로그인Chloé
Je pleure. Sans m'en rendre compte. Les larmes coulent.
--- Et moi ? dit Raphaël derrière moi.
Matthias le regarde. Longtemps.
--- Toi, tu l'aimes aussi. Je le sais. Je l'ai toujours su.
--- Et alors ?
--- Alors, je ne sais pas. Je ne sais pas ce qu'on va faire. Je sais juste que je refuse de la perdre.
Raphaël s'approche. Il est à côté de moi maintenant. Matthias devant. Moi entre eux. Leurs chaleurs. Leurs présences. Leurs regards
Elle se pose sur l'épaule de Raphaël.La chaleur de sa peau à travers le tissu fin de sa chemise. La douceur du coton. La fermeté du muscle en dessous. Et immédiatement, sa main qui monte pour soutenir mon poignet, par réflexe, par tendresse, par amour. Ses doigts autour de mon poignet, doux, protecteurs.En même temps, mon autre main, dans mon déséquilibre, frôle la cuisse de Matthias.Juste un effleurement. À peine une seconde. Mais je sens la chaleur à travers le tissu du pantalon. La puissance du muscle en dessous. Le frémissement imperceptible de sa peau sous mes doigts. L'électricité qui jaillit de ce simple contact, comme si tout le désir refoulé de dix ans passait par ce point de contact minuscule.Deux contacts. Deux électricités différentes. Raphaël, doux, soutenant, protecteur. Matthias, brûlant, &ea
ChloéMinuit passé. Les aiguilles de l'horloge murale tournent lentement, comme si le tempslui-même hésitait à avancer. Dehors, Paris scintille de mille feux, indifférent à ce qui se joue dans ce penthouse du seizième arrondissement. Indifférent à nos vies qui basculent.Nous sommes chez Matthias, dans son salon aux lignes épurées, et l'atmosphère est si chargée d'électricité que je sens presque des étincelles sur ma peau. Chaque regard, chaque silence, chaque respiration pèse des tonnes.Matthias est dans son fauteuil en cuir noir, jambes croisées, verre de whisky à la main. La lumière tamisée dessine des ombres sur son visage, accentue ses traits, sa mâchoire carrée, ses pommettes hautes. Il est l'image même du contrôle, du pouvoir, de la maîtrise. Mais ses doigts t
ChloéLe lendemain matin, mon téléphone sonne à huit heures. Maître Delcourt. Sa voix est grave, pressée.--- Mademoiselle Chloé, pouvez-vous venir à mon étude ce matin ? Ainsi que Matthias et Raphaël. J'ai une découverte importante à vous communiquer. Une clause du testament que j'avais oubliée.Mon sang se glace.--- Quoi ? Quelle clause ?--- Je préfère vous le dire à tous les trois ensemble. Soyez là à dix heures.Il raccroche. Je regarde Matthias et Raphaël, endormis de chaque côté de moi. Leurs visages paisibles, leurs corps nus sous les draps. La beauté de ce moment contraste avec l'angoisse qui monte.Je les réveille doucement. Je leur dis. Leurs visages se ferment.--- On y va, dit Matthias.Nous arrivons chez Maî
Je prends une douche. Je me change. Une robe simple, noire, qui tombe juste au-dessus du genou. Pas de bijoux, pas de maquillage excessif. Juste moi. Ils méritent la vérité, pas un masque.Je prends ma voiture. Je roule vers le penthouse de Matthias. La nuit tombe sur Paris, les lumières s'allument, la ville devient magique. Je n'y prête pas attention. Je pense à eux. À ce qui m'attend.Devant l'immeuble, je respire un grand coup. Je sonne. La porte s'ouvre.L'ascenseur monte. Les portes s'ouvrent sur le hall. Matthias est là, debout, immobile. Raphaël est derrière lui, dans le salon. Ils m'attendaient.--- Entre, dit Matthias.J'avance. Mes talons claquent sur le marbre. Je traverse le hall, j'entre dans le salon. Raphaël est près de la fenêtre. Il me regarde avec ses yeux clairs, si doux, si tristes.--- Assieds-toi, dit Matthias.Je m
Alors pourquoi on se bat ?Je le regarde. Vraiment. Pour la première fois, je le vois. Pas le rival. Pas l'ennemi. Pas le frère que j'ai toujours jalousé. L'homme. L'homme qui aime la même femme que moi. L'homme qui a souffert en silence aussi, peut-être autant que moi. Différemment, mais autant.--- Parce qu'on a peur, dis-je.--- Peur de quoi ?--- De la perdre. De l'autre. De nous. De ce qu'on ressent. De ce que ça veut dire.Il hoche la tête lentement. Un geste presque imperceptible.--- Ouais. Peut-être.Un silence s'installe. Long. Lourd. Chargé de tout ce qu'on ne dit pas. De toutes ces années de rivalité, de mépris, de distance. Et soudain, au milieu de ce silence, quelque chose change. Un pont se construit. Fragile. Incertain. Mais réel.Il va à un meuble, sort une bouteille de whisky, deux verres. Il sert
Sa main se lève. Lentement. Ses doigts effleurent mes cheveux, attrapent une mèche rebelle, la glissent doucement derrière mon oreille. Exactement comme il y a cinq ans. Exactement comme dans mes souvenirs, dans mes rêves, dans mes fantasmes.--- Ça ?--- Matthias...Sa main ne s'arrête pas. Ses doigts descendent le long de mon cou, effleurent ma nuque, ma clavicule. Je frissonne. Je retiens mon souffle. Je vais mourir.--- Ou ça ?Il défait le premier bouton de mon chemisier. Un seul. Ses doigts touchent ma peau, juste au-dessus de mon cœur. Brûlants. Électriques. Je sens mon téton se durcir sous le tissu.--- Ou ça ?Il défait le deuxième bouton. Sa main s'insinue, écarte le chemisier, effleure la dentelle de mon soutien-gorge. Son pouce caresse la naissance de mon sein, juste là où la peau est la p
DamonJe ne prends pas le temps de la contempler. Le besoin est trop pressant, trop animal. Je détache ma ceinture, la fais glisser. Elle regarde, hypnotisée, les yeux pleins d’une terreur exaltée. Je la retourne brutalement, face au mur de verre. Elle pose ses paumes à plat contre la surface froid
DamonLa journée du lendemain s’ouvre sur un ciel bas, plombé. Mon bureau, d’une propreté stérile, semble absorber toute la lumière, ne laissant qu’une lueur grise et mate sur les surfaces lisses.L’annulation de mes rendez-vous du matin a laissé un vide dans mon agenda. Un blanc. Ce blanc, au lieu
LaurenceLe couloir est un tunnel blanc et froid qui semble s’étirer à l’infini. Mes pieds nus sur le marbre résonnent comme des battements de cœur précipités. Mes talons , mes armes , sont restés dans son bureau, près de la baie vitrée où le monde entier aurait pu nous voir. L’étoffe déchirée de m
DamonAprès une nuit paisible , le lendemain, je suis déjà d'attaque .La salle d’attente du quarante-sixième étage est un espace de silence tendu, presque chirurgical. L’air y est immobile, filtré, d’une température parfaite qui ne parvient pas à masquer la transpiration froide de l’homme assis en







