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Chapitre 3

last update Last Updated: 2025-12-21 22:23:24

Chapitre 3 : L'invasion

LE POINT DE VUE D'Élise

 Tout est flou autour de moi, comme si seuls Nathan et moi existions vraiment. Il est là, devant moi, torse nu, ses muscles dessinés sous sa peau comme une sculpture vivante. Ses yeux gris brillent dans la pénombre, deux braises incandescentes fixées sur moi.

"Tu savais que je viendrais," dit-il, et sa voix résonne dans tout mon corps.

Je recule d'un pas. Puis d'un autre. Mais il avance, lentement, sûrement, comme un fauve qui joue avec sa proie avant de la dévorer.

"Je... je ne veux pas..."

"Menteuse."

Le mot claque comme un fouet. Et avant que je puisse réagir, il est sur moi. Ses mains agrippent mes hanches avec une force possessive qui me coupe le souffle. Il me plaque contre un mur que je n'avais pas vu venir, son corps dur pressé contre le mien.

"Tu trembles," murmure-t-il contre ma gorge. "De peur ou de désir?"

"Les deux," j'avoue dans un souffle.

Il rit. Un rire grave, sombre, qui vibre contre ma peau.

"Bien. C'est exactement là que je te veux. Sur ce fil entre le danger et le plaisir."

Sa bouche trace une ligne brûlante le long de ma mâchoire, descend vers mon cou. Je sens ses dents effleurer ma peau, pas assez fort pour faire mal, mais assez pour me rappeler qu'il pourrait le faire. Qu'il contrôle tout.

Mes mains, qui devraient le repousser, s'accrochent à ses épaules. Mes ongles s'enfoncent dans sa chair. Je devrais le supplier d'arrêter, mais au lieu de ça, un gémissement s'échappe de mes lèvres.

"C'est ça," murmure-t-il d'une voix rauque. "Abandonne-toi. Laisse-toi tomber."

Ses mains remontent le long de mon corps avec une lenteur calculée, explorant chaque courbe comme s'il en prenait possession. Ses doigts trouvent la fermeture de ma robe et la font glisser d'un geste fluide. Le tissu tombe à mes pieds dans un chuchotement soyeux.

Je suis nue devant lui. Exposée. Vulnérable.

Il recule d'un pas, me détaillant avec une intensité qui me fait frissonner. Son regard est affamé, vorace, comme s'il voulait me dévorer tout entière.

"Magnifique," dit-il simplement. "Et entièrement à moi."

"Je ne suis à personne."

"Pas encore."

Il revient vers moi, et cette fois, il n'y a plus de douceur. Ses lèvres s'écrasent contre les miennes dans un baiser brutal, conquérant. Sa langue force le passage entre mes lèvres, réclamant l'accès sans demander la permission. C'est un baiser qui ne laisse aucun doute : il prend, il possède, il domine.

Et moi, Dieu me pardonne, je le laisse faire.

Plus que ça. Je réponds. Mes mains s'enfouissent dans ses cheveux, le tirant plus près encore. Mon corps s'arque contre le sien, cherchant ce contact électrique qui me fait perdre la raison.

Ses mains descendent, agrippent mes cuisses, et il me soulève sans effort. Instinctivement, j'enroule mes jambes autour de sa taille. Je sens son désir pressé contre moi, dur et exigeant.

"Dis-moi que tu me veux," grogne-t-il contre mes lèvres.

"Je..."

"Dis-le."

"Je te veux."

Les mots sortent comme une prière interdite. Comme une confession que je n'aurais jamais dû faire.

Il sourit contre ma bouche. Un sourire triomphant.

"Je sais."

Et alors qu'il me pénètre dans un mouvement brutal qui m'arrache un cri—

Je me réveille en sursaut.

Mon cœur bat à tout rompre. Ma peau est moite de sueur. Mon corps est tendu, vibrant d'un désir frustré qui me fait mal physiquement.

Je fixe le plafond de ma chambre, haletante, essayant de reprendre mes esprits.

Ce n'était qu'un rêve. Un rêve stupide, irrationnel, né de cette rencontre déstabilisante à la galerie.

Mais mon corps, lui, ne comprend pas la différence entre le rêve et la réalité. Il réclame. Il brûle. Il veut.

Je ferme les yeux, honteuse. Comment puis-je désirer un homme que je connais à peine? Un homme qui m'a ouvertement mise en garde contre lui-même?

"Je suis exactement l'homme dont votre mère vous a mise en garde."

Oui. Et pourtant, je viens de rêver de m'abandonner entièrement à lui.

Je jette un coup d'œil au réveil sur ma table de nuit. 3h47 du matin. Il fait encore nuit noire dehors. Je suis seule dans mon lit, dans mon petit studio silencieux, et pourtant j'ai l'impression que Nathan Rivière est là, quelque part, occupant chaque centimètre d'espace disponible.

Il a envahi mes pensées. Mes rêves. Mon corps.

Et nous nous sommes parlé pendant moins de cinq minutes.

Je devrais avoir peur. Je devrais être terrifiée par la facilité avec laquelle il s'est immiscé dans ma tête.

Mais ce qui me terrifie le plus, c'est que je ne veux pas qu'il parte.

Le lendemain matin, je me réveille avec une sensation étrange. Comme si quelque chose avait changé en moi pendant la nuit. Quelque chose d'indéfinissable mais d'indéniable.

Je me traîne jusqu'à la salle de bain et évite soigneusement mon reflet dans le miroir. Je ne veux pas voir ce que mes yeux pourraient trahir. Cette faim nouvelle qui s'est réveillée.

Au travail, je suis incapable de me concentrer. Les manuscrits que je suis censée réviser se brouillent devant mes yeux. Les mots n'ont plus de sens. Mon esprit est ailleurs, coincé dans cette galerie, dans ce rêve, dans ces quelques secondes où Nathan Rivière a planté ses crocs dans ma psyché.

"Élise? Tu m'écoutes?"

Je sursaute. Sarah, ma collègue et amie, me regarde avec un air préoccupé depuis l'autre côté de mon bureau.

"Désolée, je... j'étais dans mes pensées."

"Tu as l'air bizarre depuis ce matin. Tout va bien?"

Non. Rien ne va. J'ai l'impression de perdre lentement le contrôle de moi-même et je ne sais pas comment l'arrêter.

"Oui, tout va bien. Juste fatiguée."

Sarah ne semble pas convaincue, mais elle n'insiste pas. Elle connaît ma réticence à parler de ma vie personnelle.

Mon téléphone vibre sur mon bureau. Un message de Chloé.

"Alors? Tu as réfléchi à hier soir? Nathan Rivière!!! Raconte-moi TOUT."

Je fixe l'écran sans répondre. Que pourrais-je lui dire? Que je ne pense qu'à lui depuis hier? Que j'ai fait un rêve d'une intensité érotique dont je ne me savais pas capable? Que je sens quelque chose en moi se réveiller après trois ans de sommeil?

Non. Je ne peux pas lui dire ça. Je ne peux le dire à personne.

Parce que ça signifierait admettre que c'est en train de se reproduire.

Après Julien, j'avais juré de ne plus jamais laisser un homme avoir ce pouvoir sur moi. De ne plus jamais me perdre dans quelqu'un d'autre. J'avais construit cette carapace d'invisibilité précisément pour éviter ce genre de situation.

Et voilà qu'en moins de cinq minutes, Nathan Rivière avait réussi à faire ce que personne n'avait pu faire en trois ans : fissurer mon armure.

Je range mon téléphone sans répondre et tente de me replonger dans mon travail.

Mais c'est inutile. Son visage flotte devant mes yeux. Sa voix résonne dans mes oreilles. Ses mains fantômes parcourent ma peau.

"Je suis le prédateur qui vous fait savoir que vous êtes sa proie."

Et moi, je suis la proie qui commence à se demander ce que ça fait d'être dévorée.

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