LOGINPOV : Nikolai
Le rapport de Timur, posé sur mon bureau ce matin-là, mentionne un détail insignifiant en apparence : Alima a mentionné, en passant lors d'un déjeuner avec ses amis, vouloir se procurer un manuel de cardiologie récent, un ouvrage difficile à trouver en dehors des librairies spécialisées.
Je ne sai
POV : AlimaJe regagne le salon principal, m'efforçant de retrouver une contenance avant que Nikolai ne remarque le trouble qui doit encore se lire sur mon visage. La musique feutrée de l'orchestre emplit la pièce d'une mélodie discrète, les conversations bourdonnant autour de moi comme un fond sonore que je peine désormais à traverser sans y prêter une attention nouvelle, méfiante.Je le retrouve près d'une fenêtre, en pleine discussion avec un homme d'affaires que je ne connais pas, et je m'approche discrètement, glissant ma main dans la sienne, un geste qu'il accueille sans surprise particulière, presque par automatisme, tout en continuant sa conversation.— Tout va bien ? me murmure-t-il, à peine tourn&eacut
POV : AlimaL'invitation arrive un jeudi après-midi, une enveloppe épaisse et crème, le sceau des Chernova gravé en relief sur le rabat, déposée directement sur la table de l'entrée par un porteur en livrée qui ne prononce pas un mot avant de repartir.Nikolai la lit en silence ce soir-là, son visage se fermant progressivement à mesure qu'il parcourt les lignes calligraphiées avec soin.— Une réception privée, dit-il enfin, la voix tendue. Konstantin en personne, dans sa propriété familiale. Il insiste pour que nous y assistions tous les deux.— On doit y aller ? je demande, sentant déjà une appréhension familière me nouer l
POV : NikolaiLe rapport de Timur, posé sur mon bureau ce matin-là, mentionne un détail insignifiant en apparence : Alima a mentionné, en passant lors d'un déjeuner avec ses amis, vouloir se procurer un manuel de cardiologie récent, un ouvrage difficile à trouver en dehors des librairies spécialisées.Je ne sais pas exactement pourquoi ce détail retient mon attention plus longtemps qu'il ne le devrait. C'est le genre d'information que je consulte habituellement d'un œil purement fonctionnel, cherchant uniquement les anomalies, les menaces potentielles, jamais les petites envies personnelles d'une étudiante en médecine.Je passe commande le jour même, sans vraiment m'attarder sur les raisons de ce geste, me convainquant qu'i
POV : AlimaLa cafétéria bourdonne de son animation habituelle quand je m'installe face à Sonia, son plateau déjà entamé, ses yeux se levant vers moi avec cette attention scrutatrice qui ne me quitte plus depuis plusieurs semaines.— Tu as encore ces cernes, dit-elle, sans préambule, avant même que je n'aie pu m'asseoir complètement. Et cette fois, ne me dis pas que c'est à cause des révisions.— Sonia, dis-je, fatiguée d'avance par cette conversation que je vois déjà venir.— Non, coupe-t-elle, sa voix ferme malgré la douceur qu'elle s'efforce d'y maintenir. J'en ai assez de te voir t'éteindre un peu plus chaque semaine sans que tu me laisses t'
POV : AlimaLes jours qui suivent cette conversation se déroulent dans une atmosphère légèrement différente, sans que je parvienne à définir précisément en quoi. Nikolai reste égal à lui-même, cette même froideur méthodique gouvernant chacun de ses gestes, ses horaires toujours aussi rigides, ses attentes toujours aussi élevées concernant mes résultats académiques.Et pourtant, je remarque, presque malgré moi, de petites incohérences que je n'aurais probablement jamais notées quelques semaines plus tôt. Une question posée sur mon emploi du temps qui semble anticiper un imprévu avant même que je ne le mentionne moi-même. Une remarque en apparence anodine sur la fatigue visible sur mon visag
POV : AlimaJe n'ai pas dormi de la nuit, allongée dans le noir à écouter la respiration régulière de Nikolai à mes côtés, cette même respiration qui, quelques heures plus tôt, m'avait semblé presque rassurante quand il s'était assis près de moi après l'incident, sans un mot, sans une explication, juste une présence silencieuse que je n'avais pas su interpréter sur le moment.Le matin venu, je me lève avant lui, épuisée mais résolue, cette nuit blanche ayant au moins eu le mérite de clarifier une chose dans mon esprit : je ne peux plus continuer à vivre dans cette ignorance, à me contenter des miettes d'explications qu'il veut bien me laisser tomber quand ça l'arrange. Je m'habille rapidement, sans pr







