เข้าสู่ระบบLe silence qui suivit la proposition n’avait rien d’un accord. Il était chargé, dense, presque palpable. Livia n’avait pas détourné les yeux de Kael, et lui non plus. Viktor, lui, semblait observer la scène comme un spectateur déjà convaincu de la fin.
— Parfait, finit-il par dire simplement. Comme si tout était réglé. Comme si ce mariage n’était qu’une formalité. Livia sentit une tension sourde lui serrer la poitrine. Elle n’avait pas accepté. Pas vraiment. Elle avait juste… arrêté de refuser. Kael, lui, se recula légèrement, rompant enfin ce face-à-face étrange. Il passa une main dans ses cheveux, lentement, sans jamais sembler pressé. — Vous allez un peu vite, dit-il calmement. J’imagine qu’il y a des détails. — Ils viendront, répondit Viktor. Pour l’instant, l’essentiel est que vous compreniez tous les deux ce que ça implique. Kael esquissa un léger sourire. — Oh, je pense avoir compris. Son regard glissa brièvement vers Livia. — La question, c’est plutôt… est-ce qu’elle a compris. Livia serra légèrement les mâchoires. — Je comprends très bien. Il haussa un sourcil, presque amusé. — Tant mieux. Le ton n’était ni moqueur, ni doux. Juste… neutre. Mais c’était pire. Comme s’il la testait déjà. Viktor s’approcha d’eux, coupant court à cet échange. — Livia va rester ici. Le silence tomba aussitôt. Livia tourna la tête vers lui. — Quoi ? — C’est plus simple. — Pour qui ? — Pour tout le monde. Elle laissa échapper un souffle sec. — Tu décides beaucoup de choses sans me demander. — Et pourtant, tu es toujours là. La remarque était froide. Factuelle. Et elle avait raison. Livia détourna les yeux, agacée malgré elle. Kael observa la scène sans intervenir, mais quelque chose dans son regard changea légèrement. Une attention plus précise. Comme s’il analysait chaque réaction. — Très bien, dit-il finalement. Si elle doit rester… elle restera. Livia se tourna vers lui, surprise. — Tu acceptes ça ? — Tu préfères partir ? La question était simple. Trop simple. Elle ouvrit la bouche. Rien ne sortit. Parce que la vérité était évidente. Non. Elle ne pouvait pas partir. Kael hocha légèrement la tête, comme s’il venait de confirmer quelque chose. — Alors c’est réglé. Quelques minutes plus tard, Viktor avait disparu. Sans explication. Sans regard en arrière. Comme s’il n’avait plus rien à faire ici. Comme si le reste… leur appartenait. Ou peut-être qu’il savait déjà que tout était sous contrôle. Livia se retrouva seule avec Kael. Et pour la première fois depuis le début… le silence n’était pas imposé. Il était… partagé. Kael se dirigea vers le fond de la pièce, attrapant un verre qu’il remplit à moitié avant de se tourner vers elle. — Tu veux quelque chose ? — Non. Elle resta près de la porte, immobile, comme si bouger signifiait accepter davantage. Il l’observa un instant, puis but une gorgée. — Tu peux respirer, tu sais. Elle fronça légèrement les sourcils. — Je respire. — À peine. Le ton était calme, presque détaché. Mais précis. Trop précis. Livia serra les bras contre elle. — Tu analyses toujours les gens comme ça ? — Seulement quand ils sont intéressants. — Et je suis intéressante ? Il posa son verre. — Tu es là, sans vraiment vouloir l’être. Tu sais que quelque chose ne tourne pas rond, mais tu avances quand même. Donc oui… c’est intéressant. Elle soutint son regard. — Ou alors je n’ai juste pas le choix. — C’est ce que tu te dis. Il s’approcha lentement. Pas assez pour envahir. Mais assez pour imposer une présence. — Mais les gens trouvent toujours un moyen, quand ils veulent vraiment partir. Le cœur de Livia accéléra légèrement. — Et toi ? Tu pourrais partir ? Un léger silence. Puis un sourire presque imperceptible. — Non. Pas d’hésitation, pas de détour. Juste une réponse claire. Livia le fixa. — Donc tu es coincé aussi. — Disons que je reste pour de bonnes raisons. — Comme quoi ? Il la regarda un instant, comme s’il pesait ses mots. Puis : — Parce que j’ai envie de voir jusqu’où ça peut aller. Un frisson discret parcourut la nuque de Livia. Il ne parlait pas du mariage. Pas seulement. Il parlait d’elle. Kael se détourna légèrement. — Viens. Elle hésita. — Où ? — Je vais te montrer où tu dors. Le mot résonna étrangement. Dormir ici. Rester ici. Tout devenait réel. Elle le suivit. Le couloir était long, silencieux, presque trop propre. Chaque pas renforçait cette sensation d’être entrée dans quelque chose qu’elle ne maîtrisait pas. Ils s’arrêtèrent devant une porte. Kael l’ouvrit. — Ta chambre. Livia entra lentement. La pièce était grande. Élégante. Parfaite. Trop parfaite. Comme tout ici. — Tu peux changer ce que tu veux. — Je ne compte pas rester. Il s’appuya contre l’encadrement de la porte. — Bien sûr. Le ton n’était pas convaincu. Mais il n’insista pas. Un silence s’installa. Plus calme. Mais toujours chargé. — Pourquoi tu as accepté ? La question lui échappa presque malgré elle. Kael ne répondit pas immédiatement. Il la regarda. Puis : — Parce que refuser aurait été trop simple. Elle fronça les sourcils. — Ça n’a aucun sens. — Si. Un léger temps. — Les choses simples sont souvent celles qui cachent le plus de problèmes. Elle resta silencieuse. Puis il ajouta, plus bas : — Et puis… j’étais curieux. Livia sentit son cœur rater un battement. — Curieux de quoi ? Il la fixa. Droit dans les yeux. — De toi. Le silence retomba. Et pour la première fois… Livia sentit une hésitation réelle. Pas face à Viktor. Pas face à cette situation. Mais face à lui. Parce qu’elle ne savait pas encore…si Kael était un piège. Ou quelque chose de bien pire.Livia ne quitta pas immédiatement le bureau après leurs derniers échanges. Elle resta quelques secondes immobile, comme si les mots de Kael avaient laissé une empreinte trop nette pour être ignorée. Une clé. Le terme continuait de résonner dans son esprit, dérangeant, imprécis, mais impossible à écarter. Elle finit par sortir sans un mot, refermant doucement la porte derrière elle, puis s’arrêta dans le couloir, seule avec ses pensées. Elle n’avait plus seulement des doutes. Elle avait des éléments. Et plus elle avançait, plus une chose devenait évidente : on lui cachait encore une partie essentielle.Elle ne monta pas dans sa chambre. À la place, elle prit la direction opposée, plus lentement cette fois, observant chaque détail. La maison lui semblait différente depuis la veille. Pas dans son apparence, mais dans ce qu’elle représentait. Ce n’était pas seulement un lieu. C’était un espace contrôlé, organisé, pensé pour contenir autant que pour protéger. Chaque pièce avait une fonctio
La maison était redevenue silencieuse, mais ce n’était pas un silence apaisant. C’était celui qui suit une tension non résolue, celui qui laisse les pensées s’installer trop profondément. Livia n’était pas montée se coucher tout de suite. Elle était restée dans le salon, debout quelques minutes, puis assise sans vraiment s’en rendre compte, les yeux perdus dans le vide. Les événements de la soirée tournaient en boucle dans son esprit, mais un détail revenait sans cesse. L’homme. Sa présence. Son regard. Et surtout… la réaction de Kael.Quelque chose n’avait pas été dit.Et c’était ça, le plus inquiétant.Elle finit par se lever. Lentement. Comme si son corps suivait enfin une décision que son esprit avait déjà prise. Elle n’allait pas attendre. Pas cette fois.Le couloir était plongé dans une lumière tamisée. Tout semblait calme, parfaitement maîtrisé. Trop maîtrisé. Elle avança sans bruit jusqu’à la porte du bureau de Kael. Elle hésita une seconde. Puis frappa.Aucune réponse. Elle p
Livia ne quitta pas la salle immédiatement. Elle resta quelques secondes immobile, les yeux encore posés sur l’endroit où l’homme avait disparu. Quelque chose dans son attitude ne collait pas. Ce n’était pas seulement une menace. C’était plus précis. Plus calculé. Comme s’il savait exactement pourquoi il était venu.— On part, dit Kael.Ce n’était pas une suggestion. Livia tourna légèrement la tête vers lui, mais ne discuta pas. Elle avait déjà compris que ce genre de moment ne laissait pas de place à l’hésitation. Ils quittèrent la salle sans attirer l’attention, ou du moins sans en avoir l’air. Pourtant, elle sentait encore des regards dans leur dos, comme une pression invisible qui ne disparaissait pas.La nuit était plus froide dehors. L’air sembla plus réel, plus respirable, mais la tension ne retomba pas. Elle monta dans la voiture sans un mot. Kael fit de même, puis la portière claqua, isolant le silence à l’intérieur.Pendant quelques secondes, personne ne parla.— Tu l’avais
La musique continuait de résonner autour d’eux, élégante, maîtrisée, presque irréelle. Pourtant, Livia n’en entendait plus vraiment les notes. Son attention s’était fixée ailleurs, sur les regards, les gestes, les silences trop calculés. Tout ici respirait le contrôle, mais aussi la méfiance. Elle le sentait. Elle le voyait. Et surtout, elle commençait à le comprendre.À côté d’elle, Kael n’avait presque pas bougé. Il observait, lui aussi, mais d’une manière différente. Plus froide. Plus précise. Comme quelqu’un qui connaissait déjà les règles et attendait simplement de voir qui allait les briser en premier.— Ne fixe pas trop longtemps les mêmes personnes, dit-il à voix basse sans tourner la tête.Livia esquissa un léger sourire.— Et pourquoi ça ?— Parce qu’ici, ça signifie que tu as compris quelque chose… ou que tu caches quelque chose.Elle détourna légèrement le regard, comme pour illustrer ses paroles.— Et toi, tu regardes qui ?Un léger silence passa.— Ceux qui évitent de me
La soirée tomba lentement, comme si le temps lui-même prenait plaisir à faire durer l’attente. Livia se tenait devant le miroir, immobile, observant son reflet sans vraiment se reconnaître. La robe qu’on lui avait imposée épousait parfaitement sa silhouette, sombre, élégante, presque trop parfaite pour être honnête. Tout, dans cette image, semblait calculé. Maîtrisé. Comme si elle n’était plus qu’un rôle. Ses doigts effleurèrent le tissu, puis s’arrêtèrent. Ce n’était pas elle. Pas vraiment. Mais ce soir, ça n’avait pas d’importance. Elle inspira lentement, puis détourna les yeux du miroir. Ce n’était pas le moment de douter. Pas maintenant. Un léger bruit derrière elle. — On y va. Elle n’eut pas besoin de se retourner pour savoir que c’était lui. Kael. Sa présence remplissait la pièce avant même qu’il ne parle. Livia pivota lentement. Son regard croisa immédiatement le sien. Un silence s’installa, court mais chargé. Il la détailla, sans gêne, sans précipitation. — Ça
Le lendemain arriva plus vite que prévu.Livia n’avait presque pas dormi. Pas vraiment. Elle avait passé la nuit à observer le plafond, à rejouer chaque mot, chaque regard, chaque détail. Tout semblait calculé. Tout sauf elle. Et c’était précisément ce qui la dérangeait.Un léger bruit contre la porte la tira de ses pensées.— Entre.La porte s’ouvrit sans hésitation. Une femme entra, suivie de deux autres. Elles portaient des vêtements soigneusement pliés, des boîtes, des accessoires. Tout était organisé, silencieux, presque mécanique.— Monsieur Kael vous attend dans une heure, dit la première d’une voix neutre.Livia fronça légèrement les sourcils.— Pour quoi faire ?— Il souhaite vous voir.Pas d’explication. Bien sûr.Elle laissa passer un silence, puis hocha légèrement la tête.— Très bien.Les femmes déposèrent les affaires sur le lit. Robes, chaussures, bijoux. Tout semblait choisi avec une précision dérangeante. Comme si quelqu’un avait anticipé ce qu’elle devait devenir.—
Le silence de la pièce ne se brisa pas immédiatement après ses mots. Il changea simplement de nature, devenant plus dense, presque pesant. Livia resta immobile au centre de la chambre, incapable de bouger comme si quelque chose en elle s’était figé. Curieux de toi. La phrase tournait encore dans
La nuit n’avait rien apaisé. Au contraire. Elle avait laissé le temps à chaque pensée de s’installer, de s’enraciner, de devenir impossible à ignorer. Livia n’avait pas cherché à dormir. À quoi bon. Dès qu’elle fermait les yeux, elle voyait les pages du dossier. L’écriture de sa mère. S
Le silence de l’appartement n’avait rien de paisible. Il pesait. Il s’accrochait aux murs, aux meubles, à chaque objet laissé derrière elle comme un rappel constant que rien n’était normal. Livia n’avait pas bougé depuis le départ de Viktor. Le temps s’était étiré, lentement, presque cruell
Livia n’avait pas dormi. Ou peut-être qu’elle avait fermé les yeux quelques minutes, sans vraiment s’en rendre compte. Le genre de sommeil qui ne repose pas, qui n’efface rien, qui laisse les pensées tourner encore plus fort. Le dossier était resté ouvert sur la table. Comme une preuve. Comme







