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La scène qui se déroula lorsque la future épouse de Logan apparut à l’entrée de la salle resterait gravée dans la mémoire de tous les invités. Un silence électrique, ponctué de chuchotements étouffés et de respirations retenues, s’abattit sur l’assemblée. Là où les parents de Logan s’attendaient à voir leur futur belle-fille dans sa robe, c’était une jeune femme qui avançait d’un pas ferme, la main légèrement tremblante mais le menton haut. Emmanuella Johnson était une vision d’élégance féminine. Sa robe blanche crème, taillée sur mesure, épousait ses épaules délicates et sa silhouette longiligne avec une grâce aristocratique. Ses cheveux noirs de jais, coiffés avec un naturel étudié, contrastaient avec la pâleur de son teint. Mais c’étaient ses yeux, grands et sombres, cerclés d’une lueur d’appréhension mais aussi d’une détermination farouche, qui captivaient. Elle était d’une beauté saisissante, qui fit passer un souffle collectif dans la salle. Les parents de Logan, assis au premier rang, se figèrent. Mme Smith porta une main à sa bouche, son visage passant de la confusion à la stupéfaction, puis à une consternation muette. M. Smith, lui, fronça les sourcils, son regard allant de son fils, impassible à l’autel, à cette inconnue magnifique. Ce n’est pas possible. Une erreur. Leur fils ne leur avait rien dit. Ils voulaient des petits-enfants, des rires dans le jardin, une belle-fille avec qui partager des parties de golf… Pas… pas cela. Mais ils savaient. Ils savaient que leur fils avait aimé une femme. Ce mariage improvisé sentait la tentative désespérée de sauver les apparences, un écran de fumée tissé dans l’urgence. C’était du grand n’importe quoi, un mensonge en habit de cérémonie. Mais quand ils virent le visage de Logan alors qu’Emmanuella le rejoignait, une lueur étrange y brilla. Ce n’était pas l’amour, non. C’était de la surprise, du respect peut-être, face au courage de cette inconnue qui affrontait, elle aussi, le jugement de tous. Et, malgré eux, ils ne purent nier la beauté hypnotique de la jeune femme. « Elle a les yeux de sa mère, la détermination aussi », chuchota M. Smith, plus pour lui-même que pour son épouse. ✍ La salle de réception, baignée d’une lumière dorée et remplie du parfum des lys, était un paradoxe vivant. D’un côté, Leslie Johnson rayonnait. Elle arpentait les tables, échangeant des sourires victorieux et des toasts, comme si ce mariage avait toujours été le plan originel. Sa fille était enfin « casée », et avec un parti bien plus séduisant et mystérieux que le fiancée capricieux qui avait fui. Elle voyait déjà les opportunités, l’alliance des réseaux, la curiosité flatteuse que suscitait ce couple improbable. De l’autre côté de la salle, les parents de Logan formaient une île de gêne polie. Ils souriaient, serraient des mains, mais leurs sourires étaient tendus, leurs yeux évitant de croiser ceux des invités trop curieux. Ils buvaient leur champagne d’un trait, espérant noyer leur incompréhension et ce sentiment sourd de trahison. Leur fils leur avait volé son vrai mariage, sa vraie joie, pour la remplacer par cette mascarade. Emmanuella, assise à la table d’honneur, sentait ce malaise comme une brise glacée. Elle suivait des yeux les allées et venues de Leslie, puis le regardait, lui, avec une intensité muette. Elle s’en fichait, en apparence. Elle avait passé sa vie sous le regard des autres, à être la fille parfaite, le joyau à exhiber. L’avis de ses nouveaux beaux-parents ? Un bruit de fond de plus. Ce qui la troublait davantage, c’était l’homme à ses côtés. Logan jouait son rôle à la perfection, souriant, conversant, mais Emmanuella voyait la crispation de sa mâchoire, la façon dont ses doigts serraient parfois son verre. Ils étaient deux acteurs sur une scène qu’ils n’avaient pas écrite, dirigés par une mère de fer et les circonstances. ✍ La tension dans la limousine décorée de rubans blancs était palpable, presque physique. Les derniers sourires forcés de la réception s’étaient effacés, laissant place à une fatigue nue. Emmanuella, adossée à la banquette de cuir souple, se rongeait méthodiquement l’ongle de son pouce, un tic nerveux qu’elle croyait avoir dompté. Le vernis transparent était déjà écaillé. Que faisait-elle là ? Sa mère lui avait simplement glissé à l’oreille, entre deux sourires aux photographes : « Suis ton mari maintenant. Sois sage. » Suivre son mari. Vers où ? Vers quoi ? L’angoisse montait en elle, un vertige silencieux. Le bruit de la ville, assourdi par les vitres teintées, formait une bande-son étrangère à leur bulle de malaise. Après un long moment où seul le ronronnement du moteur comptait les secondes, Emmanuella brisa le silence. Sa voix, plus faible qu’elle ne l’aurait souhaité, sembla résonner dans l’habitacle. — Que… que fait-on maintenant ? Logan, qui fixait la nuit défilant par la vitre, tourna lentement la tête. La question, si simple, pesait des tonnes. Elle ouvrait la porte sur l’après, sur le vrai début de cette folie. Il réfléchit, semblant peser chaque option dans une balance invisible. — Je pense… que nous devrions rentrer. Qu’en penses-tu ? Il pencha la tête sur le côté, une simple interrogation, mais le geste, dans la pénombre de la voiture, parut d’une douceur inattendue à Emmanuella. Une vague de chaleur lui monta aux joues. Il est mignon quand il fait ça, pensa-t-elle avant de se mordre l’intérieur de la joue, alarmée par sa propre réaction. Elle détourna les yeux, hochant vigoureusement la tête. — Oui. Rentrons. Logan se reconcentra sur la route, un léger sourire aux lèvres, tandis qu’Emmanuella, le cœur battant un peu trop vite, se sentait perdue. Tout était nouveau, effrayant. Ce n’était pas son jeune âge – elle était une adulte – mais l’immense vide de son expérience. Elle avait été protégée, chaperonnée, mise sur un piédestal. L’amour, la romance, l’intimité partagée… c’étaient des concepts qu’elle avait observés de loin, comme un spectacle auquel elle n’était jamais conviée. Et maintenant, elle se retrouvait propulsée en tête d’affiche, sans connaître son texte.❍Le premier rayon de l’aube, pâle et timide, effleura les paupières closes d’Emmanuella . Elle ouvrit les yeux dans la pénombre bleutée d’une chambre qui n’était pas la sienne. Un instant de désorientation, le cœur battant, avant que la mémoire ne revienne en un flot glacé : le mariage, la maison de Logan Smith, le canapé où l’autre dormait encore.Une étrange détermination la saisit. Elle n’était pas chez elle, mais elle ne serait pas une invitée passive. Elle était l’épouse, quel que soit le sens que l’on donnait à ce mot. Silencieuse comme une ombre, elle se leva, fit son lit avec une précision militaire, les plis nets et les coins impeccables. Puis, elle se dirigea vers le dressing immense de Logan. Elle passa ses doigts sur les rangées de costumes sombres, de chemises blanches parfaitement alignées. L’odeur discrète du cèdre et d’un parfum masculin, léger et chaleureux, y régnait. Elle choisit un jean souple et un simple pull en cachemire gris perle, des vêtements qui parlaient
❍La maison de Logan n’était pas une maison ; c’était une demeure. Une structure moderne aux lignes épurées, semblant sortie d’un magazine d’architecture, se dressait au bout d’une allée discrètement éclairée. Emmanuella la regarda sans un émoi particulier. Elle avait grandi entre les murs d’une propriété tout aussi vaste, tout aussi froide dans sa perfection. La richesse, elle connaissait. C’était une langue qu’elle parlait couramment.Le véritable défi apparut quand Logan ouvrit le coffre, révélant trois énormes valises Louis Vuitton. Le jeune homme laissa échapper un soupir audible, exagéré mais chargé d’une lassitude réelle. — Toutes mes excuses pour le dérangement, murmura Emmanuella, gênée. Elle n’avait pas prévu de déménager, mais sa mère avait fait envoyer ses affaires essentielles, comme si elle savait qu’elle ne reviendrait pas de sitôt.Aucun domestique n’apparut. — Ils dorment, dit simplement Logan, en saisissant deux valises. Emmanuella s’empara de la troisième, et ensemb
❍La scène qui se déroula lorsque la future épouse de Logan apparut à l’entrée de la salle resterait gravée dans la mémoire de tous les invités. Un silence électrique, ponctué de chuchotements étouffés et de respirations retenues, s’abattit sur l’assemblée. Là où les parents de Logan s’attendaient à voir leur futur belle-fille dans sa robe, c’était une jeune femme qui avançait d’un pas ferme, la main légèrement tremblante mais le menton haut.Emmanuella Johnson était une vision d’élégance féminine. Sa robe blanche crème, taillée sur mesure, épousait ses épaules délicates et sa silhouette longiligne avec une grâce aristocratique. Ses cheveux noirs de jais, coiffés avec un naturel étudié, contrastaient avec la pâleur de son teint. Mais c’étaient ses yeux, grands et sombres, cerclés d’une lueur d’appréhension mais aussi d’une détermination farouche, qui captivaient. Elle était d’une beauté saisissante, qui fit passer un souffle collectif dans la salle.Les parents de Logan, assis au prem
✍De l’autre côté de l’hôtel de luxe, dans un couloir désert baigné d’une lumière dorée, un autre cœur se brisait en silence.Logan Smith était assis par terre, le dos contre une porte anonyme, les jambes repliées contre lui. Son smoking noir impeccable contrastait avec le désordre intérieur qui le ravageait. Dans sa main serrée à blanc, un morceau de papier parchemin froissé, à peine lisible sous les traces de larmes séchées.« Logan, je ne peux pas. Je ne t’aime pas assez pour dire ‘oui’ devant tout le monde. Pardonne-moi. Sois heureux. »Trois lignes. Trois lignes pour balayer trois ans de vie commune, de projets, de rires partagés, d’amour qu’il croyait réel. Elle avait choisi de le lui apprendre par une note glissée sous la porte de sa chambre, sans un adieu en face, sans un dernier regard.— Merde…, gronda-t-il, la tête renversée contre le bois. Un son rauque, plein de colère rentrée et de désespoir.Tout était prêt. La salle de bal décorée de milliers de fleurs blanches, les de
★♪★Un cri d’angoisse déchira le silence feutré de la suite nuptiale, cristallisant toute la tension qui y régnait.— Calme-toi, maman, s’il te plaît.La voix d’Emmanuella Johnson était douce, posée, mais une fine fissure y tremblait malgré tout. Elle était assise sur le bord du canapé de velours, immaculée dans sa robe blanche et argentée, un bouquet de lys oublié à ses pieds. Elle avait l’air d’une peinture précieuse, d’une beauté presque irréelle avec ses traits fins et ses grands yeux sombres, mais son regard était fixé sur le vide.Face à elle, Leslie Johnson arpentait la pièce comme une lionne en cage. À cinquante-cinq ans, elle était toujours l’incarnation d’un pouvoir et d’un charisme magnétiques. Ses cheveux d’ébène étaient coiffés avec une sévérité élégante, sa robe de soirée moulante épousait une silhouette qui défiait le temps. Mais son masque de contrôle craquelait, révélant une vulnérabilité brutale, maternelle et féroce.— Me calmer ? Comment veux-tu que je me calme ? m







