. — Pardon ? — À quoi tu joues là ? Eden la fixa, fronçant les sourcils. Pour qui se prenait cette fille ? Elle venait pour le poste, il l’avait dit lui-même. Mais son ton… non, il n’aimait pas ça. Dès le premier jour, elle l’exaspérait, mais ce n’était pas le moment de la virer. Elle finirait par partir d’elle-même. — Très bien, dit Eden pour rompre le silence. Je crois qu’il faut clarifier certaines choses : d’abord, je suis votre patron, vous exécutez mes ordres. Ensuite, nous ne sommes ni amis ni connus, alors votre manière de me parler n’est pas acceptable. Enfin, je ne vous ai pas permis de me tutoyer. Ses mots glacèrent la pièce. Eden fixait Maëlys de son regard noir. Elle, perdue, comprit qu’il ne plaisantait pas. Son visage… ce n’était plus le Eden qu’elle avait connu. — Pardon, monsieur, je ne voulais pas dire ça, s’excusa-t-elle. Je m’appelle Lys… Lys James. Elle ne donna pas son nom complet, prudente. Il ne la reconnaissait probablement pas après dix ans. Quand elle leva les yeux pour voir son expression, elle frissonna. Ce type n’était pas le Eden dont elle était tombée amoureuse. — Lys… murmura-t-il après son départ.Le vol venait de décoller, les nuages s’étiraient à perte de vue sous le hublot. Eden était assis côté couloir, son regard fixé sur la tablette devant lui, les dossiers numériques ouverts, les chiffres et graphiques défilant comme une mer de lettres et de nombres. À côté de lui, Maëlys tenait son carnet, prête à noter tout ce qu’il lui demanderait.Ils ne s’étaient pas encore adressé la parole dans l’avion. Eden n’arrêtait pas de tapoter sur son écran et Maëlys s’ennuyait. Elle n’avait pas imaginé son voyage comme ça. Elle ne savait même pas où ils allaient.— Ah… soupira-t-elle.— Il y a un problème ? demanda-t-il sans quitter l’écran.— Non monsieur.— Bien.Elle le fixa un long moment et des souvenirs du lycée lui traversèrent l’esprit. Avant, c’était elle qui était froide avec lui. Elle travaillait beaucoup et lui était vif, toujours jovial. Il lui répétait qu’il ne fallait pas trop travailler sans se reposer. Et aujourd’hui, c’était lui qui travaillait sans fermer l’œil.Un chang
Eden referma lentement le carton. Toute cette histoire commençait à l’agacer, la photo, la voix… Tout semblait lié, et cette Lys l’intriguait de plus en plus. Était-ce elle ? Non, sinon elle l’aurait reconnu. Sur la photo, la fille portait l’uniforme de son lycée, mais Lys avait dit qu’elle avait étudié à Saint-Georges.Lys James… murmura-t-il dans le silence.Il prit son ordinateur et chercha le lycée de Saint-Georges. C’était dans une ville voisine de celle de son lycée. Il ne comprenait pas trop cette histoire. Pourquoi Ralph n’avait rien trouvé concernant Saint-Georges lorsqu’il avait fait des recherches sur elle ? Était-il inefficace ?Non, Ralph avait toujours été compétent.Elle aurait menti ? Aucun intérêt. Peut-être qu’il devrait s’y rendre lui-même pour demander des informations.Mais l’idée ne l’enchantait pas. Il n’aimait pas retourner dans sa ville natale ou aux environs. Et en ce moment, il était très occupé, voyager n’était pas une option.Le lendemain, Maëlys arriva tô
Il ne s’était même pas rendu compte qu’il s’était endormi.Pendant son sommeil, les mêmes scènes revinrent, encore et encore, comme si elles n’attendaient que cet instant pour reprendre vie. Derrière lui, une voix appelait son nom, plus claire cette fois, plus proche.— Eden…Il se retourna pour voir qui l’appelait, mais comme toujours il ne trouva que l’ombre, une silhouette indistincte qui se dissolvait avant même qu’il puisse l’atteindre.Il se réveilla en sursaut.Son cœur battait à tout rompre, son corps était couvert de sueur. Il passa une main sur son visage, l’air absent, essayant de reprendre son souffle. Il y repensait encore. À cette voix. Étrangement, il avait l’impression de l’avoir déjà entendue plus tôt dans la journée, quand Lys était près de lui.Qui es-tu ? se demanda-t-il intérieurement.Il consulta sa montre, à peine quarante minutes de sommeil. C’était ridicule.Il se leva sans laisser paraître le moindre trouble, plus froid, plus droit, comme s’il avait enfilé un
Je ne dois pas dormir, se répétait il, j’ai beaucoup à faire. Il alla se passer de l’eau au visage puis alla courir sur le tapis roulant. Eden adorait les activités physiques qui lui faisait transpirer, ça le vidait la tête et il se sentait mieux après. Maëlys se préparait de bonne heure pour se rendre au bureau, elle voulait être très matinale pour commencer à travailler et ainsi elle finirait plus tôt que d’habitude et pourrait avoir plus d’heure de repos - grande sœur, pourquoi tu pars aussi tôt ? Demande Lucas, le petit frère de Maëlys - J’ai beaucoup à faire et puis j’aimerai commencer tôt pour finir tôt aujourd’hui répondit elle - Il n’est que 6h, tu vas partir avec moi ? - Oui c’est sur le chemin, on vas prendre un taxi ensemble - Tant mieux, j’avais pas trop envie d’aller à pied aujourd’hui - Prépare toi vite alors - D’accord j’arrive - Maëlys tu pars déjà ? Demanda sa mère qui venait de se lever - Oui maman- Pourquoi aussi tôt ? C’est encore ton patron ?- Non pas






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