Se connecterJe sursaute. Irina est là, debout à côté de ma table. Je ne l'ai pas entendue arriver. Je n'ai rien entendu.
— Tu vas bien ? demande-t-elle. Tu es toute pâle.
— Je vais bien.
— Je t'ai vue parler avec Kirill.
— Ce n'est rien.
— Sasha, je te connais. Ce n'est pas rien. Rien de ce qui touche à Kirill Morozov n'est rien. Surtout pas quand Andreï est en train de te dé
Je sursaute. Irina est là, debout à côté de ma table. Je ne l'ai pas entendue arriver. Je n'ai rien entendu.— Tu vas bien ? demande-t-elle. Tu es toute pâle.— Je vais bien.— Je t'ai vue parler avec Kirill.— Ce n'est rien.— Sasha, je te connais. Ce n'est pas rien. Rien de ce qui touche à Kirill Morozov n'est rien. Surtout pas quand Andreï est en train de te détruire.Je lève les yeux vers elle. Son visage est fermé, dur, mais ses yeux sont doux. Ses yeux sont toujours doux, même quand elle fait semblant de ne pas l'être.— Qu'est-ce que je fais, Irina ? je murmure. Qu'est-ce que je fais de ma vie ?— Tu attends, dit-elle. Tu attends qu'Andreï revienne à la raison. Tu attends que Natacha fasse une erreur. Tu attends que la vérité éclate. Et en attendant, tu dan
Sa voix est douce. La mienne est dure. Je voudrais qu'elle soit douce aussi, mais je n'ai plus de douceur. Elle est partie avec le collier, avec Léna, avec Andreï.— S'il te plaît, dit-il.Le "s'il te plaît" me surprend. Ce n'est pas un ordre, pas une exigence, pas une demande polie qu'on fait parce qu'on a été élevé comme il faut. C'est une prière. Presque une supplication. Le cri d'un homme qui a trop attendu, trop espéré, trop désiré.Je hoche la tête. Il s'assoit.De près, je vois des choses que je n'avais pas vues de loin. Les cernes sous ses yeux, profonds, violets, comme des ecchymoses. La cicatrice sur sa tempe, une fine ligne blanche qui disparaît dans ses cheveux. La façon dont ses doigts tremblent un peu sur la table, comme s'il était tendu, comme s'il avait peur.Il n'est pas comme Andreï. Andreï est un
SashaLes jours suivants, je suis seule.Léna est partie. Andreï l'a chassée du club, chassée de ma vie. Elle m'a envoyé un message, un seul. Je suis chez ma mère. Je vais bien. Ne t'inquiète pas. Prends soin de toi.Je n'ai pas répondu. Je ne sais pas quoi dire. Je suis désolée ? Je te protégerai ? Je te vengerai ? Les mots sonnent faux, même dans ma tête. Ils sonnent comme des mensonges, des promesses que je ne pourrai pas tenir. Parce que je ne peux protéger personne. Je ne peux même pas me protéger moi-même.Irina est toujours là, mais elle est surveillée. Andreï a mis ses hommes sur elle, sur toutes les filles. Deux types en costume noir, toujours au bar, toujours les yeux ouverts. Ils notent qui parle à qui, qui entre dans les vestiaires, qui sort par la porte de derrière. Ils veulent savoir qui parle, qui
Elle baisse les yeux, fait la modeste, l'innocente. Mais je vois ses doigts trembler un peu sur ses genoux. De l'excitation, pas de la peur.— Fouillez tous les casiers, je dis. Toutes les filles. Tous les vestiaires. Je veux ce collier.— Andreï, c'est une bonne idée ? dit Natacha doucement. Les filles vont mal le prendre. Elles vont se sentir humiliées.— Je m'en fous de ce que les filles ressentent. Je veux mon collier.Elle sourit. Un petit sourire, à peine visible, qui disparaît aussitôt.— Bien sûr, Andreï. Tu as raison.---L'ordre est donné. Tous les casiers sont ouverts. Les filles sont rassemblées dans les vestiaires, certaines en robe de chambre, d'autres à moitié habillées. L'humiliation est générale.Je regarde chacune d'elles. Leurs visages fermés, leurs yeux baissés, leurs mains
Je ne sens rien. La douleur, les larmes, l'émotion. Tout est trop fort. Je ne sens rien.Elle recule, essuie ses larmes, sourit.— Merci, Sasha. Merci d'être aussi bonne.— C'est fini, Natacha. Plus de mensonges.— Plus de mensonges, promet-elle.Elle sort. Je reste seule dans le vestiaire, à regarder sa silhouette disparaître dans le couloir.J'ai fait ce qu'il fallait. J'ai été la plus forte. J'ai pardonné. J'ai tendu la main.Je ne sais pas encore que je viens de perdre bien plus que je n'ai gagné.SashaLe lendemain, je cherche mon collier.Il n'est pas sur la table de nuit. Pas dans la salle de bain. Pas dans mon sac. Pas dans mes poches.Je fouille l'appartement. Je retourne les coussins, je soulève les tapis, je vide les tiroirs. Rien. Le collier a disparu.Je reste assise sur le lit, les mains vides,
Je devrais dire oui. Je devrais lui dire que l'amour d'Andreï est plus fort que tout. Je devrais la rassurer, lui donner de l'espoir, la convaincre que tout ira bien.Mais je ne peux pas. Parce que je connais Andreï. Parce que je l'ai vu détruire des hommes pour moins que ça. Parce que je l'ai vu tuer des filles pour moins que ça.— Il te croira, je dis. Parce qu'il t'aime.Même en le disant, je sais que ce n'est pas assez. L'amour d'Andreï est une arme. Une arme qui peut protéger ou tuer. Et Sasha est au bord du gouffre.Je la regarde remonter sur scène. Ses mouvements sont secs, presque violents. Elle danse sa rage, sa peur, son désespoir. Les lumières la transforment en feu, en glace, en quelque chose de beau et de terrible.Kirill est au fond de la salle. Il la regarde. Il ne voit qu'elle.— Tu as bien fait de lui dire, dit une voix derrière moi.
Sasha Il grogne en enroulant une main autour de sa base, la serrant fort comme pour se calmer, pour retenir la bête en lui. Une goutte de liquide pré-séminal perle au bout, et je la fixe, hypnotisée, la bouche sèche.— Tu vas prendre chaque centimètre, Sasha. Et tu vas me remercier après. À genoux
AndreïJe referme la porte derrière moi.Un bruit sec. Un clic. Et je sens le masque qui remonte, qui se replace sur mon visage comme une seconde peau. Mes épaules se redressent, ma mâchoire se serre, mes yeux deviennent froids. Le mécanisme est rodé, automatique. Vingt ans d'entraînement. Vingt an
AndreïJe sors le couteau de ma ceinture. Lentement. Pour qu'ils voient bien la lame, pour qu'ils mesurent l'acier, vingt centimètres de mort silencieuse.— Je ne bluffe jamais.Je fais un pas. Puis un autre. Le chef recule. Ses hommes aussi. On forme un cercle qui se déplace, une danse macabre où
SashaMon corps est encore secoué de tremblements résiduels, un magma de plaisir et d’épuisement qui me cloue au canapé comme une poupée désarticulée. Volkov est toujours en moi, son membre épais et semi-dur pulsant doucement contre mes parois sensibles, un rappel constant de sa présence invasive.







