تسجيل الدخولQui se ressemble s'assemble
Épisode 8
Je finissais de parler à Sam quand j'entendis des pas dans l'escalier. Je levai les yeux et je la vis. Victoria descendait les marches lentement, en se frottant les yeux comme une petite fille qui vient de se réveiller. Ses cheveux noirs tombaient en désordre sur ses épaules, et elle portait une chemise de nuit trop grande pour elle, probablement ce que Sam lui a trouvé. Elle était belle. D'une beauté sauvage, indomptée, avec ces épines qui la rendaient encore plus attirante.
Elle s'arrêta à ma hauteur, me regarda, puis lança d'une voix neutre :
Victoria : On mange quoi ?
Je la regardai, interdit. Sam aussi. Il ouvrit la bouche, choqué. Personne, jamais, n'avait osé me demander ça. Personne n'osait même me parler sans y être invité. Et cette fille, cette inconnue que j'avais recueillie par pure curiosité, venait de me demander à manger comme si j'étais son majordome.
_____ Un bonjour ne t'aurait pas tuée.
Elle sourit, un sourire qui ne toucha pas ses yeux.
Victoria : Je ne connais rien aux civilités. Je n'ai pas été éduquée, moi cette fille maudite.
Je souris à mon tour. Elle avait de la repartie. J'aimais ça.
_____ Tu peux disposer, Sam.
Sam hocha la tête et s'éclipsa sans un mot, non sans m'avoir lancé un regard entendu. Je reportai mon attention sur Victoria.
_____ Alors, tu veux manger quoi ?
Elle haussa les épaules avec indifférence.
Victoria : Tout ce que je trouve.
_____ Alors dans ce cas, entre dans la cuisine et prépare-nous quelque chose à manger. C'est toi, la femme ici.
Elle me regarda, les sourcils froncés, comme si je venais de lui demander de déplacer une montagne.
Victoria : Qui t'a dit que c'est la femme qui doit préparer ?
____ On m'a toujours appris ça.
Elle le regarde puis :
Victoria : Tu en es sûr ?
_____ Oui. Ou bien tu veux vivre ici gratuitement et dépendre de moi sans rien faire ?
Elle s'approcha de moi, lentement, et se pencha pour murmurer à mon oreille. Son souffle chaud me fit frissonner malgré moi.
Victoria : Je ne t'ai rien demandé.
_____ Je sais. C'est parceque, je suis trop gentil. Alors, ce repas, tu le fais ou pas ?
Elle recula, croisa les bras, et me fixa avec un mélange de défi et d'amusement.
Victoria : Je ne sais faire que trois plats.
Je penchai la tête de côté, curieux.
_____ Lesquels ?
Elle compta sur ses doigts, comme une enfant.
Victoria : Les nouilles sautées, la soupe au poulet, et la bouillie de nouilles. Tu veux quoi ?
Je la regardai un long moment. Cette fille était une énigme. Elle m'avait sauvé la vie avec une précision chirurgicale, ses gestes étaient ceux d'une professionnelle, et pourtant, elle ne savait faire que trois plats. C'était absurde. Et pourtant, ça la rendait encore plus fascinante.
_____ Laisse tomber. Je vais le faire.
Elle fronça les sourcils, surprise.
Victoria : Tu sais préparer ?
_____ Il n'y a rien que je ne puisse faire. Sans me vanter, bien sûr.
Elle haussa un sourcil, un sourire narquois aux lèvres.
Victoria : Narcissique.
_____ Merci pour le compliment.
Victoria : Franchement, tu as appris à préparer où ?
_____ À l'étranger. Quand tu vis seul, si tu ne veux pas mourir de faim, tu apprends à préparer.
Elle hocha la tête, une lueur d'approbation dans le regard.
Victoria : Ça tient la route.
Je me dirigeai vers la cuisine, et elle me suivit. Je mis un tablier, sortis les ingrédients du réfrigérateur, et commençai à les disposer sur le plan de travail.
Victoria : Tu aurais pu engager une servante, non ?
_____ Je n'aime pas les étrangers chez moi.
Victoria : Et moi, je suis qui ?
Je me retournai vers elle, la regardai droit dans les yeux.
_____ Toi, tu es ma douce épine. C'est donc différent.
Elle ne répondit pas. Pour la première fois depuis que je la connaissais, elle resta silencieuse. Un silence qui en disait long. Je vis une lueur passer dans ses yeux, quelque chose entre la surprise et la méfiance. Puis elle détourna le regard.
Victoria : Je peux t'aider avec quoi ?
_____ Rien. Ne brûle pas ma cuisine.
Elle leva les mains en signe de paix, un sourire aux lèvres.
Victoria : Je vais prendre une douche, je reviens.
Elle tourna les talons et sortit de la cuisine. Je la regardai s'éloigner, mes yeux s'attardant malgré moi sur sa silhouette. Cette fille était dangereuse. Pas parce qu'elle était violente ou imprévisible. Mais parce qu'elle avait le pouvoir de me désarmer.
Je me concentrai sur les ingrédients, mais mon esprit était ailleurs. Qui était vraiment Victoria Valmont ? Une héritière rejetée. Une femme qui avait brûlé sa propre maison. Une fiancée en fuite. Et une femme qui, manifestement, avait des connaissances médicales poussées. Elle avait extrait une balle de mon ventre avec une précision qui ne trompait pas. Elle avait recousu la plaie comme un chirurgien. Elle connaissait les gestes, les réflexes, les protocoles.
Mais elle n'en avait pas parlé. Elle n'avait rien dit. Elle avait agi comme si c'était normal, comme si tout le monde savait faire ça.
Je souris en découpant les légumes. Victoria n'était pas du genre à se livrer. Et moi, j'étais curieux de découvrir ce qu'elle cachait.
Quelques minutes plus tard, elle revint, les cheveux encore humides, vêtue d'un jean et d'un t-shirt que Sam avait dû lui trouver encore une fois. Elle s'assit sur un tabouret, et me regarda cuisiner en silence.
Victoria : Tu fais ça bien.
_____ Je fais tout bien. Je te l'ai dit.
Victoria : Et la modestie, tu connais ?
_____ Non. C'est un concept étranger pour moi.
Elle rit. Un rire léger, presque enfantin, qui contrastait étrangement avec la femme froide et dangereuse qu'elle prétendait être. Je me surpris à sourire. Peut-être que cette fille n'était pas seulement une épine. Peut-être qu'elle était aussi une rose. Et peut-être, juste peut-être, que j'avais envie de découvrir ce qu'il y avait sous les épines.
Qui se ressemble s'assembleÉpisode 11 Point de vue d'Alex KesslerLa voiture filait vers la villa. Je fixais les lumières de la ville qui défilaient derrière la vitre, mais mon esprit était encore dans cet entrepôt. Les cris de mon oncle résonnaient encore dans ma tête, et je ne ressentais rien. Pas de culpabilité. Pas de remords. Juste une froide satisfaction.Mon téléphone vibra. Je le sortis de ma poche. C'était Victoria.Victoria : Tu comptes rentrer bientôt ? J'ai faim, moi.Je souris malgré moi. Cette femme venait de brûler une maison, de menacer sa famille, et tout ce qui l'inquiétait, c'était son prochain repas. Elle est bien plus folle que moi.— Je ne suis pas cuisinier, moi.Victoria : Je m'en fous. C'est toi qui m'as déposée chez toi de force, donc tu dois prendre soin de moi. Ou je te castre.— C'est bien drôle.Victoria : Je n'étais pas en train de m'amuser. Alors, tu viens ou pas ?Je réfléchis un moment, puis lui répondis.— Bientôt. Qu'est-ce que tu veux manger ?El
Qui se ressemblent, s'assemble Épisode 10 Point de vue d'Alex KesslerLa berline s'arrêta devant un entrepôt abandonné, à la périphérie de la ville. Les murs de brique étaient noircis par le temps, les vitres brisées, et une odeur de rouille et de poussière flottait dans l'air. Je descendis de la voiture, enveloppé dans un long manteau rouge qui tranchait avec la grisaille du lieu. Mes gants de cuir noir étaient déjà en place. Je n'aimais pas me salir les mains.Sam m'attendait à l'entrée, son visage fermé.Sam : Ils sont à l'intérieur, monsieur. Nous l'avons trouvé comme prévu.— Bien. Attends-moi ici.Je poussai la porte métallique qui grinça sur ses gonds. L'intérieur était plongé dans une pénombre à peine troublée par une ampoule nue qui pendait du plafond. L'odeur était plus forte ici. Le sang. La sueur. La peur.Au centre de la pièce, attaché à une chaise, se trouvait mon oncle. Xavier Kessler. Un homme d'affaires respecté, un notable de la ville, un salaud de la pire espèce.
Qui se ressemblent, S'assembleÉpisode 9Nous étions à table, en train de manger. Alex avait préparé un plat simple mais délicieux, et je devais admettre qu'il ne mentait pas quand il disait savoir cuisiner. Je mangeais en silence, savourant chaque bouchée, quand il posa sa fourchette et me regarda.Alex : Tu as laissé ton téléphone dans ma chambre. J'ai décroché plusieurs de tes appels.Je déposai ma fourchette à mon tour, le regard dur.— Qui t'a permis de décrocher mes appels ?Alex : Ça m'empêchait de dormir. Disons que ton père t'a appelée, puis ta mère, et ton fiancé. Il était en rogne, donc prépare des excuses.Je souris. Un sourire froid, sans joie.— Je ne donne pas d'excuses au déchet dont je ne veux plus.Il sourit à son tour, un sourire amusé, presque intrigué.Alex : Donc, en gros, tu ne l'aimes plus ?Je le regardai, les sourcils froncés. Non mais franchement, il était malade, lui. Quand il me regardait, est-ce que j'avais l'air d'avoir un cœur pour aimer ?— Je n'ai pas
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Qui se ressemble s'assembleÉpisode 7 J'essayais de dormir, mais je n'y arrivais pas. La douleur à mon ventre me lançait, et chaque mouvement me rappelait que j'avais failli mourir cette nuit. La balle avait été extraite, la plaie recousue, mais le mal était plus profond. Ce n'était pas seulement physique. C'était la trahison. L'attaque. Quelqu'un avait voulu ma mort, et je ne savais pas qui.Je fixai le plafond, les yeux grands ouverts dans l'obscurité. Merde ! Je ne pouvais pas rester là à ne rien faire. Je pris mon téléphone sur la table de nuit et composai le numéro de Sam.Sam : Monsieur ? Il est deux heures du matin._____ Je sais. Fais des recherches sur celui qui a commandité ma mort. Je veux savoir qui c'est, et je le veux avant demain midi.Sam : Bien, monsieur. Et pour... la jeune femme ?Je marquai une pause. Victoria. Elle dormait dans la chambre d'amis, à quelques mètres de la mienne. Je ne savais rien d'elle, sinon qu'elle était dangereuse, imprévisible, et qu'elle me
Qui se ressemble s'assembleÉpisode 6 Je me réveillai ce matin-là avec le sourire aux lèvres. La lumière du soleil filtrait à travers les rideaux de soie de ma chambre, et pour la première fois depuis des semaines, je me sentais légère. Hier soir, mon père avait promis de me donner la maison de grand-mère. La maison de Victoria. Son bien le plus précieux. Sa dernière fierté. Et bientôt, ce serait mien.Je m'étirai dans mon lit, savourant la douceur des draps, puis je pris mon téléphone sur la table de nuit. Une notification. Une vidéo envoyée par une de mes connaissances, une fille qui habite près de la vieille baraque. Je l'ouvris, curieuse.Mon sourire s'effaça instantanément. Les flammes. La maison de grand-mère en proie aux flammes, léchant les murs de pierre, éclairant la nuit d'une lueur orangée. Le toit s'effondrait lentement, les fenêtres éclataient sous la chaleur. C'était un spectacle de désolation. Mais aucune trace de Victoria. Pas une silhouette. Pas une ombre. Rien.Je







