ログインAlexandreJe sais tout. Depuis le début. Ou presque.Sophie, mon ancienne assistante, est devenue amie avec Maxime. Je ne sais pas comment c'est arrivé, probablement un de ces mystères de la vie de bureau, mais ils déjeunent ensemble, ils se confient, ils se racontent leurs vies. Et Sophie m'a appelé.— Alexandre, il faut que je te parle.— À quel sujet ?— Clara. Et Maxime.Mon sang se glace. Ma main serre le téléphone à m'en blanchir les jointures.— Quoi, Clara et Maxime ?— Maxime m'a dit... il m'a dit qu'il l'avait embrassée. L'autre soir. Dans son bureau.
ClaraMaxime est devenu un ami.Je ne sais pas exactement quand c'est arrivé. Peut-être le jour où j'ai refusé son offre et qu'il m'a dit je comprends avec ce sourire triste mais sincère. Peut-être les semaines qui ont suivi, quand il m'a envoyé des messages pour prendre de mes nouvelles, pour me féliciter de mes premiers contrats, pour me donner des conseils. Peut-être les déjeuners qu'on a commencé à prendre ensemble, de temps en temps, pour parler travail, stratégie, ambition.Il est drôle. Il est intelligent. Il est attentif. Il ne me drague pas, ne me fait pas de déclarations, ne me parle plus de ses sentiments. Il est juste... là. Présent. Amical.J'en
ClaraLes premiers mois sont durs. Vraiment durs.Je travaille depuis mon appartement, sur une table de cuisine qui me sert de bureau. Mon seul équipement : un ordinateur portable, un téléphone, une imprimante qui tombe en panne une fois par semaine. Mes premiers clients sont difficiles à trouver, difficiles à convaincre, difficiles à garder.Je démarche des entreprises qui ne me répondent pas. Je propose des projets qui sont refusés. Je facture des prestations qui sont payées en retard. Je doute. Tous les jours. Toutes les heures. Toutes les minutes.— Je n'y arriverai jamais, je dis à Alexandre un soir.Il est assis en face de moi, dans mon petit appartement qui est devenu notre petit a
ClaraJe n'arrive pas à dormir.Il est trois heures du matin, Alexandre dort à côté de moi, son souffle régulier, son visage apaisé, son bras qui repose encore sur ma taille comme s'il voulait me retenir même dans son sommeil. Je le regarde. La lumière de la lune filtre à travers les rideaux, dessine des ombres sur son visage, sur son torse nu, sur ses mains.Maxime m'a fait une proposition. Une vraie proposition professionnelle. Un poste de consultante senior dans sa future startup, un salaire intéressant, des missions variées, une liberté totale. Et Alexandre, mon Alexandre si jaloux, si possessif, si tourmenté, m'a dit oui. Fais-le. Apprends. Grandis. Et le soir, rentre à la maison.Je n'arrive pas à y croire.Est-ce que c'est un test
AlexandreJe prends la décision un matin, seul dans mon bureau, avant même que Clara n'arrive. Je regarde par la fenêtre, je regarde les toits de Paris, je regarde tout ce que j'ai construit ici, cette carrière, cette réputation, cette place de directeur marketing que j'ai mis quinze ans à obtenir. Et je me dis que rien de tout ça ne vaut Clara. Rien.Quand elle entre dans mon bureau, je suis debout, les mains dans les poches, le dos tourné à la porte. Elle s'approche doucement, pose une main sur mon épaule.— Tu voulais me voir ?Je me retourne. Elle est là, devant moi, avec son tailleur gris, ses cheveux relevés en chignon, ses yeux clairs qui me regardent avec une légère inquiétude.— Il faut qu'on parle, je dis.
ClaraUne semaine plus tard, Maxime me convoque dans son bureau.Je sais ce qu'il va me dire avant même qu'il n'ouvre la bouche. Les rumeurs vont bon train dans l'entreprise. Alexandre et moi allons démissionner. Ensemble. Pour créer notre propre agence. Pour partir loin de tout ça, loin des regards, des jalousies, des peurs.Maxime est assis derrière son bureau. Il a l'air fatigué, mais déterminé. Il me sourit quand j'entre, un sourire triste mais sincère.— Assieds-toi, Clara.Je m'assieds. Il me regarde longuement, comme s'il cherchait quelque chose dans mon
ChloéJe le regarde, cet homme qui est à la fois mon bourreau et mon sanctuaire, mon maître et mon serviteur dans un pacte dément. Les marques sur ma peau picotent, comme pour rappeler leur présence. Leurre douloureux, délicieux, de ce qui nous lie.— Je n’ai pas envie du monde.Je me lève à mon to
ChloéCe n’est pas un reproche. C’est une louange rauque, admirative. Une constatation triomphante.— C’est… c’est toi, j’arrive à haleter. Tu as fait ça.Un grognement sourd lui échappe. Sa main, enfin, se déplace vers le centre de ma chair, là où la chaleur est la plus intense, l’humidité la plus
ChloéLe silence n’est qu’une illusion. Il est plein du bourdonnement sourd de mon sang dans mes oreilles, du martèlement lent de mon cœur qui refuse de se calmer, du souffle rauque de Gabriel contre mon cou. Sa chaleur est partout, un fourneau vivant contre lequel je suis plaquée, nos peuls collée
ChloéLe jour se lève, impitoyable.La première bande de lumière franche tranche l’obscurité, coupant notre bulle en deux. Elle trace une ligne dorée et poussiéreuse sur le parquet, remonte le long du drap en lambeaux tombé au sol, effleure nos pieds entrelacés. Je ferme les yeux, essayant de reten







