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Et moi, je suis au centre de cette toile.
Serena m'attend à l'entrée du camp. Son visage est grave, ses yeux rougis par la fatigue et les veilles. Elle tient un grimoire contre sa poitrine, ses doigts crispés sur la couverture de cuir usé.
— Il faut qu'on parle, dit-elle sans préambule.
— Je sais.
— Pas ici. Viens.
Elle m'entraîne vers sa tente, la plus
Duncan s'avance vers la porte.Son pas est calme, assuré. Il ne regarde pas le piédestal. Il ne regarde pas la coupe. Il regarde la porte massive, comme s'il pouvait la défier du regard.Il pose sa main sur le métal noir.Les runes brillent plus fort, comme excitées par ce contact. Mais la porte ne s'ouvre pas. Elle reste fermée, immobile, inébranlable.— Qu'est-ce que tu fais ? demandé-je.— Je refuse.— Quoi ?Il se tourne vers le plafond, vers la voix invisible. Son visage est déterminé, ses yeux brillent d'une résolution inébranlable.— Tu m'entends ? Je refuse ton choix. Je refuse de sacrifier qui que ce soit. Ni moi, ni mes amis, ni même le plus insignifiant de nos guerriers. Nous sommes venus ici ensemble, et nous repartirons ensemble. Tous. Ou personne.— Ce n'est pas possible. La
Le silence retombe.Un silence lourd, oppressant, chargé de tout le poids de la décision qui nous est demandée.Je regarde mes compagnons.Kael, le visage fermé, les poings serrés, la mâchoire contractée. Il est déjà en train de calculer, d'évaluer, de se demander s'il peut se sacrifier sans que je l'en empêche.Lorenzo, les yeux plissés, l'esprit tournant à toute vitesse, cherchant une alternative, une faille dans le système, un moyen de tricher. C'est un survivant, Lorenzo. Il a passé sa vie à trouver des issues là où il n'y en avait pas. Mais cette fois, je vois dans ses yeux qu'il ne trouve rien.Duncan, qui me regarde avec une inquiétude non dissimulée. Il sait ce que je pense. Il sait que je suis prête à me sacrifier pour les autres. Et il est déjà en train de cherch
Il baisse la tête. Ses épaules tremblent.— Comment tu as fait ? demande-t-il finalement. Comment tu m'as sorti de là ?— Je t'ai tenu la main. Comme tu as tenu la mienne tant de fois. Comme tu tiens la mienne depuis le premier jour.Il relève la tête. Ses yeux rencontrent les miens. Et lentement, très lentement, un sourire se forme sur ses lèvres , fragile, tremblant, mais réel.— Merci, Althéa. Merci de ne pas m'avoir abandonné.— Je ne t'abandonnerai jamais. Je te l'ai dit. Où que tu ailles, je te suivrai. Dans quelque obscurité que tu tombes, je viendrai te chercher.Je me penche vers lui et pose mes lèvres sur son front. Un baiser doux, tendre, plein de tout l'amour que je n'arrive pas toujours à exprimer avec des mots.Autour de nous, les autres émergent de leurs propres souvenirs.K
Un silence glacé accueille ses paroles.— On reste ensemble, dis-je. Comme avant. On se tient les coudes. On ne se lâche pas.Je m'avance dans la pièce.Les fresques sur les murs commencent à s'animer. Les personnages peints se mettent en mouvement — d'abord lentement, puis plus vite, comme s'ils prenaient vie. Les scènes deviennent plus réelles, plus présentes. Les couleurs deviennent plus vives, plus intenses, presque aveuglantes.Et soudain, je ne suis plus dans la pièce.Je suis dans la forêt. La nuit. Les arbres brûlent autour de moi, leurs troncs centenaires se tordant dans les flammes comme des corps suppliciés. Des cris déchirent l'air — des cris de douleur, de peur, de mort. Des cris d'hommes, de femmes, d'enfants.Je reconnais cet endroit.Pas parce que j'y suis allée — parce que Duncan me l'a d&eacut
Je regarde mes mains.Elles sont en lambeaux. Les bandages sont complètement détruits, arrachés. La peau est déchirée, les chairs à vif. Des dizaines d'éclats de verre sont incrustés dans mes paumes, dans mes doigts, dans mes poignets. Le sang coule sans s'arrêter, formant des flaques rouges à mes pieds.Mais je ne sens pas la douleur.Ou plutôt, je la sens, mais elle ne me paralyse pas. Elle ne me contrôle pas. Elle est là, présente, réelle — mais elle est mienne. Je la choisis. Je l'accepte.Elle me rappelle que je suis vivante.Que je suis humaine.Que ce combat est réel, et non une illusion de plus.Duncan s'approche de moi. Il déchire un nouveau morceau de sa chemise — il n'en reste plus grand-chose maintenant, juste assez pour couvrir son torse musclé. Il prend mes mains dans les si
Puis un autre encore.Mes mains sont en lambeaux maintenant. Les bandages sont déchirés, arrachés. La peau est ouverte, les chairs à vif. Des éclats de verre sont incrustés dans mes paumes, dans mes doigts, dans mes poignets. Le sang coule librement, chaud et rouge, éclaboussant les miroirs autour de moi.Mais je continue de frapper.Encore et encore.Chaque miroir brisé libère un peu de l'emprise de la Cabale. Chaque surface réfléchissante détruite affaiblit l'illusion. Chaque éclat de verre qui tombe est une petite victoire.— Althéa !La voix de Duncan perce le brouillard de ma rage.Il a brisé son propre miroir, s'est libéré de son illusion. Je ne sais pas ce qu'il a vu , ses parents mourant dans l'incendie, probablement, encore et encore , mais il a réussi à s'en extraire. Son vi
AlthéaIl me regarde longtemps. Puis il hoche la tête, lentement.— Alors va pour la lisière. Pour l'instant. On verra comment ça évolue.— Merci, Marcus.
AlthéaIl me regarde, et je vois dans ses yeux qu'il commence à comprendre. Que je ne suis plus celle qui fuyait. Que je ne suis plus celle qui avait peur. Que je suis devenue quelque chose que même lui, même Duncan, ne peut pas saisir.— Je viens avec toi.— Non.— Althéa...— Non, Duncan. Tu ne v
AlthéaJe sors de la caverne.L'aube se lève sur la montagne, rouge et or, comme une blessure qui cicatrise. L'air glacé mord ma peau nue, mais je ne sens pas le froid. Plus rien ne sera jamais froid pour moi.Je marche vers l'entrée de la grotte où j'ai laissé mes vêtements, il y a des jours, des
AlthéaJe donne ma peur. Je donne ma colère. Je donne ma haine. Je donne mes doutes, mes faiblesses, mes trahisons. Je donne tout ce qui m'alourdit, tout ce qui m'empêche d'être moi.La flamme les prend, les dévore, les digère.Et en retour, elle me donne.La force. La clarté. La vision.Je vois la







