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Le premier rayon de soleil traversa les rideaux en lin beige, illuminant doucement la chambre d’une lueur dorée. Dans un lit spacieux mais froid, Sofia Moreau ouvrit lentement les yeux, habituée à commencer ses journées bien avant que le réveil ne sonne. Un rapide coup d’œil à l’horloge murale lui indiqua qu’il était déjà 6h30. Elle s’étira légèrement avant de se lever, consciente qu’une nouvelle journée bien remplie l’attendait.
En traversant le couloir, elle s’arrêta devant une porte entrouverte. À l’intérieur, deux petites silhouettes étaient enroulées sous une même couverture, paisiblement endormies. Un sourire tendre étira les lèvres de Sofia alors qu’elle s’approchait doucement.
— Noah, Liam, il est l’heure de se lever, murmura-t-elle en caressant leurs cheveux bouclés.
Les jumeaux de sept ans remuèrent légèrement, mais aucun ne sembla prêt à quitter la chaleur du lit.
— Encore cinq minutes, maman…, gémit Noah en s’enfonçant un peu plus sous la couverture.
— Tu dis ça tous les jours, ajouta Liam d’une voix ensommeillée, sans ouvrir les yeux.
Sofia secoua la tête avec amusement. Avec leurs mêmes cheveux bruns en bataille et leurs traits identiques, ils étaient presque impossibles à différencier au premier regard, sauf pour elle. Noah était l’éternel rêveur, toujours en train d’inventer des histoires ou des plans farfelus, tandis que Liam avait un esprit plus méthodique, curieux et observateur.
— Pas question, mes amours, aujourd’hui, c’est une grande journée. Vous avez un contrôle de maths, vous vous souvenez ?
Aussitôt, Noah ouvrit grand les yeux, l’excitation remplaçant la fatigue.
— Oh oui ! Je vais encore battre mon record !
— J’espère qu’ils auront enfin des exercices un peu plus difficiles, sinon ce sera trop facile, bougonna Liam en s’étirant.
Sofia éclata de rire avant de déposer un baiser sur leurs fronts.
— Filez à la douche, petits génies, et venez prendre votre petit-déjeuner.
Dans l’appartement moderne mais chaleureux qu’elle avait aménagé avec soin, Sofia s’affaira dans la cuisine. Elle plaça deux bols de céréales, des tartines de pain complet et deux verres de jus d’orange sur la table en bois verni. Une tasse de café noir l’attendait déjà sur le plan de travail.
Lorsque les garçons entrèrent dans la cuisine, vêtus de leurs uniformes scolaires – chemise blanche, pantalon bleu marine et pull assorti – ils prirent place avec entrain.
— Maman, pourquoi tu ne manges pas avec nous ? demanda Liam en la regardant siroter son café.
— Parce que maman est une super-héroïne qui n’a besoin que de café pour survivre, répondit-elle en plaisantant.
— Ou alors, maman fait attention à sa ligne ! ajouta Noah avec un sourire taquin.
— Oh toi, attention à ce que tu dis, sinon je te chatouille ! s’amusa-t-elle en lui lançant un regard complice.
Après le petit-déjeuner, l’appartement se transforma en un véritable champ de bataille. Noah cherchait son carnet de notes, Liam hésitait entre deux paires de baskets, et Sofia courait partout pour s’assurer qu’ils avaient tout.
— On va être en retard si vous continuez comme ça ! s’exclama-t-elle en attrapant leurs sacs.
Dans la rue, la ville s’éveillait peu à peu. Les klaxons résonnaient au loin, les volets s’ouvraient, et l’odeur du café chaud flottait dans l’air. Tenant une main de chaque côté, Sofia avançait d’un pas rapide en direction de l’école.
Devant l’entrée, elle s’agenouilla pour embrasser ses fils.
— Travaillez bien, mes cœurs. Je vous aime.
— On t’aime aussi, maman ! répondirent-ils en chœur avant de courir vers la cour de récréation.
Sofia les regarda disparaître avec un pincement au cœur, fière mais aussi légèrement nostalgique. Ils grandissaient si vite…
Elias était là, assis au volant, les yeux fixés sur la maison. Elle lâcha le tissu comme s’il lui avait brûlé les doigts.— Non, ce n’est pas possible. Pas lui. Pas encore.— Tu le connais donc ? insista Camille, observant la réaction de son amie. Sophia, qui est cet homme ?Sophia se mura dans le silence, les bras serrés autour d’elle, regardant dans le vide. Camille posa une main douce sur son bras.— Hé, Sophia, parle-moi. Qu’est-ce qui se passe ? Dis-moi, ma belle.La voix pleine de sollicitude de son amie fit céder les dernières digues. Les mots sortirent dans un souffle brisé.— Hier soir… cet homme est venu. Il a frappé à la porte. Et il a déclaré… il a dit qu’il était l’oncle des enfants.— Quoi ? s’exclama Camille, feignant la surprise pour la première fois de la matinée. L’oncle des enfants ? Mais… d’où sort-il ? D’où a-t-il tiré cette information ?— Je ne sais pas, sanglota Sophia, les épaules secouées de sanglots qu’elle retenait depuis la nuit. Mais quand je l’ai regardé
Sofia n'avait jamais rencontré leur père, c’est vrai. Mais en voyant le visage d'Elias, elle vit les traits de ressemblance.— Non, monsieur. Leur père est mort, répéta-t-elle avec une froideur tranchante. Et vous ne serez jamais leur oncle. Vous ne faites même pas partie de la même famille que lui.Elias baissa les mains. Une immense tristesse semblait l’envahir, mais aussi une détermination têtue.— Madame, je crois comprendre. Je comprends votre décision de… de protéger leur histoire, peut-être de leur cacher l’identité de leur père, mais eux, ils le connaissent déjà. Peu importe que mon frère ne les ait pas cherchés, ou qu’il ait tardé. Moi, leur oncle, j’ai besoin d’eux. Ma famille a besoin de savoir qu’ils existent.Il fit un pas de plus, prudent, implorant.— S’il vous plaît. Laissez-moi juste les voir une fois. Les parler, même à travers cette porte. Je vous le promets, je vous le jure sur tout ce qui m’est sacré, je ne vous les prendrai jamais. Ce sont vos enfants, vous les a
Elias gara sa voiture dans le parking souterrain du groupe Lancaster. Il resta quelques secondes immobile derrière son volant, son esprit encore accaparé par l’adresse que le chauffeur de taxi lui avait confiée. Son cœur battait plus fort qu’à l’accoutumée. Il devait absolument garder la tête froide, ne pas se laisser emporter. Inspirant profondément, il sortit de la voiture, prit son attaché-case et se dirigea vers l’ascenseur.Dès qu’il franchit les portes du hall principal, les employés s’inclinèrent légèrement à son passage. Certains chuchotaient, d’autres détournaient le regard, mais Elias n’y prêta pas attention. Il voulait rejoindre son bureau au plus vite.À peine avait-il déposé sa veste sur le dossier de sa chaise que la voix précipitée de sa secrétaire le fit sursauter :— Monsieur Elias, vous avez été absent à la réunion de ce matin. Votre frère était… très sérieux. Il serait préférable d’aller le voir avant de reprendre vos dossiers.Elias serra brièvement les mâchoires,
Le soir, après une longue journée de travail, Elias rentra enfin chez lui. Sa maison, vaste et élégamment meublée, baignait dans un silence lourd, presque oppressant. Il posa sa veste sur le dossier d’une chaise, puis il retira sa montre, qu’il fit glisser de son poignet avant de la déposer machinalement sur la table basse. Il monta lentement dans sa chambre. Elias s’assit sur le bord du lit, le dos courbé, les coudes appuyés sur ses genoux. Ses mains se frottaient nerveusement l’une contre l’autre. Ses pensées, lourdes, tournaient en boucle autour des paroles irresponsables de son frère.Comment peut-il rester si froid face à ses propres enfants ? pensa-t-il en serrant la mâchoire au point de sentir ses dents grincer. Comment peut-il ignorer une telle vérité ?Ses yeux se posèrent sur son téléphone, posé à côté de lui. Il le prit et composa rapidement un numéro.La sonnerie résonna trois fois. Une voix familière répondit, teintée de malice :— Elias ? Tu te rappelles enfin de moi a
Les deux jumeaux tirèrent Sophia à travers les allées jusqu’au rayon des vêtements pour femmes, leurs petits pas pressés résonnant sur le sol carrelé.— Waouh ! Maman, regarde toutes ces belles robes ! s’exclama Liam, les yeux brillants. Elles sont magnifiques !— Oui, maman, elles sont super ! renchérit Noah, incapable de contenir son enthousiasme.Les deux enfants parlaient si fort et avec tant d’entrain que plusieurs clientes se tournèrent vers eux, un sourire amusé aux lèvres. Sophia secoua doucement la tête, amusée, et les laissa l’entraîner.Elle s’arrêta devant une robe exposée sur un mannequin. Le tissu était d’une douceur exquise et la couleur lui allait parfaitement. Ses doigts effleurèrent la matière, admirant la coupe élégante et le tombé impeccable. Mais lorsqu’elle en regarda le prix, son sourire se figea légèrement. La robe était très chère. Sophia savait qu’elle pouvait se le permettre, mais elle hésitait à dépenser une telle somme juste pour une seule pièce, alors que
Après plusieurs minutes à chercher dans le parc, Elias était complètement épuisé. Il ne pouvait s’empêcher de jeter un dernier regard à travers les balançoires et les toboggans, espérant apercevoir les enfants de son frère. Le cœur battant à tout rompre, il se sentait à la fois frustré et inquiet : et si ce n’était pas eux ? Et si les indices s’étaient trompés ?Il retourna à sa voiture et trouva son chauffeur debout, les mains sur les hanches, l’air inquiet.— Monsieur, tout va bien ? demanda-t-il, un brin hésitant.Elias ne répondit pas. Il sortit son téléphone qui donnait de sa poche. L’écran affichait le nom d’Adrien. Son cœur se serra. « Bien sûr, il va me harceler maintenant », pensa-t-il. Il décrocha.— Par où es-tu passé ? s’entendit-il dire, la voix d’Adrien calme mais légèrement irritée. Tu sais que tu es déjà en retard pour la réunion ?— Ma voiture… a eu un petit souci, j'arrive… balbutia Elias, le souffle encore court et les mains tremblantes.Il raccrocha et monta dans l







