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Églantine Épineuse

مؤلف: O. M. F
last update تاريخ النشر: 2026-10-15 03:50:38

Qui se ressemble s'assemble

Épisode 5 

La berline noire fila à travers les rues désertes de la ville, ses phares balayant l'obscurité. Je soutenais Alex, son bras passé autour de mes épaules, le poids de son corps pesant contre le mien. Il perdait beaucoup de sang, et malgré son air détaché, je voyais bien qu'il serrait les dents pour ne pas gémir. L'assistant, un homme élégant aux lunettes rondes qui se présenta comme Sam, conduisait vite mais prudemment.

Nous arrivâmes devant une villa imposante, nichée sur les hauteurs de la ville. Une bâtisse moderne, tout en verre et en acier, entourée d'un jardin illuminé par des projecteurs discrets. Rien à voir avec le manoir vieillot des Valmont.

Je compris immédiatement. Alex était le plus riche de Pékin. Sa famille possédait un empire, mais lui s'en fichait. Il avait bâti le sien, à la force du poignet, sans rien devoir à personne.

Sam ouvrit la portière et m'aida à sortir Alex. Je le pris par le bras et le traînai littéralement jusqu'à l'intérieur, ignorant ses protestations faibles. Je le projetai sans ménagement sur un fauteuil en cuir noir, au milieu d'un salon immense aux baies vitrées.

_____ Trousses de secours. Maintenant.

Sam acquiesça et disparut, revenant quelques secondes plus tard avec une mallette complète : compresses, désinfectant, pinces, fil, aiguille. Tout ce dont j'avais besoin.

Je m'agenouillai devant Alex, sortis mon couteau et fendis sa chemise ensanglantée. La plaie était profonde. Une balle. Je le savais avant même de regarder. Je désinfectai mes mains, puis j'attrapai la pince.

Alex me regarda faire, les mâchoires serrées, sans un mot. Je ne tremblais pas. Mes gestes étaient précis, méthodiques, comme si j'avais fait ça toute ma vie.

Je plongeai la pince dans la plaie. Alex grogna, ses doigts se crispant sur les accoudoirs du fauteuil. Je sentis le métal de la balle sous la pince. Je tirai d'un coup sec. La balle tinta en tombant dans le plateau métallique que Sam avait posé à côté de moi.

Alex : Tu ne me demandes pas ce qui s'est passé ?

Je fronçai les sourcils, sans lever les yeux de ma tâche.

_____ Ce ne sont pas mes oignons. Sur cette terre, c'est mieux de s'occuper de ses propres problèmes. Et crois-moi, j'en ai plus que tu ne peux l'imaginer.

Je nettoyai la plaie, appliquai un antiseptique, puis entrepris de la recoudre. Chaque point était régulier, serré. Alex ne broncha pas, mais je sentais son regard posé sur moi, insistant.

_____ Voilà. Ne mouille pas la plaie. Et évite de te faire tirer dessus pendant au moins une semaine.

Il hocha la tête, un sourire fatigué aux lèvres.

Alex : Moi, c'est Alexandre Kessler. Alex, pour les intimes.

Je le regardai, impassible.

_____ Et moi, je suis Églantine Épineuse.

Il rit, un rire faible mais sincère qui fit trembler ses épaules.

Alex : Ça te ressemble. La beauté et les épines. Mais tu peux passer la nuit ici, si tu veux.

_____ Pourquoi ferais-je ça ?

Alex : Parce que je sais que tu n'as nulle part où aller.

_____ Peut-être. Mais je ne dépends jamais de personne.

Il se pencha en avant, ignorant la douleur qui devait lui déchirer le ventre. Il captura mes lèvres avec force, sans prévenir. Un baiser brutal, affamé, comme s'il cherchait à me prouver quelque chose.

Je me débattis un instant. Mon corps entier hurlait de le repousser. Mais quelque chose en moi céda. Quelque chose de plus fort que la raison, plus fort que la peur. Je me laissai faire.

Les deux s'embrassèrent farouchement, sauvagement, comme deux bêtes qui se déchirent. Sa main se perdit dans mes cheveux, la mienne s'agrippa à son épaule. Le goût du sang et du danger emplissait ma bouche.

Puis je repris mes esprits. Je reculai brusquement et lui assénai un coup de tête en plein front.

Alex recula, la main sur son crâne, les yeux écarquillés.

Alex : Tu veux me tuer ou quoi ?

_____ Tu mérites.

Il me regarda, un mélange de surprise et d'admiration dans les yeux. Puis il éclata de rire, un rire profond, presque joyeux, qui résonna dans le salon immense.

Alex : Tu es la première femme qui me frappe après m'avoir embrassé.

_____ Et ce ne sera pas la dernière si tu recommences.

Il sourit, un sourire dangereux, et se laissa retomber dans son fauteuil.

Alex : Reste, juste cette nuit. Demain, tu feras ce que tu veux.

Je le fixai un long moment. Je n'avais nulle part où aller. La maison de ma grand-mère n'était plus que cendres. Le manoir des Valmont m'était interdit. Et cet homme, cet inconnu blessé qui m'avait sauvée deux fois, était peut-être le seul être sur cette terre qui ne me jugeait pas.

_____ Une nuit. Pas plus.

Alex : Une nuit.

Sam nous observait, silencieux, un sourire à peine perceptible aux lèvres. Il s'éclipsa discrètement, nous laissant seuls. Je m'installai dans un fauteuil en face d'Alex, les bras croisés, le regard fixé sur lui. Il ferma les yeux, épuisé, mais je savais qu'il ne dormait pas. Je savais qu'il pensait à moi, tout comme je pensais à lui. Et pour la première fois depuis longtemps, je ne me sentais pas seule.

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