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Chapitre 39 : Le Seuil 2

مؤلف: Déesse
last update آخر تحديث: 2026-01-13 00:08:33
Karim

Sa main se plaque soudain sur mon torse, non pas pour attirer, mais pour repousser. Un mouvement faible d’abord, puis plus ferme.

— Non.

Le mot est un souffle. Un glaçon planté dans la fournaise.

Je gèle, mon corps en suspens, chaque muscle tendu à se rompre.

— Quoi ? je murmure, la tête bourdonnante, incapable de comprendre.

— Non, Karim. Arrête.

Cette fois, sa voix est distincte. Elle tremble, mais elle est là. Elle est réelle. Je relève la tête pour la regarder.

Son visage est inondé de larmes. Pas les larmes de passion ou de chagrin partagé de tout à l’heure. Ce sont des larmes de panique. De terreur absolue. Son regard, noyé, fuit le mien, fixant un point derrière mon épaule, vers la maison sombre et vide.

— Je… je ne peux pas, sanglote-t-elle. Je ne peux pas faire ça.

La douleur est si immédiate, si violente, qu’elle me vole le souffle. C’est une amputation. Un refroidissement soudain de tout mon sang.

— Leïla… nous… nous y sommes.

— C’est justement pour ça ! crie-t-elle,
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    LeïlaLa carte dans ma poche cachée brûle, comme un tison. Je nettoie le tajine carbonisé, les gestes mécaniques, l’esprit en tornade. Les mots du Sheikh tournent en boucle. Distrait. Préoccupé par des ombres dans sa propre maison. Il sait. Il ne sait pas tout, mais il flaire le désordre, la faille. Youssef a-t-il vraiment commis des imprudences ? Des « investissements personnels » qui menacent l’arbre Al-Mansouri ? Ou bien le vieil homme invente-t-il un prétexte pour me sonder, moi, l’épaisseur du silence entre les murs de cette villa ?L’odeur de brûlé résiste, tenace. Elle se mêle à la trace de oud laissée par l’homme, un mélange nauséabond de menace et de contrôle. Je jette les restes noircis à la poubelle. La nourriture est perdue. L’illusion de sérénité aussi.Je monte à l’étage, vers la chambre. Le couloir est trop silencieux. Chaque pas résonne. Je m’arrête devant la porte de la chambre d’amis. Celle de Karim. Elle est entrouverte. Je pousse le battant, le cœur battant pour un

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