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#5 En Suisse

مؤلف: Spicy Witt
last update تاريخ النشر: 2026-08-18 07:55:07

Serena

J’avais soigneusement rangé ma lettre de démission, déjà signée par Lucien, dans le tiroir de mon bureau. Je m’en occuperais à notre retour de Suisse.

Ce client suisse comptait parmi les plus importants du groupe Hubert. Lucien avait remporté l’appel d’offres pour la construction de l’une des plus grandes « smart cities » intégrées du pays, NovAlpin. J’y avais joué un rôle majeur.

C’était justement ce processus d’appel d’offres qui avait poussé Lucien à changer d’attitude à mon égard, même s’il avait fini par revenir à son comportement habituel : froid et distant.

Mon sourire s’était élargi lorsque, à notre arrivée à l’aéroport de Zurich, nous avions été chaleureusement accueillis par Marc Rochat, l’héritier de Rochat Corps, notre client.

« Serena, bienvenue », m’avait-il dit en m’embrassant le dos de la main.

« Merci, Marc », avais-je répondu aimablement.

Le visage de Lucien semblait figé. Son sourire n’était qu’à peine esquissé. Il avait serré la main de Marc.

Marc nous avait invités à déjeuner. Il n’avait cessé de me faire des compliments enrobés de plaisanteries. Son regard ne se détachait pas de moi, même lorsque Lucien m’avait embrassée sur la tête.

Après avoir été reçus et avoir reçu des souvenirs typiquement suisses, on nous avait installés dans le meilleur hôtel, et bien sûr dans la même chambre. L’hôtel où se déroulait la cérémonie d’inauguration de NovAlpin.

Je m’étais tout de suite douchée, pour me préparer à la fête de ce soir.

En sortant de la salle de bains, j’avais trouvé un grand bouquet de fleurs. Des roses blanches.

« De qui ? », avais-je murmuré en humant le parfum frais et apaisant des fleurs.

« D’un salaud qui continue de courir après la femme d’un autre », avait lancé Lucien.

J’avais fait une petite moue en entendant ses paroles. Marc Rochat, c’était le nom inscrit sur la carte de vœux.

« Magnifique. Mais il y a quelque chose de plus magnifique encore. Toi. »

J’avais légèrement souri en lisant les mots poétiques écrits sur la carte.

Lucien avait claqué la porte de la salle de bains en y entrant.

Qu’est-ce qui lui prenait ?

Je m’étais maquillée en fredonnant. Spécialement pour ce soir, j’allais porter une robe créée par un grand couturier. Une robe couleur champagne.

Selon Émilie, cette couleur rehaussait ma beauté de mille degrés. Elle avait vraiment le don de l’exagération.

Lucien était resté pétrifié dès qu’il m’avait vue sortir de la salle de bains.

J’avais esquissé un sourire. « Je ne ferai pas honte au Groupe Hubert », avais-je dit en enfilant mon collier de diamants. Ce n’était pas si facile que ça.

« Viens, je vais t’aider à le mettre », m’avait-il proposé.

Je m’étais retournée. Lucien avait attaché le fermoir du collier. J’avais senti son souffle chaud dans ma nuque. J’en avais eu la chair de poule. Mon dos dénudé s’était raidi.

J’avais rapidement secoué la tête. « Allez, ne soyons pas en retard », l’avais-je exhorté.

« Ne t’éloigne pas trop de moi », avait menacé Lucien en tendant son bras pour que je le prenne.

J’avais froncé les sourcils. « Tu as peur de te perdre ? », l’avais-je taquiné en riant sans conviction.

Lucien avait poussé un long soupir et m’avait fait signe de le prendre par la main.

J’avais refusé et marché devant lui. « Plus tard, d’accord ? Il n’y a personne ici. Pas besoin de faire les amoureux. »

J’avais fait de grands pas vers l’ascenseur, allant même jusqu’à courir légèrement en direction de la salle de bal. Lucien avait réussi à me rattraper et m’avait attrapée par la taille.

« Je te l’avais dit, ne t’éloigne pas de moi », m’avait-il chuchoté à l’oreille.

Je lui avais adressé un sourire forcé. Avant que j’aie eu le temps de lui prendre le bras, Marc et son père, Urs Rochat, s’étaient approchés de nous.

« Monsieur et Madame Hubert, je m’excuse de ne pas avoir pu vous accueillir tout à l’heure », avait dit Urs en embrassant le dos de ma main.

Marc ne me quittait pas des yeux. Je lui avais adressé un sourire charmant. Lucien semblait retenir son souffle.

La cérémonie avait commencé. Marc se tenait toujours à mes côtés. Je me retrouvais ainsi prise en sandwich entre lui et Lucien. Le visage de mon mari était raide comme du béton.

Lors de son discours, Marc m’avait particulièrement mise à l’honneur.

« Sans Madame Hubert, la réalisation de NovAlpin n’aurait pas connu un tel succès. Elle a apporté de nombreuses idées extraordinaires. Levons nos verres en son honneur, et bien sûr en celui de son mari, Monsieur Hubert. »

Marc avait levé son verre de champagne, nous l’avions imité et bu une gorgée.

Alors que Lucien prononçait son discours, Marc m’avait invitée à discuter.

« Serena, demain midi, ça te dirait que je t’invite à déguster un plat traditionnel suisse ? », avait-il murmuré en jetant un coup d’œil vers la scène.

« Quoi ? Du chocolat ? », avais-je murmuré avec un sourire en coin.

Marc avait eu un petit rire. « Pas seulement ça, il y a plein d’autres choses. »

J’avais fait une petite moue. « Pourquoi pas. »

Nous avions regardé vers la scène. Lucien parlait en nous fixant intensément.

Marc avait eu un petit sourire en coin. Je m’étais contentée de soupirer puis de boire une gorgée du champagne que je tenais à la main.

Une fois son discours terminé, Lucien avait fait de grands pas dans notre direction.

« Monsieur Rochat, vous êtes vraiment très aimable, n’est-ce pas ? », avait ironisé Lucien en m’enlaçant par la taille.

« Bien sûr, votre femme est d’une grande chaleur humaine, il est très difficile de ne pas se lier d’amitié avec elle. » Marc m’avait adressé un léger sourire.

J’avais sursauté et m’étais contentée de lui rendre un sourire gêné. Le visage de Lucien restait impassible.

Au moment du dîner, Marc nous avait placés tous les trois à la même table. Ses parents étaient également présents. Nous nous étions laissés emporter par les rires et les plaisanteries.

Lorsque la soirée était passée à une ambiance plus décontractée, Marc m’avait invitée à danser, après avoir demandé la permission à Lucien. Le visage renfrogné, celui-ci avait donné son accord.

Une fois la soirée terminée, Lucien m’avait immédiatement entraînée dans notre chambre. Il avait claqué la porte derrière nous dès que nous étions entrés.

« Pourquoi tu fais la coquette tout à coup ? Tu réponds à un homme qui est clairement intéressé par toi, alors que tu es mariée », m’avait-il lancé en se tenant debout devant moi.

J’avais froncé les sourcils. « Coquette ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Je me suis simplement montrée aimable avec un client. Je ne pense pas avoir réagi de manière excessive. »

« Pendant que j’étais sur scène, tu discutais avec lui », m’avait-il reproché.

« Oui, c’est lui qui m’a abordée. Comment aurais-je pu ne pas lui répondre ? », avais-je rétorqué, ne voulant pas céder.

« Ne porte plus jamais cette robe à aucun événement. » Lucien avait brusquement changé de sujet.

J’avais reniflé. « Qu’est-ce qui te prend ? Tu pars dans tous les sens. C’est vraiment bizarre. »

« C’est toi qui es bizarre. Tu n’as jamais porté de robe aussi décolletée auparavant », avait poursuivi Lucien en fixant mon décolleté.

« Beaucoup de filles portaient ce genre de robe à la soirée tout à l’heure. Allez, Luce. Je suis fatiguée, je veux dormir. » Je m’étais détournée.

Lucien m’avait attirée contre lui.

« Je te l’ai déjà dit, arrête de te comporter bizarrement, Ser », avait-il dit en me fixant intensément.

J’avais avalé ma salive. « Je ne veux pas ! », avais-je refusé fermement.

Le regard de Lucien s’était assombri. Soudain, ses lèvres s’étaient emparées des miennes. Il m’avait embrassée avec une fougue dévorante.

Je m’étais débattue, mais en vain.

Lucien m’avait serrée très fort contre lui et m’avait embrassée encore plus passionnément, oubliant tous ses ultimatums selon lesquels nous devions nous comporter comme des étrangers en coulisses.

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