تسجيل الدخولMia
Je marche vite, trop vite peut-être, mes talons claquent sur le trottoir humide, et pourtant je n’arrive pas à réchauffer ce frisson qui s’est installé sous ma peau, il est là, insistant, comme une brûlure glacée qui refuse de disparaître, un écho des mots de Dorian qui résonnent encore dans ma tête
Vampire. Loups-garous. Âme sœur.
Tout cela ne peut pas être vrai, et pourtant je n’arrive pas à le balayer d’un revers de main, pas après son regard, pas après cette intensité qui n’avait rien d’humain, et ce baiser sur mon front, si doux, si lourd de promesses, comme une marque invisible gravée au fer rouge sur ma peau
Quand j’arrive devant l’immeuble, j’ai l’impression d’avoir traversé un autre monde, la façade grise, les fenêtres étroites, le portail qui grince toujours un peu trop fort quand on le pousse, tout cela me paraît banal, rassurant presque, comme si ce retour à la normalité allait effacer ce que j’ai entendu ce soir
Mais je sais déjà que ce ne sera pas le cas
L’appartement est au troisième étage, et dès que je pousse la porte, une odeur familière de parfum bon marché et de pizza froide m’accueille, puis une voix résonne depuis le salon, vive, chantonnante, un peu trop bruyante pour l’heure tardive
— Miaaa, enfin ! J’ai cru que t’étais partie t’enfuir avec un milliardaire ténébreux !
Je lève les yeux au ciel, malgré moi un sourire me traverse, Léa est là, affalée sur le canapé, entourée de coussins, un bol de popcorn sur les genoux, une série tourne sur l’écran, mais elle ne regarde pas vraiment, ses cheveux sont en bataille, ses chaussettes dépareillées, et sa robe de chambre rose vif trône comme une armure ridicule et flamboyante
— Pas un milliardaire, non, je murmure, déposant mon sac près de la porte
Elle se redresse aussitôt, ses yeux pétillent, trop curieuse, trop vive
— Oh non… je connais ce ton ! Il y a un mec, pas vrai ?!
Je soupire, retire mes chaussures et m’avance vers la cuisine ouverte pour boire un verre d’eau, mais Léa me suit, tel un chat prêt à bondir, incapable de me laisser respirer
— Allez, raconte, il est comment ? Grand, mystérieux, ténébreux ? Ou bien du genre sportif, sourire ultra-bright ?
Je serre mon verre plus fort que nécessaire, son visage s’impose aussitôt dans mon esprit, ses yeux sombres, sa voix basse, ses mots impossibles
— Il est… différent, disons
— Différent ?! répète-t-elle avec un air théâtral, levant les bras comme si elle venait d’entendre une prophétie, différent ça veut tout dire et rien dire, Mia, sois plus précise, t’as embrassé un alien ?
Je manque de m’étouffer avec mon eau, et un rire nerveux m’échappe malgré moi
— Pas exactement
Elle plisse les yeux, puis s’assoit sur le plan de travail, croise les jambes, et me fixe avec un sérieux soudain qui contraste avec sa folie habituelle
— Attends… t’as l’air perturbée, genre vraiment, c’est pas juste un crush de bar, il s’est passé quoi ?
Je me tais, mes mains tremblent un peu, et je sens mes lèvres hésiter, partagées entre l’envie de tout déverser et la peur d’entendre mes propres mots
— Il m’a dit… il m’a dit qu’il n’était pas humain
Le silence tombe brutalement, Léa me regarde, puis éclate d’un rire tonitruant, presque hystérique, qui résonne dans toute la cuisine
— Pas humain ?! Mais c’est génial ! Quoi, genre un robot ultra-perfectionné ? Un extraterrestre sexy venu de la planète "Hotman" ?
Je secoue la tête, incapable de sourire
— Il a dit qu’il était… un vampire
Le rire de Léa se brise, elle reste figée une seconde, puis reprend avec plus de vigueur encore
— Mais c’est parfait, ma vieille ! C’est Twilight version 2025, sauf que toi tu serais Bella, mais avec plus de caractère, et lui c’est ton Edward dark et mystérieux ! Oh, dis-moi qu’il brille pas au soleil, sinon je te renie
Je la fixe, agacée, mais en même temps soulagée qu’elle ne prenne pas tout ça au sérieux, elle en fait une blague, comme si c’était juste un délire de soirée, mais moi, je sais que ce n’est pas ça, que ce n’est pas une blague
— Léa, je suis sérieuse, je chuchote, et ma voix tremble un peu, je l’ai vu, il était… il était différent, vraiment, et quand il m’a parlé, j’ai senti… quelque chose
Elle m’observe, un peu déstabilisée par le ton de ma voix, puis elle secoue la tête et reprend son sourire
— Ok, ok, admettons que tu crois à son délire, mais Mia, tu sais que les mecs bizarres sont souvent les plus dangereux, il a peut-être juste un fétiche gothique chelou, méfie-toi
Ses mots tombent comme un rappel brutal, mon cœur se serre, et une ombre passe dans mon esprit, mais je ne réponds pas, je me contente de me laisser glisser sur le canapé, près d’elle, mon regard perdu dans le vide
Elle finit par poser une main sur la mienne, son ton plus doux
— Hé… quoi qu’il en soit, t’inquiète pas, je suis là, ok ? Même si ton mec pense qu’il est Dracula, je t’abandonne pas
Je souris, malgré la tempête en moi, et je laisse ma tête retomber contre le dossier du canapé, la télévision continue de tourner, Léa mange son popcorn comme si de rien n’était, et pourtant, dans le silence entre deux répliques de série, je sens ce feu en moi, ce frisson qui refuse de s’éteindre
Et je sais que cette nuit ne me laissera pas dormir
Parce que Dorian m’attend. Parce qu’il m’attendra toujours.
DorianQuelques mois ont passé depuis notre mariage, et le manoir a retrouvé sa quiétude, cette paix que nous avons si durement gagnée, que nous avons payée du sang de nos ennemis et des larmes de nos proches, mais qui aujourd'hui nous enveloppe comme un manteau doux et protecteur.Les jardins sont en fleurs, les fontaines chantent, les oiseaux sont revenus nicher dans les arbres centenaires qui bordent les allées. La vie a repris ses droits, une vie nouvelle, une vie que nous construisons jour après jour, décision après décision, moment après moment.Je me tiens à l'ombre du grand chêne, celui sous lequel nous avons échangé nos premiers mots, nos premiers regards, nos premiers silences complices, et je regarde Mia qui s'avance vers moi, sa silhouette se découpant dans la lumière dorée de cette fin d'après-midi.Elle est belle, plus belle que jamais, épanouie, rayonnante, ses cheveux flottant librement dans la brise, sa robe légère dessinant les courbes de son corps. Mais c'est son ven
MiaLa lumière de l'aube filtre à travers les rideaux, caresse les draps froissés, dessine des motifs dorés sur nos corps entrelacés. Le monde s'éveille doucement, mais moi, je suis éveillée depuis longtemps, depuis toujours peut-être, à regarder l'homme qui dort à côté de moi, cet homme qui est devenu mon mari, mon amant, ma raison de vivre.Dorian dort paisiblement, son visage détendu, ses traits adoucis par le sommeil. Il ne ressemble plus au seigneur vampire qui a massacré une armée pour me sauver, au monstre qui a terrifié des générations d'ennemis. Il ressemble simplement à un homme, un homme qui a trouvé la paix, qui a trouvé l'amour, qui a trouvé sa place dans l'univers.Mes doigts suivent le contour de sa mâchoire, la courbe de ses lèvres, la ligne de son cou où le pouls ne bat pas mais où je sens pourtant la vie, sa vie, celle qu'il a choisie, celle qu'il a construite avec moi. Il remue légèrement, son front se plisse comme s'il sentait mon regard, comme s'il savait que je l
MiaLa suite nuptiale est une œuvre d'art, un écrin de velours et de soie conçu pour célébrer notre amour, pour accueillir notre première nuit en tant que mari et femme, pour être le témoin silencieux de notre passion. Des pétales de roses noires et blanches jonchent le sol, dessinant un chemin qui mène au lit immense, ce lit à baldaquin drapé de voiles transparents qui dansent doucement dans le courant d'air. Des centaines de bougies brûlent sur chaque surface disponible, leurs flammes projetant des ombres mouvantes sur les murs, créant une atmosphère intime et sacrée, comme si nous étions dans un temple dédié à l'amour.Dorian se tient derrière moi, et je sens son regard posé sur ma nuque, sur mes épaules nues, sur la courbe de mon dos que la robe dévoile. Son désir est palpable, une présence presque physique qui caresse ma peau, qui fait frissonner chaque parcelle de mon être.— Tu es belle, dit-il, et sa voix est rauque, chargée de tout ce qu'il contient depuis le début de la céré
DorianLa réception est un tourbillon de lumières et de musique, un kaléidoscope de visages souriants et de coupes levées en notre honneur, un chaos joyeux qui semble ne jamais devoir s'arrêter. Les invités dansent sur les airs que l'orchestre invisible joue avec une virtuosité surnaturelle, leurs robes et leurs capes tourbillonnant comme des ailes de papillons nocturnes. Les tables croulent sous les mets les plus fins, des plats qui mêlent les traditions culinaires des vampires et des sorciers, des mets qui auraient été impensables il y a encore quelques semaines et qui symbolisent la réconciliation de nos deux peuples.Mais au milieu de cette foule, au milieu de ce bruit et de cette agitation, je ne vois qu'elle. Mia. Mon épouse. Ma femme. Chaque fois que je prononce ces mots dans ma tête, mon cœur fait un bond dans ma poitrine, et je dois me retenir de sourire comme un idiot.— C'est l'heure de la première danse, annonce Kael en s'approchant de nous, un verre de vin sang à la main.
Mia— Vous pouvez embrasser la mariée, dit l'officiant, et ces mots résonnent dans l'air du soir comme une libération, comme la permission que nous attendions depuis le début de la cérémonie, depuis le début de notre histoire, depuis le premier instant où nos regards se sont croisés et où nous avons su que rien ne serait plus jamais comme avant.Dorian se tourne vers moi, et dans ses yeux je vois passer toute notre histoire, tous nos combats, toutes nos nuits, tous ces moments qui nous ont conduits jusqu'ici, devant cet autel, devant nos familles et nos alliés, devant l'univers tout entier qui semble retenir son souffle.Il prend mon visage entre ses mains, ce geste qu'il a fait tant de fois, ce geste qui est devenu notre signature, notre code secret, notre façon de nous dire que tout va bien, que nous sommes ensemble, que rien ne pourra jamais nous séparer. Ses pouces caressent mes joues, essuient les larmes qui y coulent encore, et je vois ses propres yeux briller de cette humidité
DorianLe jardin du manoir a été transformé en un écrin de lumière et de verdure, un sanctuaire suspendu entre le crépuscule et la nuit, entre le monde des humains et celui des créatures surnaturelles qui se sont rassemblées pour célébrer notre union. Des centaines de lanternes flottent dans les airs, portées par une magie ancienne que la mère de Mia a tissée elle-même, leurs lueurs dorées et argentées dansant comme des étoiles descendues sur terre pour assister à ce moment. Les allées sont bordées de roses noires et de lys blancs, un contraste saisissant qui raconte notre histoire mieux que tous les discours : la lumière et l'ombre, la vie et la mort, l'amour qui fleurit même dans les ténèbres les plus profondes.Je me tiens devant l'autel, un bloc de pierre ancienne couvert de runes vampiriques et de symboles sorciers entrelacés, et j'attends. Moi qui ai traversé trois siècles d'existence, qui ai affronté des armées et des monstres, qui ai regardé la mort en face plus de fois que je
DorianLa nouvelle me frappe comme un coup de masse en pleine poitrine, et pendant une fraction de seconde qui s'étire comme une éternité, je ne suis plus un être vivant, je ne suis plus un seigneur vampire, je ne suis plus qu'une absence, un vide, un trou noir creusé dans la trame de la réalité pa
MiaL'attaque survient par les souterrains, ces passages secrets que personne n'utilise plus depuis des siècles, ces galeries oubliées qui serpentent sous le manoir comme les veines d'un corps endormi et que Viktor a réussi à trouver, à cartographier, à infiltrer sans que personne ne s'en aperçoive
DorianL'aube se lève sur le champ de bataille, une aube grise et froide qui ressemble à un présage, à un avertissement, à une de ces journées que les soldats de tous les temps ont appris à redouter parce qu'elles ne promettent rien de bon, parce qu'elles s'annoncent longues et sanglantes et pleine
MiaLes préparatifs de guerre ont transformé le manoir en une ruche bourdonnante d'activité fébrile, et toute la journée j'ai vu passer des soldats et des messagers et des chariots chargés d'armes et de provisions, toute cette logistique militaire qui me rappelle à chaque instant que demain, à l'au







