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CHAPITRE 2 : LE GOÛT DU MENSONGE 1

Author: Déesse
last update Petsa ng paglalathala: 2026-03-13 01:25:34

Puis il tourne lentement le visage vers moi. Ses yeux sont deux braises. Et au lieu de la colère que j'anticipais, j'y discerne autre chose. Quelque chose qui s'apparente à du désir.

Sa bouche écrase la mienne.

C'est violent. C'est brutal. C'est un baiser guerrier, point un baiser amoureux. Ses lèvres sont sèches, gercées, elles portent le goût du tabac et de l'alcool. Sa langue force le passage, envahit ma cavité buccale, et je devrais la mordre, je devrais la trancher, je devrais le repousser.

Je réponds.

Mes incisives mordent sa lèvre inférieure. La saveur du sang éclate sur nos langues. Il émet un grognement, un son animal, et ses mains descendent le long de mon corps, empoignent mes hanches, me plaquent avec plus de vigueur contre le mur.

Ses doigts remontent sous ma jupe.

L'air est glacial sur ma peau dénudée. Sa main est brûlante, rugueuse, les cicatrices de ses jointures râpent ma cuisse. Il ne sollicite pas. Il ne négocie pas. Il s'empare.

Sa paume se plaque contre mon sexe à travers la dentelle de mon sous-vêtement. Je suis humide. Putain, je suis tellement trempée que j'en éprouve de la honte. Que j'en conçois du dégoût. Que j'en ressens l'envie.

— Salope, souffle-t-il contre ma bouche. Tu es trempée pour moi.

Il écarte la dentelle d'un geste brusque. Un bruit de déchirure advient. Peu importe. Ses doigts découvrent ma fente, glissent dans mon humidité, explorent, s'insinuent.

Deux doigts. D'un seul coup.

Je hurle. Ma tête part en arrière, heurtant le mur. La douleur et le plaisir se confondent, impossibles à distinguer. Ses doigts pompent en moi, rapides, brutaux, sans préliminaires, sans clémence.

— Putain, tu es étroite, grogne-t-il.

Sa bouche mord ma gorge. Sa barbe râpe mon épiderme. Ses doigts poursuivent leur va-et-vient, plongeant en moi, me comblant, me violent et me font jouir simultanément.

Mes mains s'accrochent à ses épaules. Je devrais le griffer. Je devrais le repousser. J'enfonce mes ongles dans sa chair à travers sa chemise, et il grogne de plaisir.

— Oui, fait-il. Oui, inflige-moi la douleur. Rends-la moi.

Ses doigts accélèrent. Son pouce rencontre mon clitoris, appuie, frictionne, insiste. Je perçois l'orgasme qui monte, cette vague thermique qui émane du ventre et qui envahit tout, et je ne veux pas, je ne veux pas jouir pour lui, pas de cette manière, pas dans cette ruelle sordide, pas contre ce mur où des dizaines d'autres ont dû...

Cela m'emporte.

La jouissance me submerge telle une lame de fond, m'arrache un cri que j'étouffe contre son épaule. Mon corps tremble, convulse, se vide autour de ses doigts. Il maintient le mouvement, prolongeant mon supplice, extirpant de moi chaque spasme, chaque goutte de plaisir.

— Voilà, chuchote-t-il. Voilà.

Quand enfin je retombe, pantelante, adossée au mur, il retire ses doigts. Il les porte à ses lèvres. Il les lèche. Un par un. Sans me quitter des yeux.

— Tu as le même goût, dit-il. Le même goût qu'avant.

Il recule d'un pas. Il défait sa ceinture. Le cliquetis du métal dans le silence. Sa braguette qui cède. Son sexe apparaît, dur, luisant à la lueur du réverbère.

Il s'approche de nouveau. Une main sur ma hanche pour me maintenir. L'autre qui guide son membre contre mon entrée.

— Regarde-moi.

J'obéis. Je plonge mes yeux dans les siens. Il est si proche que je pourrais compter les cicatrices minuselles qui constellent ses pommettes.

— Dis-moi que tu ne veux pas.

Je ne dis rien.

— Dis-moi que tu ne veux pas, et j'arrête.

Le silence s'éternise. Le réverbère grésille. Une porte claque quelque part. Mon cœur tambourine contre mes côtes.

— Je ne peux pas, articulé-je enfin.

— Tu ne peux pas quoi ?

— Je ne peux pas dire que je ne veux pas.

Il ferme les yeux une seconde. Une seule. Quand il les rouvre, ils sont plus sombres, plus profonds, plus désespérés.

— Moi non plus, murmure-t-il.

Il pénètre en moi.

D'un mouvement lent. Mesuré. Douloureusement lent. Il remplit chaque centimètre de mon corps, chaque repli de mon être. Je sens ses testicules contre mes fesses quand il est entièrement en moi. Je sens son souffle chaud sur mon visage. Je sens ses doigts qui s'enfoncent dans mes hanches.

— Sofia, souffle-t-il.

Et ce mot, mon prénom, dit comme il le dit, avec cette intonation de supplication et de possession mêlées, me brise davantage que toute la violence du monde.

Il commence à bouger.

Chaque mouvement est une déclaration de guerre. Chaque poussée, un reproche. Chque retrait, une accusation. Il me prend comme on prend une ville assiégée, comme on conquiert un territoire ennemi, comme on marque au fer rouge son bien.

Je l'entoure de mes jambes. Mes talons croisés dans son dos. Il peut aller plus profond ainsi. Il ne s'en prive pas.

— Tu sens ça ? souffle-t-il. Tu sens comme ton corps m'appartient ?

Je ne réponds pas. Je ne peux pas. Les mots se sont envolés, remplacés par des gémissements que je ne contrôle plus.

— Dis-le.

Non.

— Dis que tu es à moi.

Je secoue la tête. Il accélère. Chaque coup est plus puissant, plus profond, plus dévastateur.

— Dis-le, Sofia.

— Non, articulé-je dans un souffle.

Il ralentit. Presque jusqu'à l'arrêt. Il me regarde, et dans ses yeux, il y a une telle intensité que j'ai l'impression qu'il voit mon âme.

— Dis-le, et je te fais jouir. Encore. Tout de suite.

Le marché est obscène. Le marché est scandaleux. Le marché est exactement ce dont j'ai besoin.

— Je suis à toi.

Les mots franchissent mes lèvres avant que j'aie pu les retenir. Et à l'instant où ils résonnent dans la ruelle, je sens que c'est vrai. D'une manière que je ne comprends pas encore. D'une manière qui me terrifie.

Il sourit. Un vrai sourire, pour la première fois de la nuit. Un sourire qui le rend presque beau, presque humain, presque aimable.

— Je sais, dit-il.

Et il me donne ce qu'il a promis.

Il me reprend avec une fureur renouvelée, et le deuxième orgasme est plus violent que le premier. Il m'arrache des larmes, des cris, des spasmes incontrôlables. Je jouis en hurlant son nom contre son cou, en labourant son dos de mes ongles, en le serrant si fort que nos corps ne font plus qu'un.

Il jouit en moi une seconde plus tard. Je sens ses jets chauds, profonds, abondants. Je sens ses tremblements, les mêmes que les miens. Je sens son front qui s'appuie contre le mien, son souffle court, son corps qui s'abandonne.

Longtemps, nous restons ainsi. Enlacés contre ce mur sordide. Unis par nos sexes, nos sueurs, nos souffrances mêlées.

Puis il se retire. Il rajuste son pantalon. Il me regarde, debout contre le mur, la jupe relevée, la culotte déchirée, le corps marqué.

— À demain, dit-il.

Il tourne les talons. Il s'enfonce dans la nuit. Il disparaît.

Je reste là, seule, tremblante, vide et pleine à la fois.

Et je sais, avec une certitude absolue, que ce n'est que le commencement.

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