LOGINPOV : CassianLa première charge détruit la barrière est. La seconde vise le relais électrique.Adrien connaît l’ancien plan de défense. Il s’attend à trouver deux équipes derrière le portail et la réserve mobile près des générateurs. J’ai déplacé les véhicules dès l’alerte de Val-Roche, puis laissé les phares allumés à leur emplacement habituel.Les tirs frappent des carrosseries vides.— Fermez le ravin, dis-je à Luc. Laissez la route sud ouverte.Il transmet l’ordre. Les assaillants prennent l’issue que je leur offre, persuadés de contourner le poste. L’unité de Ronce les attend plus bas, hors de leur fréquence.Le troisième véhicule force pourtant la ligne est. Un utilitaire blindé traverse les débris de la barrière et se dirige vers le réservoir. S’il l’atteint, l’incendie coupera le col pendant plusieurs jours et isolera les convois civils du nord.Je shift avant que le conducteur accélère.Les balles d’argent arrachent la terre autour de moi. L’une traverse mon épaule sans rest
POV : CélineJe relis le message jusqu’à ce que l’écran s’éteigne.Solange Derval a disparu. Cassian aussi.La maison est silencieuse. Sa chemise ne traîne nulle part, son verre a été rincé et la couverture du lit rabattue. Il a effacé son passage avant de partir, à l’exception de la clé posée sur la table.Je m’habille et appelle Élias.— Où est Solange ?— On l’ignore encore. Son dépôt a été forcé vers quatre heures vingt. Le système incendie a envoyé une alerte au Conseil, mais les caméras ont été détruites.J’entends des voix autour de lui et le bruit sec d’un clavier.— Cassian était au courant ?— Il a reçu la première alerte à trois heures cinquante-sept. Un fourgon repéré près du dépôt est parti vers le nord. Blackridge tente de l’intercepter.Il était donc encore dans cette maison lorsqu’il a appris l’attaque. Il s’est rhabillé dans le noir, a quitté le lit et ne m’a pas réveillée.— Pourquoi personne ne m’a appelée ?— Le Conseil a attendu de confirmer que Solange n’était pa
POV : CélineÀ midi moins cinq, je suis encore garée devant la maison.J’ai laissé Noé chez Anaïs après lui avoir préparé assez d’affaires pour deux jours, comme si un sac trop plein pouvait rendre mon choix plus raisonnable. La clé de Cassian repose sur ma cuisse. Rien ne m’oblige à la prendre.À midi, je sors de la voiture.La maison du Conseil est petite, isolée derrière une rangée de pins. J’ouvre la porte moi-même. Cassian se tient près de la fenêtre, manches retroussées, sans homme ni téléphone visible autour de lui.Il regarde la clé dans ma main.— Tu es venue.— Pour aujourd’hui.— J’ai entendu.Je ferme la porte et tourne le verrou. Ce bruit décide davantage que toutes les phrases préparées sur la route.Cassian ne vient pas vers moi. Il me laisse traverser l’entrée, retirer mon manteau et atteindre le milieu du salon. La veille, il menait chaque baiser. Aujourd’hui, son immobilité place le premier geste entre mes mains.Je pose la clé sur la table, puis ouvre les boutons de
POV : CélineÀ vingt-deux heures, Cassian traverse la halle pleine de monde.Il a respecté ma demande. Luc reste dehors et aucun garde de Blackridge ne se mêle aux habitants. Cela ne rend pas son arrivée discrète. Les conversations baissent autour de lui, puis reprennent avec une prudence nouvelle.Je termine de ranger les derniers manteaux de mon stand. Cassian attend devant la table, vêtu d’une chemise noire et de la veste que j’ai réparée. La couture suit parfaitement son épaule.— Vous l’avez mise, dis-je.— Tu l’as faite pour ça.— Je l’ai réparée pour qu’elle ne tombe pas en morceaux.Son regard descend sur ma robe. Je l’ai achetée l’année précédente sans jamais la porter : vert sombre, simple, avec le dos assez ouvert pour sentir l’air froid entre mes omoplates.— On danse ? demandé-je avant de perdre mon courage.Il tend la main.La musique sous la halle n’a rien d’un bal de Pack. Un groupe local joue trop fort, des enfants courent encore entre les tables, et le sol colle sous
POV : CassianÉlias est assis à la table de Céline lorsque j’arrive à Falaises.À travers la vitre du restaurant, je le vois couper un morceau de poisson pour Noé. Céline parle avec la serveuse, détendue. Une assiette vide attend devant la quatrième chaise.Ma place, probablement.Je pourrais entrer. La visite commence dans dix minutes et l’accord du Conseil m’autorise à rejoindre Noé dans les lieux publics. Je reste de l’autre côté de la rue parce qu’un homme photographie la salle depuis une camionnette blanche.Son appareil vise d’abord Céline, puis l’horloge au-dessus du bar. Il note mes heures de présence et chaque départ de Céline.J’envoie la plaque à Luc. Sur l’écran de l’appareil, les vignettes affichent trois dimanches de suite : Noé sur le quai, devant la bibliothèque, puis à la fenêtre de l’atelier. L’homme ne cherche pas seulement une adresse. Il construit une habitude, l’heure exacte où Céline baisse sa garde parce que je suis avec notre fils. Élias apparaît sur deux clic
POV : CélineLe premier dimanche, Cassian apporte de quoi déjeuner sur le quai.Il n’a rien fait préparer par Blackridge. Les sandwiches viennent de la boulangerie au bout de ma rue, les fruits du petit marché où Anaïs achète pour Noé. Il pose le sac sur la table publique, puis attend que je choisisse ma place.Noé reste sur mes genoux pendant presque tout le repas. Il tend parfois une fraise à son père et la reprend avant qu’il puisse la saisir. Cassian joue le jeu sans chercher à l’attirer. Lorsqu’un chien surgit derrière le banc, mon fils s’agrippe à moi. Cassian se lève seulement pour se placer entre l’animal et nous.Au bout d’une heure, Noé glisse de mes jambes. Il fait trois pas jusqu’à Cassian et pose la paume sur son genou.Cassian ne le prend pas. Il attend que Noé lève les bras.Le deuxième dimanche, la pluie nous garde dans l’atelier.La roue du petit camion s’est encore détachée. Cassian s’assoit par terre près de la vitrine avec une boîte à outils. Noé lui donne les pièc







