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Chapitre 4

Auteur: Léo
last update Dernière mise à jour: 2025-02-18 08:20:21

La cantine bourdonnait d’activités. Les élèves riaient, discutaient à voix haute et se précipitaient vers les distributeurs de nourriture. Au milieu du vacarme, Liam et Noah étaient assis à leur table habituelle, un peu à l’écart, savourant leur déjeuner en échangeant des réflexions sur la matinée de cours.

— Les exercices de maths sont beaucoup trop simples, soupira Noah en piquant distraitement son morceau de pain avec sa fourchette.

— Peut-être qu’on devrait demander un programme avancé, proposa Liam.

Noah haussa un sourcil en tournant la tête vers son frère.

— Toi, tu veux juste plus de défis.

Liam esquissa un sourire, mais son amusement s’effaça rapidement lorsqu’il vit deux silhouettes familières approcher.

Jules et Victor Dubois.

Les jumeaux Dubois étaient leur parfaite opposition. Là où Liam et Noah excellaient en classe, Jules et Victor se complaisaient dans la provocation. Ils les enviaient ouvertement, non seulement pour leurs résultats scolaires, mais aussi pour leur aisance naturelle et leur popularité.

— Tiens, tiens, les petits génies, lança Jules avec un sourire moqueur en s’appuyant contre leur table. Toujours en train de bouffer en réfléchissant à des formules magiques ?

Victor ricana à côté, croisant les bras.

Liam leva à peine les yeux de son assiette, mais Noah, lui, sentit déjà la colère monter. Il n’aimait pas qu’on vienne les chercher.

— On est en train de manger, déclara Liam d’un ton calme. Vous voulez quelque chose ?

— Oui, répondit Victor avec une fausse douceur. Vous dire que peu importe à quel point vous êtes intelligents, il vous manquera toujours quelque chose…

Il marqua une pause, s’assurant que son regard perfide croise bien celui de Noah avant d’ajouter :

— Un père.

Le temps sembla s’arrêter.

Noah sentit son cœur rater un battement. Sa mâchoire se crispa, et il posa lentement sa fourchette.

Liam, lui, se redressa immédiatement, tendu.

— Ignore-les, murmura-t-il.

Mais Noah ne pouvait pas.

Il sentit une vague brûlante de colère l’envahir, son sang battre à ses tempes. Il n’entendait plus que les mots de Victor résonner dans son crâne.

Noah, furieux, bondit de sa chaise et se jeta sur Jules avec une rage incontrôlée. Il le plaqua violemment au sol sous les cris surpris des autres élèves.

— Retire. Ce. Que. Tu. As. Dit, gronda-t-il entre ses dents serrées.

La cantine entière se figea.

Jules, paniqué, tenta de se dégager, mais Noah était trop fort.

Victor voulut intervenir, mais Liam se leva à son tour, le regard glacé.

— Touche mon frère, et je t’assure que tu le regretteras, avertit-il d’une voix tranchante.

Victor hésita. Liam ne montrait pas souvent de violence, mais il savait se faire respecter.

Pendant ce temps, Noah maintenait toujours Jules au sol, ses poings tremblant de colère.

— Noah ! cria une voix féminine.

Il tourna brusquement la tête et aperçut une surveillante se diriger vers eux d’un pas rapide, l’air furieux.

Sentant qu’il allait avoir des ennuis, Liam s’accroupit rapidement à côté de son frère et posa une main sur son épaule.

— Lâche-le, Noah. Ce n’est pas comme ça qu’on leur prouvera qu’ils ont tort.

Les poings de Noah tremblèrent encore un instant, puis il relâcha enfin Jules, qui se redressa en crachant de la poussière.

— Petit con… grogna Jules en s’essuyant la lèvre.

La surveillante arriva à leur hauteur et croisa les bras.

— Que se passe-t-il ici ?

Liam prit la parole avant que les Dubois ne puissent s’exprimer.

— Ils nous ont provoqués. Ils se moquent de nous depuis des semaines.

La surveillante fronça les sourcils et se tourna vers Jules et Victor.

— Est-ce vrai ?

Jules détourna les yeux, tandis que Victor croisa les bras, boudeur.

— Ce n’est pas une raison pour se battre, trancha la surveillante en regardant Noah.

Noah ouvrit la bouche pour protester, mais Liam lui pressa le bras pour lui faire signe de se taire.

— On ne veut pas d’ennuis, madame, assura-t-il d’un ton maîtrisé.

La surveillante les observa un moment, puis soupira.

— Très bien. Mais si je vous reprends en train de vous battre, ça sera une retenue. Est-ce clair ?

Les quatre garçons acquiescèrent, chacun lançant des regards noirs à l’autre camp.

Une fois la surveillante partie, Liam attrapa le poignet de Noah et l’entraîna hors de la cantine.

— Pourquoi tu as fait ça ? demanda-t-il à voix basse.

Noah serra les poings.

— Tu as entendu ce qu’il a dit ? Ils se moquent toujours de nous parce qu’on n’a pas de père !

Liam soupira.

— On n’a pas besoin de prouver quoi que ce soit à ces idiots.

Noah secoua la tête, les mâchoires serrées.

— J’en ai marre de ça, Liam. Marre qu’on nous traite comme des moins que rien parce qu’on n’a pas de père.

Liam posa une main sur son épaule.

— Maman est tout ce dont on a besoin.

Noah soupira, toujours tendu.

Mais au fond de lui, il savait que ce n’était pas si simple.

Le soleil commençait à décliner à l’horizon, baignant l’école d’une lueur orangée. Devant le grand portail en fer forgé, Sofia scrutait la foule d’élèves qui sortaient, un léger sourire aux lèvres comme chaque jour.

Mais ce soir-là, quelque chose clochait.

Liam et Noah n’étaient pas là.

Son cœur se serra immédiatement. Elle savait que ses fils n’étaient pas du genre à traîner après les cours. Ils étaient toujours parmi les premiers à la rejoindre.

Elle attendit quelques minutes de plus, espérant les voir surgir d’un instant à l’autre. Mais la foule d’enfants se clairsemait, et l’angoisse monta en elle.

Le front plissé d’inquiétude, elle prit une grande inspiration et pénétra dans l’enceinte de l’école. Elle marcha d’un pas rapide à travers les couloirs silencieux, croisant quelques enseignants qui terminaient leur journée.

Une seule idée en tête : où étaient ses fils ?

Son instinct de mère lui soufflait qu’il s’était passé quelque chose.

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