LOGINChapitre 72
Arielle
Il ne savait pas. La vérité l'a frappé en plein cœur. Il est devenu livide, il a vacillé. Damien Ashford, le monstre, n'était qu'un enfant manipulé. Ma haine se fissure. Je ne veux pas qu'elle se fissure.
Je le vois dans ses yeux, ce vide soudain, cette horreur qui engloutit tout. Il était adossé au mur du couloir, il m'attendait, et quand j'ai prono
Chapitre 93DamienElle est dans l’atelier. Les mains tachées. Le front plissé. La toile est presque terminée. Un paysage. La mer. Le ciel. Une maison blanche au bord de la falaise.Je suis dans le coin. Sur la vieille chaise. Je regarde. Je ne dis rien. Je ne touche pas. Je ne commente pas.Elle pose son pinceau. Elle recule. Elle contemple. Puis elle se tourne vers moi. Elle attend.Je me lève. Je m’approche. Je regarde la toile. Longtemps.— C’est beau.Elle hausse un sourcil.— Vraiment ?— Vraiment. Tu as capté la lumière. La vraie. Celle qui vient de la mer. Celle qui te ressemble.Elle ne dit rien. Elle attend la suite.— Je suis fier de toi.Le
Chapitre 92ArielleIl me demande mon avis. Pour la première fois.— Qu’est-ce que tu veux manger, ce soir ?Je le regarde. Il est debout dans la cuisine, la porte du réfrigérateur ouverte. Il ne plaisante pas. Il attend.— Je ne sais pas.— Choisis. Ce que tu veux. N’importe quoi.— Pourquoi ?— Parce que c’est toi qui décides. Ce soir. Pour le dîner.Je cherche le piège. Je ne trouve rien. Alors je dis :— Des pâtes. Aux tomates. Basilic.Il hoche la tête. Il sort les ingrédients. Il cuisine. Je le regarde faire. Il ne me demande pas de l’aider. Il ne me dit pas comment faire. Il me laisse asseoir sur le tabouret et regarder. Et c’est étrange. Nouveau. Presque dérangeant.Le lendemain, c’est un film.— Qu’est-ce que tu veux voir ?Encore. Cette question. Qu’est-ce que tu veux, toi ? Pas « on regarde ça ». Pas « j’ai choisi pour nous ». Juste « toi ».— Un truc drôle. Pas prise de tête.Il sourit. Il met le film. Il s’assoit à l’autre bout du canapé. Il ne s’approche pas. Il ne me to
Chapitre 91DamienLa dispute nous a purgés.Je suis allongé sur le parquet de l'atelier. Les bras en croix. Le souffle court. Le corps vidé. À côté de moi, elle est sur le flanc, les cheveux collés au front, les joues encore rouges. Nos mains sont l'une dans l'autre. Je ne sais pas comment elles se sont retrouvées là. Après les cris, après les larmes, après le baiser, nous nous sommes effondrés. Et maintenant, le silence.Un silence qui n'a rien à voir avec ceux d'avant. Un silence vidé de la haine, de la peur, de la tension. Un silence épuisé. Presque apaisé.Je fixe le plafond. Les murs de l'atelier sont tachés de peinture. Des traces de ses mains. Des traces d'elle. Je respire. Mon cœur ralentit. Mes muscles se détendent. Je ne me so
Chapitre 90ArielleTout a commencé par une broutille. Un pinceau. Un seul pinceau que j’avais laissé sur la table de l’atelier, et qu’il avait rangé dans le pot, avec les autres. Un geste anodin. Un geste de rien. Mais quand je suis entrée et que je l’ai vu aligné avec les autres, j’ai senti quelque chose se briser.— Tu as touché à mes affaires ?Il était dans le couloir. Il s’est arrêté.— J’ai juste rangé un pinceau. Il traînait.— Il ne traînait pas. Il était là où je l’avais laissé.— Arielle, ce n’est qu’un pinceau.— Ce n’est pas qu’un pinceau ! C’est mon espace. Mon atelier. Tu avais promis de ne pas toucher.Il a soupiré. Un soupir de lassitude. Et ce soupir a tout déclenché.— Je n’ai pas touché à ton atelier. J’ai rangé un pinceau. C’est tout.
Chapitre 89DamienElle doute encore.Je le vois dans ses yeux qui m'évitent, dans ses mains qui se retirent quand je les frôle, dans son corps qui se tend imperceptiblement quand j'entre dans une pièce. Elle doute. Elle a raison. Elle a toutes les raisons du monde de douter.J'en souffre.Chaque recul est une lame qui s'enfonce dans ma poitrine. Chaque silence est un coup qui me rappelle ce que j'ai fait. Chaque fois qu'elle vérifie les serrures le soir, chaque fois qu'elle regarde la porte comme une issue possible, chaque fois qu'elle garde cette clé dans sa poche comme une arme, je sens la douleur monter, lancinante, insupportable. Je pourrais me plaindre. Je pourrais exiger. Je pourrais supplier. Je pourrais lui dire que je ne suis plus celui qui l'a enfermée, que j'ai changé, que je me bats chaque jour contre mes démons.
Chapitre 88ArielleIl a dit qu’il me laisserait partir. Je veux le croire.Je répète ses mots dans ma tête, encore et encore, comme une litanie. Je te laisserai partir. Je t’aimerai de loin. C’était la bonne réponse. Il n’a pas menti. Je l’ai vu dans ses yeux, dans la façon dont sa voix s’est brisée, dans la façon dont il n’a pas essayé de me retenir. Il n’a pas posé sa main sur mon bras. Il ne s’est pas levé. Il ne m’a pas suppliée. Il est resté assis, les mains sur les genoux, et il a dit ces mots qui l’ont déchiré. Je le sais. Je l’ai vu.Je veux le croire.Mais une partie de moi attend le piège. C’est plus fort que moi. C’est viscéral. C’est gravé dans mes os, dan







