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Chapitre 5: le visiteur nocturne

Author: dainamimboui
last update publish date: 2026-01-10 22:26:17

La lune filtrait à travers les rideaux fins, jetant une lumière bleutée sur les tentures dorées et les coussins brodés de la chambre princière. Le palais dormait, bercé par le silence solennel de la nuit.

Diel, étendu sur le dos, respirait calmement. Il avait mis du temps à trouver le sommeil, hanté encore par l’attaque de la veille. Le visage de l’assaillant, la poigne sur sa gorge, les phéromones dominants… tout cela revenait en boucle dans son esprit. Et pourtant, plus que tout, c’était les yeux de Riven qui l’avaient marqué. Froids. Brillants. Protecteurs.

Il dormait depuis à peine deux heures lorsqu’un grincement sourd le tira de son sommeil.

Un frisson le parcourut.

Quelqu’un venait d’entrer dans sa chambre.

Il se redressa d’un coup, le cœur battant, prêt à appeler, mais une silhouette se détacha de l’ombre — grande, droite, familière.

— Riven ? souffla-t-il, incrédule.

L’alpha s’approcha calmement, le regard plongé dans le sien, une main levée pour lui intimer le silence.

— C’est moi, murmura-t-il. Désolé de te réveiller… Je devais te voir.

— Mais… comment tu es entré ici ? bredouilla Diel, tirant son drap contre lui. Personne n’entre sans autorisation dans mes appartements, même pas les généraux !

Un sourire étira les lèvres de Riven, doux, presque malicieux.

— Disons que j’ai mes entrées maintenant. J’ai été nommé lieutenant de la garde royale ce matin.

Diel cligna des yeux, confus.

— Quoi ? Par qui ? Comment ?

— Par ton père, l’Empereur. Il voulait renforcer la sécurité après ce qui s’est passé hier soir… Je me suis présenté, il m’a reconnu, et après quelques essais au terrain d’entraînement, il m’a intégré directement.

Diel sentit son cœur battre un peu plus vite. Riven, ici ? Au palais ? Chaque jour ?

— Tu veux dire que tu vis ici maintenant ?

— Dans les quartiers des officiers, oui, confirma-t-il. Pas très loin d’ici, en fait.

Il y eut un silence.

Les yeux de Diel parcouraient lentement le visage de l’alpha. Riven n’était pas en armure, seulement vêtu d’une chemise sombre entrouverte à la gorge. Son odeur, cette chaleur boisée et rassurante, emplissait peu à peu la pièce. Elle chatouillait ses sens, appelait son instinct.

— Je voulais juste m’assurer que tu allais bien, dit Riven en s’approchant un peu plus. L’agression d’hier… ce n’est pas rien. Tu as été très courageux.

— Je n’ai rien fait. C’est toi qui…

— Tu es resté debout. Tu n’as pas crié, ni cédé. Tu t’es battu. Tu t’es montré plus fort que beaucoup d’omégas à ta place.

Diel détourna les yeux, gêné. Il ne savait pas quoi répondre à ce genre de compliment.

— Je ne suis pas comme les autres, murmura-t-il. Et je ne veux pas qu’on me traite comme un cristal fragile.

Riven s’approcha lentement du lit. Il s’arrêta à peine à un mètre.

— Je le sais, Diel. Et je ne te vois pas comme ça.

Le regard de l’oméga se leva vers lui. Il y avait quelque chose d’électrique entre eux, quelque chose d’invisible qui vibrait dans l’air, intense, presque dérangeant.

— Tu… tu ne devrais pas être là, dit Diel faiblement, la voix prise. Si quelqu’un nous surprend…

— Je m’en vais dans un instant. Promis. Mais je voulais voir tes yeux, vérifier qu’ils n’étaient plus pleins de peur.

Diel sourit malgré lui.

— T’es bizarre.

Riven pencha la tête, amusé.

— Tu n’es pas le premier à me le dire.

Le silence s’installa de nouveau. Mais il n’était plus pesant. Seulement étrange. Chargé. Riven approcha une main, lentement, jusqu’à effleurer les cheveux décoiffés de Diel. Ce dernier sursauta, surpris par la tendresse du geste.

— Tu as encore cette odeur… légère, sucrée. Elle me reste dans la gorge.

— C’est juste mes phéromones, souffla Diel.

— Non, c’est toi.

Riven recula finalement d’un pas.

— Bonne nuit, petit prince. Demain, je t’accompagnerai partout. Il paraît que c’est l’ordre de ton père.

Diel fronça les sourcils.

— Quoi ? Mais je n’ai pas besoin…

— Il n’a pas voulu entendre autre chose. Il tient à toi.

Et sur ces mots, Riven se dirigea vers la porte.

— Attends, dit Diel, sa voix vacillante. Pourquoi tu fais tout ça ?

Riven s’arrêta sur le seuil.

Il ne se retourna pas tout de suite. Mais quand il parla, sa voix se fit plus basse, plus grave, presque menaçante.

— Parce que tu comptes pour moi, Diel. Tu comptes bien plus que tu ne l’imagines.

Et il disparut dans l’ombre.

Diel resta immobile, son cœur cognant dans sa poitrine, ses phéromones en désordre. Il avait envie de croire à cette attention sincère.

Mais quelque part, au fond de lui, une petite voix lui disait : “Tu ne le connais pas encore.”

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