เข้าสู่ระบบLa lumière tiède de l’après-midi baignait la chambre impériale. Un parfum doux de fleurs séchées flottait dans l’air tandis que les rideaux de lin ondulaient doucement sous la brise. Assise sur un coussin au sol, Lenae peignait lentement les cheveux sombres et soyeux de Yara, sa petite fille de sept ans, assise en tailleur devant elle.
— Tu as de si beaux cheveux, ma douce, murmura Lenae avec un sourire tendre. Ils bouclent comme ceux de ton frère. Yara la regarda par-dessus son épaule avec un petit air curieux. — Tu crois que bébé aura les mêmes ? demanda-t-elle en posant une main minuscule sur le ventre déjà très rond de sa mère. Lenae hocha la tête, une lumière rêveuse dans les yeux. — Peut-être. Ou peut-être qu’il aura les cheveux raides comme ton père. Ce sera la surprise. Elle parlait avec douceur, mais son souffle était court, et chaque mouvement qu’elle faisait était calculé. Le poids du bébé à naître tirait sur son dos et ses jambes, mais elle refusait de céder à la fatigue. Peigner les cheveux de Yara était devenu un rituel apaisant, un moment suspendu entre mère et fille, loin du tumulte du palais. Le calme fut soudain troublé par le grincement familier de la porte. Kael entra sans bruit, sa silhouette massive remplissant l’encadrement. Il ne portait ni sa tenue de commandant ni son manteau impérial. Juste une simple tunique noire. Son regard balaya la pièce, s’arrêta sur Lenae, puis descendit vers son ventre arrondi, avant de se poser sur Yara, qui courut immédiatement vers lui. — Papa ! s’écria-t-elle en riant. Il la souleva sans effort, la fit tournoyer dans ses bras, puis l’embrassa sur le front. — Tu sens bon la lavande, dit-il doucement, un sourire fugitif sur les lèvres. — C’est maman qui a mis de l’huile sur mes cheveux, dit-elle fièrement. On a mis des rubans aussi. Lenae le regarda en silence. Elle connaissait Kael mieux que personne. Derrière cette tendresse paternelle, elle lisait la tension dans ses traits. La fatigue dans ses épaules. L’ombre qui obscurcissait ses yeux. Lorsqu’il posa Yara au sol et s’approcha d’elle, Lenae tendit la main. — Quelque chose te tracasse, Kael. Il ne répondit pas tout de suite. Il s’assit à ses côtés sur le tapis, ses doigts effleurant distraitement les rubans tombés au sol. — C’est Diel, finit-il par dire. Il devient… incontrôlable. Lenae cligna des yeux. — Il est seulement en colère. Il se cherche. Tu étais pareil à son âge. — Non, Lenae. Je n’étais pas comme lui. J’étais froid. Discipliné. Focalisé sur mon devoir. Lui… il est feu. Instinct. Révolte. — Il est libre, corrigea Lenae avec tendresse. Il veut être vu pour ce qu’il est, pas pour ce que tu veux qu’il soit. Kael détourna les yeux, fixant un point invisible sur le sol. — Il est un oméga. Et l’héritier du trône. Il ne peut pas simplement… sortir du palais comme un garçon ordinaire. Il ne réalise pas ce que cela implique. Il ne sait pas dans quel monde il est né. — Alors apprends-lui. Ne le blesse pas. Ne le brise pas pour qu’il te ressemble. Tu n’as jamais été heureux, Kael. Elle posa une main sur la sienne, ses doigts fins sur sa paume calleuse. Il soupira longuement. — Il m’échappe, Lenae. Je le regarde, et je ne sais pas comment l’aimer sans le contrôler. Elle s’appuya contre lui, son ventre bombé entre eux. — Aime-le comme il est. Pas comme tu voudrais qu’il soit. S’il sent que tu veux l’enfermer, il fuira encore et encore. Un silence s’installa entre eux. Le genre de silence qui n’était pas pesant, mais chargé de pensées inexprimées. Yara jouait avec les coussins dans un coin, insouciante. Elle chantonnait une comptine oméga que Lenae lui avait apprise. — Tu crois qu’il cache quelque chose ? demanda Lenae à voix basse. Kael hocha lentement la tête. — Il a rencontré quelqu’un. Il ne me l’a pas dit, mais je l’ai senti. Son odeur a changé. Elle… vacille. — Une alchimie ? — Peut-être. Ou un début de lien. Mais il ne se confie plus. Et ça m’inquiète. Tu sais aussi bien que moi ce qu’un lien mal formé peut provoquer chez un oméga. Lenae serra sa main. — Il est fort. Il est ton fils et le mien. Il survivra… à condition de se sentir aimé. Kael la regarda alors, longuement. Son visage fatigué, marqué par la grossesse, illuminé par la patience et la force. Elle n’était plus la jeune oméga brisée qu’il avait connue jadis. Elle était mère. Reine. Et son roc. — Je suis désolé pour tout, murmura-t-il. Pour toi. Pour Diel. Elle hocha simplement la tête, sans répondre. Parce qu’elle avait déjà pardonné. Parce qu’elle avait choisi de rester. Le bébé remua sous sa peau. Elle posa une main sur son ventre et sourit. — Tu as senti ? Il veut dire bonsoir à son père. Kael tendit la main et la posa avec délicatesse. Il sentit un petit coup, puis un autre. — Un vrai petit combattant, dit-il avec un sourire rare. — Ou une combattante, corrigea Lenae. Ils rirent tous les deux. Dans le silence du crépuscule, alors que Yara s’endormait sur les coussins et que le bébé bougeait encore dans son ventre, Kael et Lenae restèrent ainsi. Deux êtres marqués par les guerres et les regrets, liés par l’amour et la douleur, veillant sur un empire… et sur un fils qui, quelque part, était en train de tomber dans les bras du loup.Le soleil de la capitale s’étalait sur les dômes dorés du palais. Après des mois d’incertitude et de rumeurs, la cour impériale semblait enfin respirer à nouveau. On murmurait dans les couloirs que « l’harmonie du couple royal » était revenue. Les servantes chuchotaient que Sa Majesté l’empereur Riven avait retrouvé son sourire. Et, plus encore, que son Omega, Diel, paraissait… heureux.Heureux.Le mot faisait rire Diel intérieurement.Mais à l’extérieur, tout semblait vrai.Dans les jardins, on les voyait marcher côte à côte, Riven tenant parfois sa main, échangeant avec lui quelques mots à voix basse. Lorsqu’ils croisaient des nobles, Diel inclinait légèrement la tête, un sourire courtois aux lèvres. Il parlait peu, mais toujours avec douceur, s’adressant à l’empereur d’une voix calme, presque affectueuse.Les conseillers n’en revenaient pas.— Sa Majesté a su apaiser son foyer, disait l’un.— La paix du trône commence toujours par la paix du couple, répondait un autre.— Diel
Riven acquiesça, comme on coche une date sur un calendrier.— Bien. Alors d’ici là, repose-toi. Mange. Et ne t’éloigne pas du palais.Il attrapa sa cape, la jeta sur ses épaules, puis s’arrêta avant de franchir la porte.— Si tu tiens vraiment à ce que notre enfant naisse dans la paix, Diel… ne me trahis plus.La porte se referma sur ses mots.Diel resta seul, immobile, le regard vide. Son cœur battait fort — pas de peur cette fois, mais de soulagement mêlé d’un plan naissant.Trois semaines.Trois semaines avant que Riven ne réclame ce qu’il croyait lui appartenir. Trois semaines pour trouver un moyen de sauver Rim, de fuir peut-être, ou de retourner la situation.Il serra le drap entre ses doigts, le regard fixé sur la fenêtre où la lumière s’élargissait.Riven croyait avoir gagné une promesse.Mais Diel venait, sans qu’il le sache, de gagner du temps.Et parfois, dans un empire bâti sur la peur, le temps était la seule arme encore possible.La nuit tombait lentement sur le pala
Arrivé dans sa chambre, il referma la porte derrière lui et s’appuya contre le bois, épuisé. Le silence pesait comme un fardeau.Ses doigts tremblaient lorsqu’il ôta sa cape. Il marcha jusqu’à la fenêtre, la poussa doucement et laissa entrer la brise nocturne. Le jardin s’étendait sous lui, tranquille, indifférent à sa douleur.Il se laissa glisser sur le sol, les genoux repliés contre lui. Une larme silencieuse roula sur sa joue.Pourquoi rien ne changeait jamais ?Il avait cru, pendant une seconde, qu’il pourrait au moins voir Rim, entendre sa voix, lui dire de tenir bon. Mais même cela lui était refusé.Riven le tenait par la peur, par la loyauté forcée, par le souvenir de ce qu’ils avaient été. Et maintenant, il tenait aussi son seul ami.Diel ferma les yeux, étouffant un sanglot. Des images lui revinrent : Rim dans les jardins, son sourire fatigué, ses mots d’espoir, la promesse qu’ils se reverraient libres.Libres.Le mot lui paraissait désormais étranger, presque cruel.Il rest
Diel secoua la tête, tremblant.— Tu veux tout contrôler, même ma vie, même mon corps… Tu crois que ça te rendra heureux ?Riven se retourna brusquement.— Tu crois que je suis heureux, Diel ? Tu crois que j’ai choisi cette vie ?Il s’approcha, les yeux pleins d’une rage contenue.— Tes parents ont pris tout ce que j’avais ! Ma mère, mon père, mon nom ! Tu as grandi entouré d’amour et de privilèges pendant que moi, je survivais dans la honte !Sa voix monta, brisée par l’émotion.— Et maintenant, c’est à mon tour.Diel recula d’un pas, bouche bée.— Alors tout ça… toute cette haine, ces guerres, ce trône… ce n’était que pour te venger ?Riven eut un sourire triste, presque las.— Appelle ça comme tu veux. Moi, j’appelle ça la justice.Un long silence suivit. On n’entendait plus que le vent qui frappait contre les vitraux. Diel sentit ses jambes fléchir, mais il tint bon.— Tu penses que forcer quelqu’un à te donner un enfant lavera le sang sur tes mains ?— Ce n’est pas une q
Karim le regarda, et pour la première fois depuis son arrivée, son expression changea : la colère laissa place à une peur plus douce, sourde, et à une colère qui ne savait pas vers qui se tourner. Il frappa la grille d’un coup sec, comme on écrase un bruit.— Tu m’écoutes au moins ! dit-il, la voix brisée. Écoute-moi. Si tu veux faire ça — si tu veux te battre avec ta conscience — fais-le proprement. Ne meurs pas pour rien. Ne meurs pas sans qu’on sache pourquoi. Ne donne pas à Riven l’occasion de dire que tu étais un traître. Donne-nous une chance. Fais-le avec raison.Rim cligna des yeux. Il n’avait jamais pensé être soigné au bol de la stratégie par son frère solide, mais là était l’amour fraternel : il savait qu’il n’agirait pas comme un kamikaze. Il hocha la tête une fois, lente comme une concession.— Si je dois partir, déclara-t-il, que ce soit pour un plan. Pas pour un geste impulsif. Pas pour une rébellion sans tête. Si je tombe, je veux que cela compte. Je veux que ma mort a
La cellule sentait la poussière froide et le cuir humide. Une mince fenêtre, haute et grillagée, laissait passer un hiver blafard qui peinait à réchauffer la pierre. Rim était assis, les poignets encore marqués des liens qui l’avaient serré la veille ; sa tempe cicatrisait mal, un filet de peau collée par la boue et le sang séché. Il avait passé la nuit à écouter les bruits du fort : le craquement des armures, les rires des gardes au bout du couloir, la plainte lointaine d’un cor. L’humiliation publique l’obsédait moins que l’idée d’avoir mis Diel en danger. Pourtant, il n’avait aucun regret.On frappa à la porte avec une impulsion nerveuse. Une ouverture réduite craqua ; un regard sombre apparut, puis une voix rauque, pressée.— Rim ! cria une voix familière, outrageuse de colère et de peur mêlées.Karim entra d’un bond, grand, les traits tirés. Le frère de Rim portait encore l’odeur du voyage : la terre humide, le sel de la route, la fumée de la halle. Il avait les mains calleuses,
La nuit était tombée sur le palais, paisible, silencieuse, douce. Une brise légère passait à travers les fenêtres entrouvertes, faisant danser les rideaux blancs dans un ballet discret.Diel était couché dans son grand lit, les draps soigneusement tirés sur lui. Ses paupières clignaient lentement,
Le soleil était à peine levé lorsque Diel ouvrit les yeux, encore engourdi par le sommeil. Une odeur de cuir et de métal flottait déjà dans les couloirs du palais, mêlée à celle plus puissante et musquée… d’un alpha.Il n’eut pas à chercher bien loin.— Debout, altesse. Ordre de ton père, déclara u
La lune filtrait à travers les rideaux fins, jetant une lumière bleutée sur les tentures dorées et les coussins brodés de la chambre princière. Le palais dormait, bercé par le silence solennel de la nuit.Diel, étendu sur le dos, respirait calmement. Il avait mis du temps à trouver le sommeil, hant
Le palais était endormi sous le voile paisible de la nuit. Seuls les gardes en faction patrouillaient silencieusement dans les couloirs. Diel, enveloppé dans une longue cape brune, s’était faufilé par une petite issue dissimulée derrière les serres impériales, là où peu de monde allait à cette heur







