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La voix

Penulis: Dreykal
last update Tanggal publikasi: 2026-02-11 16:04:45

Il ne s’était même pas rendu compte qu’il s’était endormi.

Pendant son sommeil, les mêmes scènes revinrent, encore et encore, comme si elles n’attendaient que cet instant pour reprendre vie. Derrière lui, une voix appelait son nom, plus claire cette fois, plus proche.

— Eden…

Il se retourna pour voir qui l’appelait, mais comme toujours il ne trouva que l’ombre, une silhouette indistincte qui se dissolvait avant même qu’il puisse l’atteindre.

Il se réveilla en sursaut.

Son cœur battait à tout rompre, son corps était couvert de sueur. Il passa une main sur son visage, l’air absent, essayant de reprendre son souffle. Il y repensait encore. À cette voix. Étrangement, il avait l’impression de l’avoir déjà entendue plus tôt dans la journée, quand Lys était près de lui.

Qui es-tu ? se demanda-t-il intérieurement.

Il consulta sa montre, à peine quarante minutes de sommeil. C’était ridicule.

Il se leva sans laisser paraître le moindre trouble, plus froid, plus droit, comme s’il avait enfilé une armure invisible.

Lorsqu’il sortit de la pièce, son regard se posa immédiatement sur Lys. Elle avait le visage tendu, tellement concentrée qu’elle ne remarqua même pas qu’il l’observait.

Il s’arrêta un instant pour la regarder vraiment. Il ne l’avait jamais fait.

Maëlys portait toujours des pantalons larges, presque masculins, accompagnés de chemises amples et d’une cravate fine. Son style dissimulait entièrement ses formes, ne laissant apparaître que son visage. De loin, elle aurait presque pu passer pour un homme, et pourtant quelque chose dans son regard trahissait une intensité qu’il n’arrivait pas à expliquer.

— Comment ça avance ? demanda-t-il calmement en s’approchant.

Elle sursauta légèrement.

— Oh… vous êtes là ?

— Depuis un moment.

Elle se redressa, reprenant contenance.

— Ce n’est pas simple. Le premier accord prévoyait un partage équitable des responsabilités, mais la clause insérée dans la dernière version renverse totalement l’équilibre, plaçant le groupe Warner en première ligne en cas de poursuites. Une modification aussi lourde ne peut pas être une simple erreur.

Il l’écoutait attentivement, sans l’interrompre. Cette manière qu’elle avait d’analyser, de décortiquer chaque détail, lui semblait étrangement familière, comme un souvenir qu’il n’arrivait pas à saisir.

— Où avez-vous fait le lycée ? demanda-t-il soudainement.

Elle cligna des yeux, surprise.

— Pardon ?

— Le nom de votre lycée.

— Saint Georges.

La réponse sortit avec une légère hésitation. Ce n’était pas totalement faux, elle y avait commencé sa scolarité sans la terminer.

— Pourquoi cette question ?

Il la fixa quelques secondes.

— Tu réfléchis trop. Ça m’est familier.

Son cœur manqua un battement.

Il disait exactement la même chose au lycée, quand ils travaillaient ensemble sur les concours. Les mêmes mots, le même ton.

S’était-il souvenu ?

— Je ne vois pas le rapport entre mon lycée et le fait de trop réfléchir, répondit-elle en tentant de garder son calme.

Un léger sourire ironique étira ses lèvres.

— Je vous croyais plus intelligente que ça, mademoiselle. Réfléchissez.

La colère monta immédiatement en elle, brûlante, contenue. Elle savait parfaitement qu’il cherchait à établir un lien, à vérifier s’ils avaient fréquenté le même établissement, mais elle ne pouvait pas lui dire la vérité, pas maintenant. Et à cause de ça, elle passait pour moins brillante.

— Je vous prie de m’excuser, monsieur, dit-elle froidement. J’ai du travail.

— Bien sûr.

Il s’éloigna sans insister.

Ingrat. Maintenant qu’il allait mieux, il retrouvait son arrogance habituelle. Elle avait été stupide de croire qu’il en valait la peine.

Le soir venu, Maëlys rentra plus tôt que d’habitude et s’enferma directement dans sa chambre, sans même toucher au dîner. Les paroles d’Eden tournaient en boucle dans sa tête, blessantes, persistantes.

Elle appela Claire, sa meilleure amie depuis la maternelle.

— Maëlys ! Ça faisait longtemps, qu’est-ce qui t’arrive ?

— J’ai encore été idiote… Deux fois dans ma vie, pour la même chose.

Claire comprit immédiatement que ce n’était pas anodin. Maëlys lui raconta tout, sans omettre le moindre détail : son patron, son identité, le passé, l’abandon, le silence de dix ans.

— Ce n’est pas possible… souffla Claire après un moment.

— Tu imagines un peu ?

Sa voix tremblait déjà.

— Ne pleure pas. Il ne mérite pas tes larmes une deuxième fois.

— Ça fait un mois que je supporte ça. J’en peux plus.

— Pourquoi tu ne démissionnes pas ?

Maëlys ferma les yeux.

— Maman est malade. Lucas doit continuer ses études. C’est moi qui assume tout. Sans ce salaire, on ne tient pas.

Un silence s’installa.

— Tu as encore des sentiments pour lui ?

— Je le hais, dit-elle finalement. Autant que je l’ai aimé.

Les larmes coulèrent sans qu’elle puisse les retenir. Elle l’avait aimé follement, dix ans plus tôt. Il lui avait posé un lapin, puis disparu. Malgré ça, elle avait espéré des excuses, un signe, n’importe quoi. Aujourd’hui, il la traitait comme une inconnue, comme si elle n’avait jamais existé.

Et ça faisait encore plus mal que l’abandon.

— Pense à toi, pour une fois, murmura Claire.

— La seule fois où j’ai pensé à moi, ça s’est mal terminé. Je ne referai pas cette erreur.

La conversation s’acheva doucement, laissant derrière elle un silence lourd.

De son côté, Eden avait rouvert un ancien carton rempli de souvenirs. Des photos de lui, de ses amis, de cette époque floue qu’il avait l’impression d’avoir vécue à moitié.

Sur l’une d’elles, une fille se tenait à côté de lui. On distinguait son corps d’adolescente, mais son visage avait été gratté, effacé volontairement.

La colère monta en lui, brutale.

Pourquoi n’arrivait-il pas à se souvenir ?

Qui était cette fille… et pourquoi son absence lui donnait-elle l’impression d’avoir perdu quelque chose d’essentiel ?

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