登入Il m'embrasse dans le cou, sur les épaules, entre les seins. Sa bouche descend lentement, éveillant chaque parcelle de ma peau. Je gémis doucement, et ce son, ce premier gémissement depuis trois mois, semble le galvaniser.— J'aime t'entendre, murmure-t-il contre mon ventre. J'aime te sentir réagir à mes caresses.— Continue.Il continue. Ses lèvres explorent mon corps avec une dévotion patiente, s'attardant sur mes points sensibles, contournant mes zones encore fragiles. Le désir monte, timide puis impérieux, et je me surprends à arquer le dos, à chercher son contact, à gémir son nom.— Kaelan...— Oui, mon amour ?— Prends-moi. Maintenant.Il se redresse, s'installe entre mes cuisses, me regarde dans les yeux. Je lis dans son regard toute la tendresse du monde, et aussi une flamme que je n'avais pas vue depuis trop longtemps.— Si ça fait mal, dis-le.— Je te le dirai.Il me pénètre lentement
NerinaTrois mois se sont écoulés depuis la naissance d'Océan. Trois mois de nuits hachées, de journées épuisantes, de bonheurs minuscules et immenses. Notre fils est un bébé exigeant, curieux, avide de vie, et il réclame toute notre attention, tout notre temps, toute notre énergie.Mais cet après-midi, miracle des miracles, il dort. D'un sommeil profond, paisible, qui nous laisse enfin seuls.Kaelan et moi sommes allongés sur le lit de branchages, côte à côte, sans nous toucher. C'est étrange, cette distance qui s'est installée entre nous sans que nous nous en rendions compte. Trois mois que nos corps ne se sont pas cherchés, trois mois que la fatigue a remplacé le désir, trois mois que nous sommes devenus parents avant d'être amants.— Nerina, murmure-t-il, sans me regarder.— Oui ?— Tu me manques.Je me tourne vers lui. Il fixe le toit de palmes, les mâchoires serrées, comme s'il luttait contre une émotion
NerinaLa douleur me réveille au cœur de la nuit, une douleur sourde, profonde, qui part de mes reins et irradie dans tout mon ventre. Je reste d'abord immobile, haletante, à écouter mon corps qui se transforme, qui se prépare, qui accomplis ce pour quoi il a été conçu.— Kaelan, murmuré-je.Il est debout en un instant, ses yeux d'argent brillant dans la pénombre, sa main trouvant la mienne.— Qu'est-ce qu'il y a ? demande-t-il, la voix rauque d'inquiétude.— Le bébé. Je crois que c'est le moment.Il blêmit, se lève, commence à tourner en rond dans la cabane. Je vois la panique monter en lui, malgré tous ses efforts pour la contenir.— Que faut-il faire ? Dis-moi ce qu'il faut faire.— De l'eau chaude. Des linges propres. Et ta présence. Surtout ta présence.Il s'affaire, allume le feu, met de l'eau à chauffer, prépare ce que nous avons prévu avec Cora. Nous savions que ce jour viendrait, nous
Je regarde la petite bouture, si fragile, si pleine de promesses, et je sens une émotion étrange m'étreindre. C'est la première fois que je crée quelque chose, que je participe à la croissance du monde au lieu de sa destruction.— C'est étrange, dis-je. J'ai passé ma vie à fuir, à me battre, à survivre. Et maintenant, je plante des coraux.— Tu passes de la survie à la vie. C'est une grande différence.— Oui. Une grande différence.Nous restons dans la clairière sous-marine, suspendus au-dessus du sable, à regarder le jardin que nous venons de créer. Les poissons s'approchent, curieux, leurs écailles brillantes comme des confettis dans la lumière. Une tortue passe au loin, indifférente à notre présence.— Nerina, dit Kaelan.Sa voix est sérieuse, grave, comme au moment des grandes décisions.— Oui ?— J'ai quelque chose à te demander.Il s'approche de moi, me prend les mains, me regarde dans l
L'amour que nous faisons ce soir-là est différent. Plus lent, plus profond, plus sacré. Ce n'est plus l'urgence des corps qui se cherchent dans la peur, c'est la communion de deux êtres qui ont trouvé leur place dans le monde. Kaelan me déshabille avec des gestes de prêtre, déposant des baisers sur chaque centimètre de peau découvert, et je me sens reine, déesse, immortelle.— Tu es si belle, murmure-t-il contre mon ventre, où la vie nouvelle grandit déjà en secret. Si belle, et si courageuse, et si mienne.— Je suis tienne, oui. Et toi mien. Pour toujours.Il remonte le long de mon corps, sa bouche trace un chemin de feu sur ma peau, et quand il me pénètre enfin, je pousse un cri de pure félicité. Nous bougeons ensemble, lentement, en rythme avec la mer qui chante dehors, et je sens que chaque vague qui s'écrase sur la plage est une bénédiction.— Encore, souffle-t-il. Encore.Et nous nous aimons jusqu'à ce que les étoiles atte
NerinaLa première semaine est une symphonie de découvertes. Chaque matin, je m'éveille avant l'aube, impatiente d'explorer notre royaume. Kaelan dort encore, son corps détendu, son visage enfin apaisé des tourments de la guerre. Je reste allongée près de lui, à le regarder respirer, à compter les battements de son cœur contre ma paume, et je remercie silencieusement la mer de nous avoir épargnés.— Tu me regardes encore, grommelle-t-il sans ouvrir les yeux. Tu vas finir par user mon visage à force de le dévorer du regard.— Je m'en lasse jamais. C'est mon occupation préférée.— Menteuse.— Vérifie.Il ouvre un œil, puis l'autre, et son sourire paresseux me fait fondre comme au premier jour.— Viens ici, femme.Je me blottis contre lui, ma tête au creux de son épaule, et nous écoutons le réveil de l'île. Les oiseaux commencent leurs chants, le vent froisse les palmes, la mer monte doucement sur le sabl
ZorahLa femme frêle esquisse une ombre de révérence. Ses yeux noirs sont immenses dans son visage pâle, des yeux de biche effarouchée qui semblent toujours au bord des larmes. Elle est belle, d'une beauté fragile et mélancolique qui inspire plus la pitié que l'envie.— Et voici Amina, la troisième
ZorahMon cœur s'arrête.— Il est vivant. Mes hommes l'ont assommé, pas tué. Il est prisonnier dans une forteresse à trois jours d'ici. Ta tante aussi. Et ils le resteront tant que tu te montreras... coopérative.Un flot de soulagement me submerge, aussitôt suivi par une vague de terreur encore plu
Zorah Le palais est un monde en soi, une cité close où tout semble régi par des règles invisibles que je ne connais pas. Les femmes que je croise baissent les yeux sur mon passage. Les hommes détournent le regard. Personne ne me parle, personne ne semble même me voir. Je suis un fantôme, une ombre
Zorah Nous franchissons les grandes portes au galop, sans ralentir. Des gardes en turban blanc s'inclinent sur notre passage, leurs lances scintillant dans la lumière déclinante. Nous traversons une première cour, puis une deuxième, puis une troisième, chacune plus somptueuse que la précédente. De







