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Chapitre 7 — L'Appel du Sang

Author: Déesse
last update Last Updated: 2025-10-30 22:11:20

Alba

Je recule d'un pas chancelant, puis deux, quittant le balcon comme on quitte le bord d'un précipice. La porte-fenêtre se referme dans un claquement sourd qui résonne comme un coup de feu dans le silence de ma tête. Le dos collé contre la paroi froide, je ferme les yeux, mais son image est incrustée au fond de mes paupières, plus vive que la réalité.

Son torse.

Dieu, son torse.

Large, pâle sous la lune, strié de muscles qui dessinaient un relief de force pure. La toison sombre, une flèche sauvage traçant un chemin vers la ceinture de son pantalon, vers ce qui était caché, interdit. J'avais vu la puissance de ses bras, la carrure qui promettait de m'engloutir. Et ses yeux… ses yeux qui m'avaient déshabillée, possédée, bien plus efficacement que des mains.

Un gémissement m'échappe, étouffé dans le silence de la chambre. Ma main presse le creux de mon ventre, où une douleur-aiguïsie, un besoin viscéral, s'est enracinée. C'est plus fort que la honte, plus fort que la peur. C'est un appel de sang, un écho primal qui résonne dans chaque parcelle de mon être.

Je marche jusqu'au lit, les jambes flageolantes. La soie de mon short frotte contre ma peau sensible, un rappel cruel de mon état. Je m'allonge, mais c'est inutile. Le matelas est une surface hostile. Je suis trop vivante, trop chargée d'une électricité qui cherche à s'échapper.

Je repense à ses mains. Ces mains d'homme, aux veines saillantes, aux doigts qui semblaient capables de tant de choses. De me briser. De me faire renaître. Je les imagine sur moi, maintenant. Non plus en imagination vague, mais avec la précision terrible que son regard m'a donnée.

Sa paume large s'écrasant sur mon ventre, l'immobilisant. Ses doigts se refermant sur ma hanche, les pouces s'enfonçant dans ma chair, me marquant. Une main remontant, prenant mon sein à pleine paume, le serrant, la callosité de sa peau contre la pointe dure de mon mamelon. Je pousse un souffle court, arquant le dos sur le lit. Mon propre sein, sous ma main, est lourd, douloureux de désir.

Et l'autre main… elle descendrait. Elle glisserait sous l'élastique de mon short, ignorerait le tissu de ma culotte, trouverait la chaleur, la moiteur. Ses doigts, d'abord, explorant, écartant. Puis, la pression plus ferme, plus insistante, trouvant le rythme, le point parfait…

Je mords mon poing pour ne pas crier. Une vague de chaleur m'inonde, si intense que je me recroqueville sur le côté. Mon corps n'est plus à moi. Il est à lui. Il réclame la possession que son regard a promise.

Je me relève d'un bond, incapable de rester en place. Je marche de long en large, la peau en feu. La maison est silencieuse, endormie. Samantha, ses parents… ils dorment. Lui, est-il couché ? Éveillé ? Repense-t-il à moi ? À la fille à moitié nue sur le balcon, qui le dévorait des yeux ?

L'idée qu'il puisse être éveillé, qu'il pense à moi en ce moment même, attise le feu. C'est une connexion obscène, intime. Je m'arrête devant le miroir. Mes yeux sont noirs de pupilles dilatées, mes joues empourprées. Je ressemble à une bête traquée. Une bête en chaleur.

Je fais glisser la bretelle de mon haut, laissant l'épaule nue. Je vois le trajet que son regard a emprunté. Je pose mes doigts là où ses yeux se sont posés, cherchant à retrouver la brûlure. Je fais tomber le haut. Il tombe à mes pieds. Je reste là, torse nu, respirant fort. Mes seins sont tendus vers le miroir, vers le souvenir de lui.

Ma main descend, hésite sur le bouton du short. Un dernier vestige de raison résiste. C'est mal. C'est dangereux. Cela va tout détruire.

Mais le souvenir de son sourire, de cette main posée sur son pantalon, balaie toute objection. Il veut. Je veux.

Je défais le bouton. La fermeture Éclair cède avec un bruit de déchirure. Le short de soie glisse le long de mes cuisses et rejoint le haut sur le sol. Je ne garde que le petit triangle de coton, déjà trempé, collant à ma peau.

Je me regarde, une dernière fois. Une femme, pas une fille. Un corps offert à un homme qui n'est pas là. Un corps qui réclame son dû.

Je me glisse dans le lit, nue cette fois. Les draps froids sont un choc sur ma peau brûlante. Je ferme les yeux et je me livre à lui, complètement. Dans l'obscurité de mon esprit, il entre dans la chambre. Je l'entends. Je le sens. Le poids du matelas qui cède. L'ombre qui se penche sur moi. L'odeur de sa peau, de la nuit, du whisky.

Sa main sur ma bouche pour étouffer mes cris.

Son corps qui s'abat sur le mien, m'écrasant, me libérant.

Et cette fois, il n'y a plus de balcon. Plus de distance. Seulement la chair, le souffle coupé, et la chute vertigineuse dans l'interdit.

Merde... c'est si réel !

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