ANMELDENJe commence à lire. Et dès les premiers mots, les larmes montent.Clara,Je t'écris cette lettre la veille de notre mariage, dans notre appartement vide, assis sur le canapé où nous avons passé tant d'heures à parler, à nous taire, à nous aimer. Il est tard. La ville brille derrière la verrière, comme elle brillait le premier soir où nous sommes venus visiter ce loft, tu te souviens ? Tu avais dit : « C'est trop grand pour nous. » Et moi, j'avais pensé : « Rien n'est jamais trop grand pour nous. »Je ne sais pas bien dire les choses. Tu le sais depuis le début. Les mots me manquent souvent, ou bien ils arrivent trop tard, ou trop fort, ou de travers. Je suis plus à l'aise dans le silence que dans les discours, plus à l'aise dans l'action que dans la déclaration. Mais aujourd'hui, j'ai besoin de te dire. De t
Quand il arrive à ma hauteur, il me plaque contre le mur d'un geste sûr et me prend la bouche avec une faim qui n'a rien de feint. Son baiser est profond, vorace, impérieux. Ses mains descendent le long de mon dos, attrapent mes fesses, me soulèvent sans effort. J'enroule mes jambes autour de sa taille, je m'agrippe à ses épaules.— La soirée était bien ?, murmure-t-il entre deux baisers.— Excellente. Et la tienne ?— Excellente aussi. Mais là, c'est mieux. Infiniment mieux.Il me porte jusqu'à la chambre, me jette sur le lit, se penche sur moi. Son corps est chaud contre le mien, ses doigts s'égarent sur ma peau, sa bouche descend le long de mon cou. Son collier de perles est resté sur la table du salon, le mien roule sur l'oreiller. Nos vêtements volent à travers la pièce, la couette se froisse sous nos corps emmê
Nous rions aux larmes. Les serveurs nous regardent avec un mélange d'amusement et d'inquiétude. Nous commandons une autre bouteille de prosecco, des desserts supplémentaires, des cafés, des digestifs. La soirée est douce, chaude, joyeuse. Exactement ce dont j'avais besoin.Soudain, mon téléphone vibre. Une notification discrète. Je regarde sous la table, par réflexe. C'est Alexandre. Il m'a envoyé une photo.Je l'ouvre. Je manque de m'étouffer avec ma gorgée de prosecco.C'est lui, torse nu, debout dans ce qui semble être les toilettes du bar où il passe sa soirée. La lumière est tamisée, dorée, elle sculpte ses abdos et ses pectoraux avec une précision de photographe professionnel. Son pantalon est déboutonné juste assez pour suggérer sans montrer, pour évoquer sans dévoiler. Ses che
La phrase m'échappe. Je ne l'avais pas préméditée, elle est sortie toute seule, comme une évidence longtemps contenue qui trouve enfin une issue. Maxime repose son verre, se tourne vers moi, me fixe avec une intensité inhabituelle. Je soutiens son regard, mal à l'aise mais déterminé.— Tu m'as bien entendu. Elle est... trop bien pour moi. Trop pure, trop forte, trop lumineuse. Je suis un type compliqué, jaloux, possessif. Je lui ai menti, je l'ai blessée, je l'ai fait douter. Je l'ai mise en danger par mes secrets et mes silences. Elle mérite quelqu'un de mieux. Quelqu'un de plus simple. Quelqu'un qui ne porte pas des casseroles aussi lourdes que les miennes.— Quelqu'un comme moi, par exemple ?, dit Maxime avec un demi-sourire triste.— Oui. Quelqu'un comme toi.Maxime soupire, se renverse dans son fauteuil, regarde le ciel. Les étoi
AlexandreMaxime a tout organisé. C'est lui qui a choisi le lieu, un bar à cocktails dans le onzième arrondissement, planqué au fond d'une cour pavée, inaccessible aux non-initiés. C'est lui qui a dressé la liste des invités, une dizaine de types triés sur le volet. C'est lui qui a décrété que ce serait une soirée « sobre et élégante ». Je le soupçonne de mentir depuis le début.Quand j'arrive, à vingt heures précises, je découvre un lieu somptueux. Pas le bouge glauque que je redoutais, pas la boîte de nuit bruyante avec strip-teaseuse et vodka frelatée. Un bar cossu, feutré, avec des fauteuils en cuir, des murs en briques apparentes, une lumière tamisée par des lampes Tiffany. Derrière le comptoir, un barman en gilet noir prépare des cocktails avec des gestes de chirurgien. Au fond, une petite scène vide, avec un piano à queue poussiéreux.— Pas de strip-teaseuse, je te rassure tout de suite, dit Maxime en m'accueillant avec une coupe de champagne. J'ai pensé que tu serais plus à l'
Je lui donne un coup de poing dans l'épaule. Il fait semblant d'avoir mal, grimace, puis m'attrape et me plaque contre lui.— Lâche-moi !— Non. Tu es ma prisonnière. Tu n'auras accès à ton ordinateur que si tu promets de dormir au moins six heures.— Six heures ? C'est du despotisme.— C'est de l'amour. Alors, tu promets ?— Je promets.— Bien. Maintenant, viens te coucher.Il m'entraîne vers la chambre, me borde comme une enfant, éteint la lumière. Dans le noir, je sens son bras se glisser sous ma nuque, son corps se coller contre le mien.— Pourquoi tu es si zen ? je lui demande soudain, en me redressant sur un coude.— Moi ? Zen ? Pas du tout.— Si. Tu es zen. Tu ne stresses pas, tu ne contrôles pas tout, tu ne fais pas de listes. C'est louche. Tu es toujours stressé, d'habitud
ThéoMes hanches se soulèvent encore, désespérées, cherchant la chaleur humide de sa bouche qui vient de m’abandonner. Un gémissement frustré s’échappe de ma gorge quand je sens les doigts d’Anaïs effleurer l’intérieur de mes cuisses, traçant des motifs tortueux, comme si elle jouait avec moi.— Pa
Anaïs et Théo, un jeune couple enlisé dans une routine sexuelle, décident de rompre la monotonie par un jeu osé : chacun écrit un fantasme sur un papier, qu’ils s’échangent avant d’en tirer un au sort pour le réaliser immédiatement. Le hasard désigne celui de Théo, qui souhaite être entièrement sou
GABRIELUn sourire, alors, naît sur ses lèvres, un sourire léger, tremblant, qui n'est pas un sourire de joie triomphante ou d'apaisement, mais un sourire de reconnaissance profonde, de vérité brutalement partagée, comme si nous venions, tous les deux, de franchir une étape cruciale dans la compréh
ElenaLe métro est un ventre bruyant et anonyme. Je m’y laisse porter, adossée à la paroi froide, les écouteurs sur les oreilles mais sans musique. Le silence entre nous, celui de l’appartement, me suit. Il s’est niché dans mes os.Je ferme les yeux. Je revois son visage. Pas celui du démon, pas ce







