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Chapitre 6: une force dissimulée

Author: dainamimboui
last update publish date: 2026-01-10 22:27:10

Le soleil était à peine levé lorsque Diel ouvrit les yeux, encore engourdi par le sommeil. Une odeur de cuir et de métal flottait déjà dans les couloirs du palais, mêlée à celle plus puissante et musquée… d’un alpha.

Il n’eut pas à chercher bien loin.

— Debout, altesse. Ordre de ton père, déclara une voix grave en ouvrant les rideaux sans cérémonie.

— Riven ? marmonna Diel en se frottant les yeux. Qu’est-ce que tu fais ici si tôt ?

L’alpha sourit, appuyé contre le chambranle de la porte, déjà vêtu de sa tenue d’entraînement. Une tunique noire, des gants à demi retirés, une épée pendue à sa hanche. Il rayonnait d’assurance.

— Ton père veut que tu t’entraînes. Et c’est moi qu’il a désigné pour t’y obliger.

Diel grogna, tira le drap sur sa tête, puis, à contrecœur, se leva.

La salle d’entraînement était grande, pavée de pierres polies, les murs tapissés d’armes en tout genre. Le sol crissait sous les bottes, et la lumière du matin filtrait par les hautes fenêtres. Des soldats s’exerçaient déjà dans un coin, mais l’espace central avait été réservé pour eux.

Diel se tenait là, une épée en main, le souffle court, le front perlé de sueur. En face de lui, Riven ne semblait pas même échauffé.

Depuis une demi-heure, ils combattaient. Et depuis une demi-heure, Diel perdait. Non pas par manque de courage — mais parce que chaque mouvement de l’alpha était parfaitement exécuté. Fluide. Puissant. Précis.

— Encore, ordonna Riven.

Diel grimaça mais s’élança, levant son arme avec une rage contenue. Il tenta une feinte sur la gauche, puis une rotation rapide, visant le flanc.

Clac.

Sa lame fut projetée en l’air avant même qu’il n’ait pu comprendre comment. Riven avait anticipé, contré, puis désarmé… en trois mouvements à peine visibles.

— C’est frustrant, hein ? glissa-t-il, un sourire au coin des lèvres.

— Tu pourrais… au moins me laisser un peu d’honneur, grogna Diel, essoufflé.

— Ce n’est pas de l’honneur que je t’apprends. C’est la survie.

Diel voulut répliquer mais une voix derrière eux l’interrompit.

— Impressionnant.

Ils se retournèrent.

Kael. L’empereur. Imposant, vêtu de noir et d’or, les bras croisés sur sa poitrine.

Son regard passa brièvement sur son fils, puis s’attarda sur Riven.

— Vous avez un style remarquable, lieutenant, dit-il calmement. Bien plus affûté que celui de la plupart de mes généraux.

Riven s’inclina légèrement.

— Merci, majesté.

— Vous accepteriez un échange de coups avec moi ? Juste pour voir.

Diel écarquilla les yeux.

— Père…

— Je ne vais pas le tuer, souffla Kael avec un sourire amusé. Mais je veux tester ce fameux lieutenant. L’occasion est trop belle.

Riven hocha la tête, et s’avança sans un mot.

Ils s’installèrent en cercle, les soldats autour s’arrêtèrent aussitôt. Le silence se fit dans toute la salle.

Les deux alphas se firent face.

Un frisson parcourut l’air. Phéromones tendues. Instincts aiguisés. Deux prédateurs dans l’arène.

Premier choc. Leurs lames se rencontrèrent dans un éclair d’acier. Kael frappa avec force, Riven recula d’un pas. Deuxième échange. Riven contre-attaque, vif, précis. Les spectateurs retinrent leur souffle.

Troisième échange. Kael fronce les sourcils. Il est bon. Très bon.

Mais quelque chose cloche.

Riven… retient ses coups.

Kael le sent.

Il feinte une ouverture, volontairement. Riven s’en approche, mais ne frappe pas à pleine puissance. Il laisse tomber sa garde juste assez pour que Kael puisse le désarmer avec panache.

— Ah ! déclara l’empereur, triomphant, en plaquant la lame sur l’épaule de Riven. Vous êtes rapide, lieutenant. Mais il vous manque encore un brin de… maîtrise.

Riven s’inclina.

— Je vous remercie pour la leçon, majesté.

Kael recula, satisfait. Mais au fond de lui, un doute venait de naître. Juste une sensation, brève, fugace. Comme une note dissonante au milieu d’un chant parfait.

Diel s’approcha de Riven alors que les soldats retournaient à leurs exercices.

— Tu l’as laissé gagner, souffla-t-il.

Riven ne répondit pas.

— Pourquoi ?

— Parce que je suis lieutenant. Pas empereur.

Il ramassa son épée et la rengaina. Puis il ajouta, d’une voix plus grave :

— Il ne faut jamais révéler tout ce qu’on sait faire. Surtout pas ici.

Diel le fixa, troublé.

— Tu caches des choses.

— Toi aussi.

Ils restèrent là un moment, face à face, dans le silence chargé d’un non-dit profond. Riven lui adressa un sourire, puis lui tendit la main.

— Viens. Je vais t’apprendre à respirer entre les coups.

Diel hésita… puis attrapa cette main tendue.

Il ignorait encore à quel point elle allait l’attirer — et le lier.

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