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Chapitre 7 : premières frissons

Author: dainamimboui
last update publish date: 2026-01-24 03:14:34

La nuit était tombée sur le palais, paisible, silencieuse, douce. Une brise légère passait à travers les fenêtres entrouvertes, faisant danser les rideaux blancs dans un ballet discret.

Diel était couché dans son grand lit, les draps soigneusement tirés sur lui. Ses paupières clignaient lentement, ses muscles détendus. Le souvenir de la journée lui revenait par bribes — les coups d’épée, le regard de son père, l’éclat des mouvements de Riven, ce lieutenant aussi énigmatique que charismatique.

Il soupira, ferma les yeux.

Il s’endormit.

Un souffle.

Une chaleur contre son dos.

Il se trouvait dans une pièce familière, sans bien comprendre comment il y était arrivé. Sa chambre. Mais tout semblait plus flou, plus lent, comme un rêve trop réel.

Il tourna la tête.

Riven était là.

Debout près du lit. Ombre sombre et imposante, le regard fixé sur lui. Son odeur — celle d’un alpha — emplissait la pièce, chargée, dense, presque envoûtante.

— Tu dors encore ? murmura-t-il en s’approchant.

Diel voulut parler mais aucun son ne sortit. Sa gorge était sèche, sa bouche entrouverte. Son cœur battait vite. Trop vite. Il ne comprenait pas ce qu’il se passait. Et pourtant, il ne voulait pas que ça s’arrête.

Riven s’agenouilla près de lui. Il passa lentement les doigts contre sa joue. Un frisson courut dans tout le corps de l’oméga.

— Tu sens si bon…

Le murmure le fit tressaillir. Diel inspira, ses phéromones s’échappèrent malgré lui. Il sentit ses glandes chauffer, s’activer. Une pulsation étrange naître dans son bas-ventre.

Non… ce n’était pas normal.

— Pourquoi… pourquoi je me sens comme ça ? balbutia-t-il, perdu.

Riven se pencha. Son visage était si proche. Trop proche.

— C’est naturel, Diel. Tu es en train de mûrir.

Le souffle chaud de l’alpha caressa son oreille. Diel ferma les yeux, agrippé au drap comme s’il allait sombrer. Il avait chaud. Il transpirait. Il avait envie. Sans comprendre d’où cela venait.

Il sentit des lèvres frôler son cou.

Puis… le contact sur sa nuque. Cette zone si sensible. Riven y appuya la bouche, lentement. Comme s’il s’apprêtait à mordre. À le marquer.

— Je pourrais le faire maintenant, tu sais. Te prendre. Te faire mien.

Diel gémit, perdu entre peur et désir.

— Non… Riven… je…

Mais il n’y avait plus rien.

Plus de chambre.

Plus de Riven.

Il se réveilla en sursaut, couvert de sueur. Les draps étaient trempés, son cœur battait à tout rompre. Sa main tremblait en touchant sa nuque. Il y sentait encore la sensation fantôme des lèvres de l’alpha.

Il mit du temps à reprendre son souffle.

— C’était… juste un rêve… juste un rêve…

Mais son corps, lui, disait le contraire. Ses glandes étaient rouges. Gonflées. Actives. Il était sur le point de présenter ses premières chaleurs.

— Non… pas maintenant…

Il bondit hors du lit, ouvrit la fenêtre, aspira l’air frais.

Dans l’aile opposée du palais, Riven était encore éveillé. Assis dans l’ombre, au balcon, il regardait le ciel nocturne.

Il sourit légèrement.

Comme s’il avait ressenti quelque chose.

Comme s’il attendait ce moment.

Chapitre — Une présence obsédante

Depuis cet étrange jour où il s’était réveillé, le cœur battant, face à Riven, Diel n’avait plus eu une seule seconde de paix intérieure. L’image du lieutenant penché sur lui, les yeux pleins de calme, s’était imprimée quelque part dans son esprit, comme une brûlure douce mais persistante. Il ne comprenait pas pourquoi cela l’avait autant bouleversé. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Mais il savait qu’il devait mettre de la distance. À tout prix.

Alors, il l’évitait.

Il déjeunait plus tôt ou plus tard que prévu, demandait à s’entraîner seul dans la cour intérieure et prenait soin de ne jamais croiser Riven dans les couloirs du palais. Il avait même demandé à son garde personnel de changer de trajet pour ses promenades dans les jardins. Mais malgré tous ses efforts, Riven apparaissait. Toujours avec une aisance désarmante, toujours au bon moment. Comme s’il devinait ses pas. Comme s’il le traquait sans jamais se montrer oppressant.

— Vous fuyez quelque chose, Votre Altesse ? lui demanda-t-il un jour, adossé nonchalamment à une colonne, lorsque Diel s’engouffrait dans l’aile ouest.

— Non, répliqua Diel un peu trop vite.

Il ne se retourna pas, ses mains tremblaient. Le parfum de Riven, cet étrange mélange d’ambre et de cuir, s’était insinué dans l’air. Il le sentait dans ses entrailles.

— Tant mieux, répondit Riven, toujours derrière lui. Parce que je suis ici pour vous protéger, pas pour vous faire peur.

Un silence. Diel ne répondit rien. Il se remit à marcher. Mais le pas rapide. Comme si s’éloigner physiquement suffisait à repousser ce feu qui le gagnait peu à peu.

Dans les jours qui suivirent, Riven redoubla de présence, mais jamais d’insistance. Il l’attendait parfois dans la cour d’entraînement, lançait une phrase brève, un conseil. Ou restait en silence, à l’observer de loin. Il s’assurait de ne jamais franchir la limite. Mais il devenait partout, une ombre familière et solide. Inévitable.

Et cette retenue-là, ce calme calculé, troublait Diel bien plus que n’importe quelle déclaration.

Le jeune prince n’en parla à personne. Ni à sa mère, ni à sa petite sœur. Il avait honte. Pas de Riven, non. Mais de ses propres réactions. De la manière dont son cœur s’accélérait lorsqu’il sentait sa présence. De la chaleur sourde qui naissait au bas de son ventre sans qu’il ne sache pourquoi.

C’était idiot. Il n’était qu’un oméga. Mais il avait toujours été protégé, aimé, chéri. Jamais aucun alpha ne l’avait troublé de la sorte. Jamais.

Un soir, alors qu’il s’était réfugié dans la bibliothèque du palais, croyant être enfin seul, il tomba sur Riven, assis tranquillement dans un fauteuil, un livre ancien ouvert sur les genoux. Le lieutenant leva les yeux et un petit sourire traversa son visage.

— Votre Altesse… Vous vous intéressez aux récits de guerres anciennes ?

Diel resta figé.

— Je… je ne savais pas que vous étiez ici.

Riven referma le livre doucement, le déposa à côté de lui.

— J’aime cet endroit. C’est calme. Et parfois, on y trouve ce qu’on ne cherche pas.

Diel sentit une montée de chaleur dans ses joues. Il se retourna vivement.

— Je vais vous laisser.

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