Home / Mafia / SÉDUIRE EL INFIERNO / Chapitre 31 — L’œil qui s’ouvre

Share

Chapitre 31 — L’œil qui s’ouvre

Author: Déesse
last update Last Updated: 2025-10-06 01:26:51

Cristóbal

Je n’attends pas le lendemain.

Le silence de l’aube est un mensonge qui me lacère. L’appartement respire trop doucement, comme si rien ne s’était passé, comme si les colonnes de chiffres et les cadavres qu’elles masquent n’existaient pas. Mais moi, je sais. Tout a changé.

Je descends l’escalier sans bruit, mais chaque marche est une détonation dans ma tête. Mes mains tremblent. Je ne sais plus si c’est de colère, de honte, ou de fièvre. Le palier jusqu’à la chambre semble interminable ; chaque pas est un compte à rebours vers quelque chose dont je ne reviens pas.

Je pousse la porte.

Isabella dort, enroulée dans les draps, ses cheveux épars comme une marée noire sur l’oreiller. Son visage est calme, paisible, presque enfantin. C’est ce visage-là qui me revient, quand elle chantait sur scène, quand sa voix apaisait mes nerfs, quand son rire m’empêchait de voir. C’est ce visage-là que je veux déchirer pour voir ce qu’il cache.

La gifle part sans prévenir.

Un claquement sec, bru
Continue to read this book for free
Scan code to download App
Locked Chapter

Latest chapter

  • SÉDUIRE EL INFIERNO   CHAPITRE 94 : LA CHUTE DE L'ANGE BRISÉ 2

    L'Agent VaughanLa réponse vient par radio, dans l'oreillette d'El Infierno, une voix hurlante, paniquée, que nous entendons tous.— Patron ! Des hélicos ! Des militaires ! Au moins quatre ! Ils ont neutralisé les véhicules ! Ils débarquent partout ! Ils… AÏE !La transmission se coupe dans un grésillement.Le grondement des rotors est maintenant partout, écrasant, faisant trembler les murs, faisant danser la poussière sur les corps. Des voix amplifiées, autoritaires, tonnent de l'extérieur.— Ici l'armée ! Vous êtes encerclés ! Déposez immédiatement vos armes et sortez les mains sur la tête ! Toute résistance sera neutralisée !El Infierno se tourne vers moi. Son visage est un masque de fureur pure, primitive. Ce n'est plus le stratège. C'est la bête acculée.— VOUS ! hurle-t-il, son arme pointée sur mon visage cette fois. VOUS LES AVEZ APPELLÉS !— Non, dis-je, la voix étranglée. Pas moi.Mes yeux vont à la porte blindée. À l'interphone.Camila.C'était le plan. Le vrai plan. Pas te

  • SÉDUIRE EL INFIERNO   CHAPITRE 93 : LA CHUTE DE L'ANGE BRISÉ 1

    L'Agent VaughanL'air, à l'intérieur du bunker, n'est plus respirable. Il est épais de fumée âcre, de poussière de béton pulvérisé, de l'odeur métallique du sang et de la cordite. Les lumières d'urgence clignotent, jetant des spasmes rouges sur les murs éventrés, les corps tombés, les éclaboussures sombres qui ne sont plus du gravats. La symphonie des alarmes s'est réduite à un seul cri électronique strident, obstiné, l'EG de la mort.Cela fait six minutes.Six minutes depuis que la porte principale a cédé, transformant notre forteresse en piège. Six minutes depuis qu'El Infierno est entré, avec ses démons.Nous ne nous battons plus pour gagner. Nous nous battons pour chaque seconde. Pour chaque mètre de couloir. Pour faire monter le prix du sang si haut qu'il en sera ruiné, même dans la victoire.Mes oreilles bourdonnent, pleines du crépitement des armes automatiques, des cris, du crissement des bottes sur le verre brisé. J'ai une entaille au front, le sang chaud et poisseux coule da

  • SÉDUIRE EL INFIERNO   CHAPITRE 92 : L'ENFER EN MARCHE

    El InfiernoLe sang me monte aux tempes, un bourdonnement sourd, chaud. Elle ose. Elle ose me narguer. Me parler de perte. Moi.« Tu vois ces murs ? Ils ne sont pas là pour te tenir à distance. Ils sont là pour te montrer les limites de ton monde. »Les limites de mon MONDE ? Un rire rauque m’échappe, étranglé par la fureur. Rojas tourne un instant la tête, son regard vide masquant une inquiétude animale. Je saisis le mégaphone, mes doigts s’enfonçant dans le plastique.— Camila ! Tu sors ces enfants maintenant ! Tu sors, et je te promets une mort rapide ! Tout le monde à l’intérieur mourra lentement ! Tu entends ? Lentement !Je hurle. Je déverse toute ma rage dans l’appareil. Je veux que ma voix écrase la sienne, qu’elle pénètre le béton et lui glace l’âme. Je veux qu’elle se souvienne. Qu’elle revienne à elle. À la femme tremblante qui ramassait les éclats de verre.Et sa réponse vient. Calme. Tranquille. Un scalpel.« Tu parles encore de mort. Tu ne comprends donc pas ? Tu m’as dé

  • SÉDUIRE EL INFIERNO   Chapitre 91 : Le Murmure et le Marteau 2

    Camila ReyesUn rugissement, inhumain, emplit les haut-parleurs adverses. Puis des ordres hurlés. Les moteurs rugissent à nouveau.— Ils chargent ! crie la technicienne.Sur les écrans, les points rouges accélèrent droit vers nous.Vaughan se jette sur les commandes.— Contention maximale ! Tous les boucliers ! Préparez les dispositifs non-létaux !Le bunker tremble.Un premier impact. Métal contre béton renforcé. Un gémissement profond parcourt la colonne vertébrale du monde, du plancher jusqu’à mes dents. La lumière vacille. Une alarme stridente se déclenche quelque part.Puis un deuxième. Plus violent.Le troisième impact n’est pas un choc. C’est une explosion.La porte principale, la plus épaisse, encaisse le souffle. L’écran qui la montre se couvre de poussière et de feu. Les lumières s’éteignent, plongeant la salle dans un rougeoiement d’urgence.Dans cette lueur d’enfer, je me tiens droite. Les cris, les ordres, le crépitement des systèmes qui luttent, tout cela devient un fond

  • SÉDUIRE EL INFIERNO   Chapitre 90 : Le Murmure et le Marteau

    Camila ReyesLe présent est un fil tendu. Il vibre entre le silence du bunker et la tempête qui s’assemble au-dehors. Je le sens. Dans l’air filtré. Dans la façon dont la lumière des néons ne tremble plus, mais se durcit. Je suis éveillée. Mes enfants dorment, mais mon sang veille.Je suis devant le hublot de la salle de contrôle. Derrière la vitre teintée, Vaughan et son équipe sont des ombres nerveuses qui se déplacent dans la lumière bleutée des écrans. Des mots claquent, étouffés par la paroi : mouvements, périphérie, signatures thermiques multiples. Ils pensent que je n’entends pas. Mais je vois. Je lis sur leurs dos courbés, sur leurs mains qui tapent trop vite.Eleanor approche. Son pas est feutré, mais son énergie est un nuage électrique.— Camila.Je ne détourne pas le regard du hublot.— Ils sont là, n’est-ce pas ?Un silence. Puis sa voix, basse, professionnelle, mais avec une faille, une minuscule fissure.— Nos drones ont détecté une concentration d’activité à deux kilomè

  • SÉDUIRE EL INFIERNO   Chapitre 89 : Le Lait et les Cendres

    Camila ReyesLe silence, ici, a une couleur. Un gris de béton, un jaune de lumière fatiguée. C’est le silence après la tempête. Après lui.Je respire. L’air sent le filtre et la pierre froide. C’est une bonne odeur. Une odeur de cave, de racines. Une odeur où il n’est pas.Mes enfants dorment. D’un vrai sommeil, épuisé, dans les lits métalliques de ce bunker désaffecté. Mateo, les poings serrés près des joues. Isabella, la bouche entrouverte. Lucia, un soupir qui soulève sa petite poitrine. Je les regarde. Je ne compte pas pour surveiller. Je compte pour savourer. Un. Deux. Trois. Tous les trois. Loin de lui.On m’a donné une injection pour « calmer l’anxiété post-traumatique ». Je l’ai laissé faire. Le liquide froid dans ma veine était le prix à payer pour ce calme, pour cette lucidité de crystal. Mes yeux ne brûlent plus de terreur. Ils brûlent d’une autre flamme. Plus nette.Nous avons changé de cercle. Mais nous ne sommes plus en enfer. Nous sommes dans les coulisses. Dans les ent

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status