Home / Romance / SPICY HOT 4 / Chapitre 5 : La Plume et le Poignard

Share

Chapitre 5 : La Plume et le Poignard

Author: Déesse
last update publish date: 2026-06-04 05:23:34

Zorah

Mon cœur s'arrête.

— Il est vivant. Mes hommes l'ont assommé, pas tué. Il est prisonnier dans une forteresse à trois jours d'ici. Ta tante aussi. Et ils le resteront tant que tu te montreras... coopérative.

Un flot de soulagement me submerge, aussitôt suivi par une vague de terreur encore plus grande. Ils sont vivants. Mon père est vivant. Ma tante est vivante. Mais ils sont prisonniers, et leur sort dépend de mon obéissance. Il les tient. Il me tient.

— Vous êtes un monstre, dis-je dans un souffle.

— Oui, répond-il simplement, sans s'offusquer. Mais je suis un monstre qui tient ses promesses. Sois une épouse docile, et ils seront bien traités. Le jour où ils pourront rentrer chez eux dépendra de toi, de ta capacité à me satisfaire, à me plaire, à devenir mienne de ton plein gré.

— Leur liberté contre ma soumission ?

— Exactement.

Son visage est tout près du mien maintenant. Ses yeux noirs plongent dans les miens, et je m'y perds malgré moi. Il y a quelque chose d'hypnotique dans ce regard, une force magnétique qui attire et qui repousse en même temps. Je voudrais le haïr. Je le hais. Mais je suis obligée de reconnaître qu'il y a en lui une puissance qui dépasse tout ce que j'ai connu, une présence qui écrase tout sur son passage.

— Tu seras ma quatrième épouse, dit-il. Les autres t'attendent. Elles te prépareront pour la nuit de noces. Après-demain, quand la lune sera pleine, tu seras mienne.

— Jamais je ne serai vôtre.

— Nous verrons.

Il me lâche brusquement et recule. La perte de son contact est presque douloureuse, comme si une bouffée de chaleur venait de m'être retirée. Je vacille, me rattrape.

— Emmenez-la, ordonne-t-il aux servantes restées en retrait. Conduisez-la au hammam. Qu'on la prépare pour la présentation. Les autres épouses l'attendent.

Les servantes s'inclinent et me prennent par les bras. Je me laisse entraîner, trop épuisée, trop bouleversée pour résister. Sur le seuil de la porte, je me retourne une dernière fois.

Tariq al-Mahadi est retourné s'asseoir sur son estrade. Dans la pénombre qui retombe, ses yeux brillent comme deux charbons ardents. Il ne sourit plus. Il me regarde simplement, avec une intensité qui me donne la chair de poule.

— À bientôt, petite tigresse, dit-il d'une voix douce qui me glace jusqu'aux os.

La porte se referme derrière moi.

Je suis sa captive. Sa future épouse. Un pion dans un jeu dont je ne connais pas les règles. Mon père et ma tante sont en vie, mais leur sort dépend de mon obéissance. Si je cède, ils seront libres. Si je résiste, ils mourront. Le choix est simple, terrible, impossible.

Les servantes m'entraînent dans un nouveau dédale de couloirs. Nous descendons des escaliers, traversons des cours ombragées, longeons des murs couverts de fresques représentant des chasses au faucon et des batailles antiques. Partout, le luxe le dispute à la démesure. Partout, je sens le poids du pouvoir qui m'écrase.

Enfin, nous arrivons devant une porte basse, surmontée d'un arc en fer à cheval. Une vapeur parfumée s'en échappe, tiède et enveloppante. La porte s'ouvre, et je découvre le hammam.

La salle est une merveille de marbre blanc veiné de rose. Des colonnes soutiennent un plafond en forme de coupole percé de petites ouvertures par où filtre la lumière du matin. Au centre, un bassin d'eau chaude fume doucement, entouré de vasques plus petites où flottent des pétales de roses. Des canapés de marbre courent le long des murs, recouverts de coussins moelleux. L'air est chargé de vapeur et de parfums, un mélange enivrant de rose, de jasmin et de fleur d'oranger.

Et au milieu de cette splendeur, trois femmes m'attendent.

Elles sont vêtues de simples pagnes de coton blanc qui ne cachent presque rien de leurs corps. Leurs cheveux sont dénoués, leurs visages nus. Elles me regardent approcher avec des expressions différentes. La première, la plus âgée, me fixe avec une hostilité glaciale qui me fait l'effet d'une douche froide. La deuxième, frêle et pâle, baisse les yeux comme si ma présence la terrifiait. La troisième, ronde et souriante, m'observe avec une curiosité presque enfantine.

Ce sont les épouses de Tariq al-Mahadi.

Et l'une d'entre elles, je le sens immédiatement, sera mon ennemie mortelle.

Le hammam est une bulle hors du temps, un univers de vapeur et de silence à peine troublé par le murmure de l'eau qui coule. Les trois femmes me dévisagent sans un mot, et je soutiens leurs regards en priant pour que mes jambes ne fléchissent pas. La plus âgée, celle au regard d'acier, fait un pas vers moi. Elle est plus grande que je ne le pensais, élancée comme une lame de poignard.

— Voici donc la nouvelle, dit-elle d'une voix traînante où perce un accent que je ne reconnais pas. La fille du désert. La petite marchande.

— Je m'appelle Zorah, dis-je.

— Je sais comment tu t'appelles. Tariq ne parle que de toi depuis que ses éclaireurs l'ont informé qu'une caravane passerait par l'oued. Une fille aux yeux de braise, aux cheveux de nuit, qui monte à cheval comme un homme. Il était obsédé avant même de t'avoir vue.

Ces paroles me frappent comme un coup de fouet. Il savait. Il savait que notre caravane passerait par là. Il a planifié l'attaque. Ce n'était pas un hasard, une rencontre fortuite. C'était une traque.

— Tu sembles surprise, reprend la femme avec un sourire cruel. Tu croyais que c'était le destin qui t'avait jetée entre ses mains ? Non, ma chère. Tariq obtient toujours ce qu'il veut. Et il te voulait, toi. Depuis des semaines.

— Qui êtes-vous ? dis-je d'une voix que je veux ferme.

— Je suis Laila. La première épouse. Celle qui a partagé sa couche quand tu n'étais encore qu'une enfant. Celle qui lui a donné son premier fils. Celle qui règne sur ce harem.

Elle prononce ces mots comme on déclare une guerre. Sa main se lève et désigne les deux autres femmes.

— Voici Yasmin, la deuxième épouse. Une princesse du Nord, offerte par son père pour sceller une alliance. Elle ne parle presque jamais, ce qui est une bénédiction.

Continue to read this book for free
Scan code to download App

Latest chapter

  • SPICY HOT 4    Chapitre 96 — La Légende Éternelle

    Nerina Le retour sur mon île natale est plus douloureux que je ne l'avais imaginé. Les collines vertes, les palmiers, les toits de chaume, tout me rappelle mon enfance, mes peurs, mes espoirs brisés. Mais maintenant, je reviens en reine, avec mon époux et mon fils, et rien ne peut plus m'atteindre. Kaelan tient ma main, Océan dans ses bras. Nous marchons vers la maison de mes parents, et je vois les villageois s'arrêter, chuchoter, se prosterner devant celle qu'ils croyaient morte. — Nerina ! crie une voix. Ma mère apparaît, vieillie, courbée, les cheveux blancs. Elle court vers moi, les bras tendus, et je me laisse étreindre, sans savoir si je dois rire ou pleurer. — Ma fille, ma fille, tu es vivante, répète-t-elle en sanglotant. — Je suis vivante, mère. Et je suis revenue. Mon père sort de la maison, s'arrête sur le seuil, me regarde comme on regarde un fantôme. Puis il tombe à genoux, le visage baigné de larmes. — Pardonne-moi, Nerina. Pardonne-moi pour tout. Je m'avance

  • SPICY HOT 4    Chapitre 95— Le Fantôme de Thorne

    NerinaNous rentrons à l'Île Promise avec le sentiment que la page est tournée, que la paix est enfin possible. Cora est restée au village voisin, sur l'île aux Tortues, pour organiser le transfert de l'héritage du Gouverneur. Kaelan et moi retrouvons notre cabane, nos habitudes, notre fils, et la vie reprend son cours paisible.Mais le danger, lui, n'a pas dit son dernier mot.Cela commence par des signes infimes : une branche cassée près du sentier, une trace de botte dans le sable, une odeur de fumée qui n'est pas la nôtre. Kaelan s'arrête soudain, hume l'air, pose une main protectrice sur l'épaule d'Océan.— Quelqu'un est venu, dit-il. Récemment.— Thorne ?— Je ne sais pas. Mais c'est possible.Nous redoublons de vigilance, nous cachons nos biens les plus précieux, nous préparons des caches et des issues de secours. La nuit, Kaelan monte la garde, et je reste près d'Océan, un couteau sous l'oreiller.La confrontation éclate un matin, alors que je cueille des mangues dans la clair

  • SPICY HOT 4    Chapitre 94— La Lettre du Gouverneur

    NerinaTrois jours après l'arrivée de Cora, une autre voile apparaît à l'horizon. Mais cette fois, elle est plus grande, plus lente, et elle bat pavillon parlementaire, ce drapeau blanc que nous n'avons jamais vu sans une pointe de méfiance.— Un parlementaire, dit Kaelan, les yeux plissés. C'est soit une ruse, soit une demande de paix.— Tu penses que c'est un piège ?— Je pense que le vieux Gouverneur est aux abois. S'il envoie un parlementaire, c'est qu'il n'a plus les moyens de nous faire la guerre.Nous regardons le navire jeter l'ancre à distance respectueuse, une chaloupe s'en détacher, approcher lentement de la plage. Kaelan se tient debout, les bras croisés, son sabre à la ceinture. Je suis à ses côtés, Océan dans les bras, Cora légèrement en retrait, prête à réagir.L'homme qui descend de la chaloupe est un officier en uniforme, visiblement nerveux, tenant un rouleau de parchemin scellé de cire rouge. Il avance, s'arrête à dix pas.— J'ai un message pour le capitaine Kaelan,

  • SPICY HOT 4    Chapitre 93 — Le Retour de Cora

    NerinaLe soleil décline sur l'Île Promise, peignant le ciel de traînées orangées et violettes qui se reflètent sur la mer comme des coulées de miel et de vin. Je suis assise sur le seuil de notre cabane, Océan endormi contre mon épaule, sa respiration régulière et chaude contre mon cou. Kaelan est parti pêcher dans le lagon, et j'entends au loin le clapotis de ses pas dans l'eau peu profonde, le bruit rassurant de sa présence qui veille.C'est alors que je la vois. Une voile, minuscule, à l'horizon, qui grandit lentement comme un oiseau fatigué qui rentre au nid. Mon cœur s'accélère, l'instinct reprend le dessus, cette méfiance que nous n'avons jamais tout à fait perdue. Je me lève sans réveiller Océan, je plisse les yeux, je cherche des détails, des indices.— Kaelan ! appelé-je d'une voix qui porte sur l'eau.Il se redresse, ses mains tenant un poisson argenté, son corps ruisselant dans la lumière dorée. Il suit mon regard, se fige, laisse tomber le poisson.— Un navire, dit-il sim

  • SPICY HOT 4    Chapitre 92 — L'Apprentissage d'Océan

    Nous passons l'heure suivante à initier Océan aux joies de l'eau. Kaelan le tient sous les bras et le fait flotter sur le dos, puis sur le ventre. Il souffle des bulles, il attrape les petits poissons qui passent, il se laisse porter par les vaguelettes. Je nage autour d'eux, je filme mentalement chaque instant, je grave ces souvenirs dans ma mémoire pour les jours sombres, s'il y en a.— À toi, maintenant, dit Kaelan en me tendant le bébé.Je le prends, je le serre contre moi, et je l'emmène un peu plus loin, là où l'eau est assez profonde pour qu'il sente la portance. Il s'agrippe à mon cou, confiant, et je sens sa poitrine contre la mienne, nos cœurs battant en rythme.— Tu vois, mon trésor, murmuré-je. Tu vois comme c'est doux ? La mer nous protège. Elle nous a toujours protégés.Océan me regarde avec ses grands yeux sombres, et je me revois, des années plus tôt, tremblante de peur sur le pont de La Veuve, incapable de plonger. Le ch

  • SPICY HOT 4    Chapitre 91 — L'Apprentissage d'Océan

    Il m'embrasse dans le cou, sur les épaules, entre les seins. Sa bouche descend lentement, éveillant chaque parcelle de ma peau. Je gémis doucement, et ce son, ce premier gémissement depuis trois mois, semble le galvaniser.— J'aime t'entendre, murmure-t-il contre mon ventre. J'aime te sentir réagir à mes caresses.— Continue.Il continue. Ses lèvres explorent mon corps avec une dévotion patiente, s'attardant sur mes points sensibles, contournant mes zones encore fragiles. Le désir monte, timide puis impérieux, et je me surprends à arquer le dos, à chercher son contact, à gémir son nom.— Kaelan...— Oui, mon amour ?— Prends-moi. Maintenant.Il se redresse, s'installe entre mes cuisses, me regarde dans les yeux. Je lis dans son regard toute la tendresse du monde, et aussi une flamme que je n'avais pas vue depuis trop longtemps.— Si ça fait mal, dis-le.— Je te le dirai.Il me pénètre lentement

  • SPICY HOT 4    Chapitre 6 : Le Bain de l'Épouse

    ZorahLa femme frêle esquisse une ombre de révérence. Ses yeux noirs sont immenses dans son visage pâle, des yeux de biche effarouchée qui semblent toujours au bord des larmes. Elle est belle, d'une beauté fragile et mélancolique qui inspire plus la pitié que l'envie.— Et voici Amina, la troisième

  • SPICY HOT 4    Chapitre 4 : Le Palais d'Or et d'Ombre 2

    Zorah Le palais est un monde en soi, une cité close où tout semble régi par des règles invisibles que je ne connais pas. Les femmes que je croise baissent les yeux sur mon passage. Les hommes détournent le regard. Personne ne me parle, personne ne semble même me voir. Je suis un fantôme, une ombre

  • SPICY HOT 4    Chapitre 3 : Le Palais d'Or et d'Ombre

    Zorah Nous franchissons les grandes portes au galop, sans ralentir. Des gardes en turban blanc s'inclinent sur notre passage, leurs lances scintillant dans la lumière déclinante. Nous traversons une première cour, puis une deuxième, puis une troisième, chacune plus somptueuse que la précédente. De

  • SPICY HOT 4    Chapitre 2 : L'Attaque de la Caravane 2

    Zorah Je vois le premier de nos gardes tomber. Un jeune homme que je connais depuis l'enfance, qui s'appelait Hakim et qui rêvait de devenir poète. Un cimeterre s'abat sur sa gorge, et un flot de sang jaillit, rouge vif, presque irréel dans la lumière éclatante du soleil. Son corps bascule de sa s

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status