เข้าสู่ระบบChapitre 67
Sohan
Je sens le piège avant même de pouvoir le nommer, je le sens dans l'air, dans la façon dont Ivan Karas s'est approché d'Auréna, dans cette aura de danger qui l'enveloppe comme un manteau de brume, dans les regards qu'il pose sur elle avec cette avidité de collectionneur qui m'a tout de suite mis en alerte. Je connais ce genre d'hommes, j'en ai croisé des dizaines dans le monde de l'art,
Chapitre 67SohanJe sens le piège avant même de pouvoir le nommer, je le sens dans l'air, dans la façon dont Ivan Karas s'est approché d'Auréna, dans cette aura de danger qui l'enveloppe comme un manteau de brume, dans les regards qu'il pose sur elle avec cette avidité de collectionneur qui m'a tout de suite mis en alerte. Je connais ce genre d'hommes, j'en ai croisé des dizaines dans le monde de l'art, des milliardaires blasés qui confondent désir et possession, qui s'ennuient de tout et qui cherchent dans les êtres rares un divertissement à la hauteur de leur fortune. Ivan Karas est de cette espèce-là, en pire, en plus dangereux, en plus obscur, et je sais, je sais au plus profond de moi que cet homme ne reculera devant rien pour obtenir ce qu'il veut. Et ce qu'il veut, c'est Auréna.Je l'attends dans le hall de son hô
Chapitre 66AurénaLe restaurant où Ivan Karas m'a donné rendez-vous est un écrin de velours et d'or niché au sommet d'une tour de verre, un lieu si exclusif que le simple fait d'y pénétrer semble déjà une transgression. Les murs sont tapissés de soie sombre, les tables sont espacées comme des îles dans un océan de pénombre, et les lustres en cristal taillé projettent sur les visages des lumières mouvantes qui dissimulent autant qu'elles révèlent. Je suis installée face à lui, le dos droit, les mains posées sur la nappe immaculée, et je soutiens son regard avec une assurance que je suis loin de ressentir. Il est assis en face de moi, immense et tranquille, les épaules larges, le visage énigmatique, et il me dévisage avec cette intensité troublante qui me donne l'i
Chapitre 65AurénaL'exposition touche à sa fin, et la galerie commence à se vider, les derniers visiteurs s'attardant devant les vitrines illuminées comme des papillons de nuit autour d'une flamme. Je suis debout près de la réception, ma coupe de champagne à la main, le sourire figé sur mes lèvres, et je me prépare à rentrer à l'hôtel, à me glisser dans les draps froids de cette suite immense, à regarder le plafond pendant des heures en pensant à lui, à Nolan, à ce que j'ai fui, à ce que je ne parviens pas à oublier. La fatigue m'écrase, mes pieds sont meurtris par les escarpins que je porte depuis des heures, et je n'aspire qu'à une chose : le silence, la solitude, l'oubli.C'est alors qu'il entre. Un homme immense, massif, vêtu d'un costume sombre qui doit co&uc
Chapitre 64MatthieuJe referme la porte du bureau derrière moi, et je reste un instant immobile dans le couloir obscur, la main encore posée sur la poignée en bronze, le cœur serré par ce que je viens de voir. Nolan, mon frère aîné, l'héritier de l'empire Vercier, l'homme qui faisait trembler les marchés, n'est plus qu'une ombre, une carcasse vide qui se consume lentement dans ce mausolée familial comme une bougie qui arrive au bout de sa mèche. Je ne l'avais pas vu depuis dix ans, dix longues années d'exil volontaire passées à fuir cette famille, ce nom, ce destin qu'on voulait me faire porter, et je m'attendais à retrouver le Nolan froid et dominateur que j'avais quitté, pas cet homme brisé, les yeux caves et le teint blafard, prostré dans le fauteuil de notre père comme un roi déchu sur son tr&o
Chapitre 63NolanParis n'est plus qu'un tombeau, un vaste mausolée de pierre et de verre où je déambule comme un spectre, incapable de trouver le repos, incapable de trouver la paix, incapable de trouver autre chose que ce vide immense qui s'est installé en moi depuis qu'Auréna est partie. L'hôtel particulier est silencieux, trop silencieux, et chaque pièce que je traverse résonne de son absence, chaque meuble que je frôle porte encore l'empreinte de ses doigts, chaque rideau que je tire laisse entrer une lumière qui n'éclaire plus rien. Je me suis réfugié dans le bureau de mon père, cette pièce sombre et majestueuse où j'ai passé tant d'heures à lire et à relire les dossiers de l'empire familial, et je reste assis dans le fauteuil en cuir, les yeux fixés sur la cheminée éteinte, le cœ
Chapitre 62AurénaLe lendemain de l'exposition, New York se réveille sous un ciel gris et bas, un ciel d'hiver qui écrase les tours de Manhattan et qui donne à la ville des allures de forteresse assiégée par les nuages. Je suis assise à la table du petit-déjeuner dans la suite que Sohan a réservée pour nous, un appartement immense au trentième étage d'un hôtel de luxe, avec des baies vitrées qui donnent sur Central Park et des meubles design qui semblent n'avoir jamais servi. Le café fume dans ma tasse, les viennoiseries sont disposées sur un plateau en argent, et le journal du matin est ouvert devant moi, mais je ne lis pas, je ne mange pas, je ne bois pas. Je regarde les arbres dénudés de Central Park, leurs branches noires qui se découpent sur le ciel gris, et je pense à Paris, à l'atelier, &ag







