LOGINChapitre 20Elara Tout a commencé quand la porte de notre chambre a claquée derrière nous. Un bruit sourd, définitif. Killian m’avait poussée contre le bois avant même que j’aie le temps de respirer, sa bouche sur la mienne comme s’il voulait me dévorer toute crue. Je me souviens de ses mains—putain, ses mains—qui ont immédiatement trouvé mes hanches, ses doigts s’enfonçant dans la chair à travers le tissu de ma robe comme s’il avait peur que je m’échappe. J’ai gémi contre ses lèvres, un son pitoyable, presque désespéré, et il a grogné en réponse, un truc guttural qui m’a fait serrer les cuisses. « Tu es à moi ce soir, Elara », il avait murmuré entre deux baisers, sa voix rauque, comme si les mots lui coûtaient. Comme s’il les arrachait de sa gorge. J’ai hoché la tête, incapable de parler, parce que oui. Oui, depuis toujours. Depuis le premier regard qu’on avait échangé, depuis ce serment stupide et sacré que je m’étais fait : ma virginité, je ne la donnerais qu’à l’homme que j’aimai
Chapitre 19KillianLes jours qui ont suivi ont été les plus étranges de ma vie.Je me réveillais le matin avec une seule pensée en tête : Elara. Je la croisais dans les couloirs, je la regardais superviser le personnel avec cette autorité naturelle qu'elle avait, je la voyais sourire aux domestiques, discuter avec Jeanne, apprendre le nom de chaque employé.Et chaque soir, on se retrouvait.Parfois dans la cuisine, autour d'une tasse de thé. Parfois dans le salon, à écouter de la musique. Parfois simplement assis dehors, à regarder les étoiles.Et on parlait.Elle me racontait son enfance, sa mère, les années de vache maigre, les nuits à l'hôpital, les espoirs déçus. Je lui racontais mon père, ma mère morte, ma fuite, la rue, la violence, l'ascension.— Tu n'as jamais eu personne ? elle m'a demandé un soir.— Si. Des hommes loyaux. Des ennemis. Des femmes de passage.— Des femmes de passage ?— Rien de sérieux. Rien d'important.— Pourquoi ?— Parce que je ne savais pas que ça pouvai
Chapitre 18ElaraLe soir était tombé depuis longtemps quand je suis redescendue.Après la journée d'essayages, après ce moment dans la cabine, après ce baiser interrompu, j'avais besoin de me poser. De réfléchir. De comprendre ce qui m'arrivait.Je suis allée dans la cuisine. Jeanne n'était pas là, mais il y avait du thé sur le comptoir, encore chaud, comme si quelqu'un avait prévu que je viendrais. Je me suis servie une tasse et je me suis installée à la petite table près de la fenêtre.Dehors, le parc était éclairé par des lampes discrètes. La nuit était calme. Trop calme pour tout ce qui bouillonnait en moi.Ses lèvres.Ses doigts sur ma nuque.Son regard dans le miroir.J'ai porté la tasse à mes lèvres, mais je n'ai pas bu. Je revoyais la scène. Encore et encore. Ce moment où nos bouches s'étaient effleurées. Cette fraction de seconde où j'avais senti sa respiration, sa chaleur, son désir.Et cette idiote de vendeuse qui avait tout gâché.J'ai souri toute seule. C'était idiot, ma
Chapitre 17KillianLa boutique était une de ces enseignes luxueuses du centre-ville, là où les prix n'étaient même pas affichés parce que si tu devais demander le prix, c'est que tu ne pouvais pas te l'offrir.Elara tournait entre les portants, les yeux écarquillés, effleurant les tissus du bout des doigts comme si elle touchait des objets précieux dans un musée.— Je peux vraiment choisir ce que je veux ? a-t-elle demandé pour la troisième fois.— Vraiment.— N'importe quoi ?— N'importe quoi.Elle a souri. Ce sourire. Celui qui me faisait fondre à l'intérieur.Les vendeuses s'affairaient autour d'elle, apportant des robes, des jupes, des hauts. Je m'étais installé dans un fauteuil, un verre d'eau à la main, à la regarder disparaître dans la cabine d'essayage et réapparaître, modèle après modèle.La première robe était simple. Jolie, mais simple.La deuxième était mieux. Elle moulait ses hanches, révélait ses jambes.La troisième...La troisième, c'était autre chose.Une robe noire,
Chapitre 16( POV KILLIAN) — Bon, je vais me coucher. Je suis fatiguée.— D'accord.Elle a fait un pas vers l'escalier. Puis elle s'est arrêtée.— Est-ce qu'on m'a montré ma chambre, au fait ?Merde. Personne ne l'avait fait.— Non. Je suis désolé. Venez, je vais vous montrer.Je l'ai précédée dans l'escalier, lentement à cause de ma blessure. Elle montait derrière moi. Je sentais sa présence, sa chaleur.Au premier étage, j'ai tourné à droite. J'ai ouvert une porte.— Voilà. C'est votre chambre.Elle est entrée. La pièce était belle, je le savais. Grande, lumineuse, avec un lit à baldaquin et une vue sur le parc.— C'est magnifique, a-t-elle murmuré.Je suis resté sur le seuil. Je ne savais pas pourquoi. Je devais partir. C'était évident. Je devais lui dire bonne nuit et partir.— Merci, a-t-elle dit en se retournant.— Je t'en prie.Elle s'est approchée de la porte. Pour la fermer. Mais j'étais toujours là, debout, à la regarder.— À demain, a-t-elle dit doucement.— À demain.J'ai
Chapitre 15ElaraKillian avait disparu dans les étages. "Je vais me reposer un peu", avait-il dit. "Cette matinée m'a épuisé."Je suis restée seule dans le hall, au milieu de ce palais, à regarder les domestiques vaquer à leurs occupations. Tout était si calme, si organisé. Chacun savait exactement quoi faire.Sauf moi.J'ai erré un moment, découvrant les pièces les unes après les autres. Un salon de musique avec un piano à queue. Une bibliothèque grande comme mon appartement. Une salle à manger avec une table qui pouvait accueillir vingt personnes.Puis je suis arrivée dans la cuisine.C'était immense. Des plaques professionnelles, des fours géants, des plans de travail en marbre, des batterie de casseroles suspendues au plafond. Et au milieu, Jeanne, la cuisinière que j'avais rencontrée tout à l'heure, qui épluchait des légumes.— Jeanne ?Elle s'est retournée, surprise.— Madame Elara ? Besoin de quelque chose ?— Appelez-moi Elara, juste Elara. Je voulais vous demander...J'ai hé







