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Chapitre 143 : Les Fils de la Toile

Auteur: Déesse
last update Date de publication: 2026-04-19 03:40:00

Chiara

La lumière du matin ne filtre jamais dans cette cave. Il n'y a que l'ampoule, cette ampoule jaune qui grésille et vacille, qui éclaire sans chauffer, qui tient éveillée sans réchauffer. Mais je sais que c'est le matin parce que j'entends les gardes changer de poste, leurs pas dans le couloir, leurs voix qui s'éloignent, leurs rires qui résonnent contre les murs de béton.

Antonio est de garde. Je

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  • SÉDUIS-MOI SI TU OSES   Chapitre 203 : Le Poids de la Lame

    ChiaraLa nuit est tombée depuis longtemps. Je suis toujours assise sur le lit, le couteau posé sur mes genoux, les yeux fixés sur la lame qui brille faiblement dans l'obscurité.Je n'ai pas bougé depuis des heures. Je n'ai pas mangé, pas bu, pas parlé. Rosa est venue, a posé un plateau sur la table de nuit, est repartie sans un mot. Elle a vu le couteau, elle a vu mon visage, elle a compris.Tout le monde comprend, dans ce palais. Tout le monde sait ce qu'Humberto m'a demandé. Les gardes me regardent différemment, avec un mélange de respect et de crainte. Les serviteurs s'écartent sur mon passage. Je suis devenue autre chose, une figure sacrée et terrible, une prêtresse qui s'apprête à accomplir un sacrifice.Mais personne ne sait ce qui se passe à l'intérieur de moi.Personne ne voit la tempête qui fait rage sous mon crâne, les vagues de souvenirs qui déferlent, les éclairs de doute qui déchirent la nuit de mon âme.T

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    ChiaraLe bureau d'Humberto est plongé dans la pénombre. Les lourds rideaux de velours sont tirés, ne laissant filtrer que de minces rayons de lumière dorée qui strient le sol de marbre. L'air est chargé de l'odeur du tabac froid et du cuir ancien, cette odeur de pouvoir et de décadence qui imprègne chaque recoin de ce palais.Humberto est assis derrière son bureau massif, ses mains larges posées à plat sur l'acajou, ses yeux noirs fixés sur moi. Il n'a pas dit un mot depuis que je suis entrée. Il attend. Il me regarde. Il me jauge.Je suis debout devant lui, immobile, le visage vide, les mains croisées devant moi. La posture de la femme soumise, de l'alliée fidèle, de la chose qu'il a achetée et qu'il possède. Un rôle que j'ai appris à jouer à la perfection, mois après mois, nuit après nuit.Mais aujourd'hui, quelque chose est différent. Je le sens dans la tension de ses épaules, dans la façon dont ses doigts tambourinent lentement sur

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    ValentinaL'aube me trouve encore éveillée.Je suis assise sur le sol de l'atelier, le dos contre le mur, la toile serrée contre ma poitrine. La bougie s'est éteinte depuis longtemps, consumée jusqu'à la dernière goutte de cire. La lumière grise du petit matin filtre à travers les planches mal jointes, éclaire faiblement les toiles accrochées aux murs.Je n'ai pas dormi. Je n'ai pas pu.Chaque fois que je fermais les yeux, je le voyais. Dans l'ombre de la porte, immobile, silencieux. Ses yeux brillants, sa voix brisée, son corps amaigri par des mois de traque et de souffrance.— Je voulais juste te voir.Les mots tournent dans ma tête, encore et encore. Il voulait juste me voir. Il a traversé le pays, risqué sa vie, bravé ses ennemis, juste pour me voir. Pour savoir si j'allais bien. Pour me demander pardon.Et il est reparti sans me toucher, sans me forcer, sans rien exiger.Ce n'est pas le Diego que je connais. Le Diego que je connais aurait exigé, menacé, possédé. Il m'aurait prise

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    ValentinaJe ne sais pas combien de temps je reste ainsi.Immobile dans le noir, le pinceau suspendu, les yeux fixés sur la porte par laquelle il a disparu. Les minutes passent, ou peut-être les heures. Le temps n'a plus de sens. Plus rien n'a de sens.Il est venu. Il est là, quelque part dans la nuit, dans le village, tout proche. Il m'a retrouvée, il m'a regardée, il m'a parlé.— Je voulais juste te voir.Sa voix résonne encore dans ma tête, rauque, brisée, pleine d'une douleur qui fait écho à la mienne. Ses yeux dans l'ombre, brillants, insoutenables. Son corps amaigri, creusé par des mois de traque et de violence.Il a souffert. Je l'ai vu dans chacun de ses traits, dans chacune de ses rides nouvelles, dans la façon dont ses épaules s'affaissaient comme sous un poids immense. Il a souffert, et c'est ma faute. C'est parce que je suis partie, parce que je l'ai abandonné, parce que je n'ai pas été assez forte pour rester.Mais si j'étais restée, je serais morte. Je le sais, je le sen

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    ValentinaLa nuit est tombée depuis longtemps. Doña Elena dort dans sa chambre, le village est silencieux, seule la mer continue de respirer au loin.Je ne dors pas. Je ne peux pas dormir.Depuis plusieurs jours, je sens une présence. Une ombre au coin de mes yeux, un frisson sur ma nuque, un silence différent dans les bruits familiers du village. Quelque chose a changé, quelque chose rôde, quelque chose m'observe.Mateo ne sent rien. Les villageois ne voient rien. Doña Elena dort paisiblement, ses rêves peuplés de souvenirs anciens.Mais moi, je sais. Je sens.Je suis dans mon atelier de fortune, une petite remise que Doña Elena m'a prêtée derrière la maison. Les murs sont couverts de toiles, certaines finies, d'autres inachevées, d'autres encore recouvertes de noir. Des toiles qui racontent mon histoire, ma fuite, ma reconstruction. Des toiles qui crient ce que je ne peux pas dire.La bougie vacille sur la table, projetant des ombres mouvantes sur les murs. Je peins, comme chaque nu

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