LOGINLe soleil était à peine levé lorsque Diel ouvrit les yeux, encore engourdi par le sommeil. Une odeur de cuir et de métal flottait déjà dans les couloirs du palais, mêlée à celle plus puissante et musquée… d’un alpha.Il n’eut pas à chercher bien loin.— Debout, altesse. Ordre de ton père, déclara une voix grave en ouvrant les rideaux sans cérémonie.— Riven ? marmonna Diel en se frottant les yeux. Qu’est-ce que tu fais ici si tôt ?L’alpha sourit, appuyé contre le chambranle de la porte, déjà vêtu de sa tenue d’entraînement. Une tunique noire, des gants à demi retirés, une épée pendue à sa hanche. Il rayonnait d’assurance.— Ton père veut que tu t’entraînes. Et c’est moi qu’il a désigné pour t’y obliger.Diel grogna, tira le drap sur sa tête, puis, à contrecœur, se leva.La salle d’entraînement était grande, pavée de pierres polies, les murs tapissés d’armes en tout genre. Le sol crissait sous les bottes, et la lumière du matin filtrait par les hautes fenêtres. Des soldats s’exerçaien
La lune filtrait à travers les rideaux fins, jetant une lumière bleutée sur les tentures dorées et les coussins brodés de la chambre princière. Le palais dormait, bercé par le silence solennel de la nuit.Diel, étendu sur le dos, respirait calmement. Il avait mis du temps à trouver le sommeil, hanté encore par l’attaque de la veille. Le visage de l’assaillant, la poigne sur sa gorge, les phéromones dominants… tout cela revenait en boucle dans son esprit. Et pourtant, plus que tout, c’était les yeux de Riven qui l’avaient marqué. Froids. Brillants. Protecteurs.Il dormait depuis à peine deux heures lorsqu’un grincement sourd le tira de son sommeil.Un frisson le parcourut.Quelqu’un venait d’entrer dans sa chambre.Il se redressa d’un coup, le cœur battant, prêt à appeler, mais une silhouette se détacha de l’ombre — grande, droite, familière.— Riven ? souffla-t-il, incrédule.L’alpha s’approcha calmement, le regard plongé dans le sien, une main levée pour lui intimer le silence.— C’e
Le palais était endormi sous le voile paisible de la nuit. Seuls les gardes en faction patrouillaient silencieusement dans les couloirs. Diel, enveloppé dans une longue cape brune, s’était faufilé par une petite issue dissimulée derrière les serres impériales, là où peu de monde allait à cette heure.Il en avait assez.Assez des regards, assez des “attention, votre Altesse”, assez d’être enfermé comme une porcelaine sous cloche. Il avait besoin d’air. De liberté. De sentir les odeurs de la ville, d’entendre les gens vivre, de ne plus être un oméga impérial mais simplement un garçon de dix-sept ans qui voulait exister par lui-même.Il descendit les ruelles escarpées en silence, gardant le cap vers le quartier Est, là où les échoppes restaient ouvertes tard et où il avait l’habitude de déambuler.Mais ce soir-là, la rue semblait étrange. Vide. Trop vide.Alors qu’il s’engageait dans une allée plus étroite, un bruit de pas précipités lui fit tourner la tête. Avant qu’il ne puisse réagir,
La lumière tiède de l’après-midi baignait la chambre impériale. Un parfum doux de fleurs séchées flottait dans l’air tandis que les rideaux de lin ondulaient doucement sous la brise. Assise sur un coussin au sol, Lenae peignait lentement les cheveux sombres et soyeux de Yara, sa petite fille de sept ans, assise en tailleur devant elle.— Tu as de si beaux cheveux, ma douce, murmura Lenae avec un sourire tendre. Ils bouclent comme ceux de ton frère.Yara la regarda par-dessus son épaule avec un petit air curieux.— Tu crois que bébé aura les mêmes ? demanda-t-elle en posant une main minuscule sur le ventre déjà très rond de sa mère.Lenae hocha la tête, une lumière rêveuse dans les yeux.— Peut-être. Ou peut-être qu’il aura les cheveux raides comme ton père. Ce sera la surprise.Elle parlait avec douceur, mais son souffle était court, et chaque mouvement qu’elle faisait était calculé. Le poids du bébé à naître tirait sur son dos et ses jambes, mais elle refusait de céder à la fatigue.
Le soleil commençait à décliner lorsque Diel franchit les grandes grilles du palais impérial. La lumière orangée baignait les dalles blanches, faisant luire l’or des mosaïques incrustées dans les colonnes. Il n’avait pas encore mis un pied dans l’allée que déjà, une voix grave et stressée retentit :— Votre Altesse ! s’écria un garde, essoufflé, les yeux écarquillés. Par le ciel, vous voilà enfin ! Votre père est dans une colère noire. Il vous a cherché toute la journée ! Où étiez-vous ?!Diel ne répondit pas. Le cœur encore troublé par sa rencontre avec “Riven”, il se contenta d’un signe bref, l’air fermé. Il écarta le garde d’un geste de la main, comme l’aurait fait un vrai prince… même si, au fond, il sentait la panique monter. Kael allait encore le gronder. Comme toujours.Les portes en cristal du hall s’ouvrirent lentement, laissant apparaître la chaleur dorée de l’intérieur. À peine avait-il mis un pied sur le tapis que des pas précipités résonnèrent sur le marbre.— Diiieeel !
Le vent soufflait fort ce matin-là sur le palais impérial. Diel, désormais âgé de dix-sept ans, contemplait l’horizon depuis la haute tour des archives. Sous son manteau noir aux broderies dorées, il cachait la clé qu’il utilisait pour s’échapper par la petite grille du mur est. Cela faisait des années qu’il fuyait ainsi, profitant de l’inattention des gardes pour descendre en ville. C’était devenu son seul souffle de liberté.Dans ce monde régi par la hiérarchie des alphas, bêtas et omégas, Diel n’était pas seulement un oméga : il était l’héritier impérial, le fils du grand Kael. Et pourtant, il se sentait parfois comme un oiseau en cage, dorée certes, mais étouffante.Ce jour-là, il attendit que la garde change. À midi pile, il glissa hors de la tour et courut à travers les jardins jusqu’à la grille basse. Il la déverrouilla en silence et disparut dans la foule de la ville d’Arganta.Les rues étaient pleines de vie. Marchands, musiciens, senteurs d’épices et de fleurs séchées. Diel