Se connecterLes mots de Sabine résonnaient encore dans l'esprit d'Alena, comme un écho obstiné qu'elle ne parvenait pas à chasser.« Ce n'est pas une intoxication alimentaire... Vous devez faire un test. »Assise derrière son bureau, elle secoua la tête avec violence, comme pour repousser une pensée importune.Non. Sabine se trompait.C'était le stress, rien que le stress.La perte du contrat de Duisbourg, la pression de son père, les nuits blanches à restructurer la logistique.Son corps réagissait simplement à la surcharge de travail, comme il l'avait toujours fait.Elle n'était pas enceinte. C'était impossible.Une seule nuit. Un inconnu. Une contraception à jour.Les probabilités étaient contre cette hypothèse ridicule.Alena se répéta ces arguments comme un mantra, espérant que la répétition finirait par effacer le doute.Elle plongea la tête dans ses dossiers de restructuration, s'obligeant à se concentrer sur les chiffres.Les chiffres ne mentaient pas. Les chiffres étaient fiables.Contra
Le silence qui suivit la fermeture des portes de la salle du conseil d'administration fut pour Alena d'une violence presque inouïe.Seule dans cette immense pièce froide, entourée par les écrans géants qui affichaient encore la défaite boursière du Richter Group, elle sentit ses jambes fléchir.La colère qui l'avait maintenue droite face à son père et aux administrateurs s'évapora d'un coup.Elle se retrouva vide, épuisée et d'une vulnérabilité qu'elle exécrait par-dessus tout.Elle posa ses mains tremblantes sur le bord de la table en acajou verni.La nausée, qui n'avait cessé de couver durant toute la réunion, revint à la charge avec la force d'un raz-de-marée.Ce n'était plus seulement un estomac noué par le stress.C'était une sensation de soulèvement viscéral, une révolte brutale de son propre corps qu'elle ne pouvait plus ignorer.Sa poitrine se serra.L'air de la pièce, pourtant purifié par les systèmes de climatisation les plus modernes de la tour, lui parut soudainement rare,
La salle du conseil d'administration du Richter Group était plongée dans une pénombre solennelle.Uniquement éclairée par la lumière bleutée du grand écran mural qui affichait les résultats du marché financier de Francfort.Autour de la table en acajou verni, les administrateurs majeurs de la dynastie s'étaient installés.Leurs visages sombres et tendus fixés sur les chiffres rouges qui s'égrenaient à l'écran.L'atmosphère était si lourde qu'on aurait pu entendre une aiguille tomber sur la moquette épaisse.À la tête de la table, Dietrich von Richter se tenait debout, immobile, tel un monument de pierre volcanique prêt à exploser.Ses cheveux blancs étaient impeccablement coiffés, mais ses yeux d'acier jetaient des éclairs d'une fureur contenue qui terrifiait la moitié de l'assemblée.Alena était assise à sa droite.Elle portait un tailleur-pantalon noir d'une coupe stricte, sa chemise de soie blanche boutonnée jusqu'au menton.Elle se tenait droite, les mains croisées sur ses genoux
Le soleil de la sixième semaine d'automne filtrait à travers les stores vénitiens en aluminium brossé du bureau d'Alena.La lumière découpait l'espace en longues bandes alternées d'ombre et de lumière dorée.Sur l'immense table de conférence en verre noir, les dossiers s'accumulaient, témoins muets d'une guerre d'usure qui ne laissait aucun répit.Depuis la confrontation électrique au ministère de l'Économie, Alena n'avait pas compté ses heures.Elle avait passé ses nuits à analyser les failles logistiques de Hoffmann Industries, à peaufiner ses projections et à verrouiller ses alliances suédoises.Elle s'était donné pour mission d'anéantir Maximilian Hoffmann sur le terrain des affaires.Elle voulait prouver à son père, et au monde entier, que le nom de Richter ne s'inclinait devant personne.Pourtant, ce matin-là, la véritable bataille ne se jouait pas sur les marchés financiers.Elle se déroulait à l'intérieur de son propre corps.---Alena était assise à son bureau, une main press
Le grand salon d'honneur du ministère de l'Économie de Bavière était un chef-d'œuvre d'architecture classique.Les boiseries en chêne doré et les hauts plafonds peints conféraient aux réunions d'affaires une solennité presque religieuse.Autour de l'immense table de conférence en acajou verni, une dizaine de hauts fonctionnaires de l'État et d'experts financiers s'étaient installés.Leurs visages graves trahissaient l'importance du projet de transition écologique qui allait être attribué ce jour-là.Un contrat d'infrastructure de plusieurs milliards d'euros, capable de consolider ou de détruire l'avenir des deux plus grandes dynasties industrielles du pays.Alena von Richter prit une inspiration lente et profonde, s'efforçant de détendre les muscles de sa nuque.Elle était assise à l'extrémité gauche de la table, flanquée de Sabine et de son équipe de juristes.Elle portait un tailleur de laine bleu nuit d'une sévérité absolue, mais d'une élégance rare, qui soulignait sa silhouette fi
Le crépuscule tombait sur Munich, teintant de reflets violacés et sombres les vitres blindées du bureau de Maximilian Hoffmann. Pourtant, l'héritier de Hoffmann Industries n'avait cure du spectacle de la ville qui s'enfonçait dans la nuit. Pour lui, la journée n'avait été qu'une longue et épuisante mise en scène. Il avait enchaîné les comités de direction, signé des contrats valant plusieurs dizaines de millions d'euros, et feint d'écouter les directives belliqueuses de son père. Mais son esprit, lui, était resté bloqué au quarante-cinquième étage d'une tout autre tour : celle de sa propre obsession. Max était assis, immobile, faisant tourner entre ses doigts longs et agiles un stylo plume en or massif. Devant lui, sur le bureau de verre noir, reposait un dossier en cuir sombre, vierge de toute inscription. Il attendait. --- Un coup sec et discret fut frappé à la porte de son sanctuaire. — Entrez, ordonna Max, sa voix coupant le silence comme une lame froide. La lourde por







