Beranda / Romance / ​La Demeure des Saphirs Froids / Chapitre 1 : Le Creux de la Vague et le Détour Funeste

Share

​La Demeure des Saphirs Froids
​La Demeure des Saphirs Froids
Penulis: Amberi Belym

Chapitre 1 : Le Creux de la Vague et le Détour Funeste

Penulis: Amberi Belym
last update Terakhir Diperbarui: 2025-12-13 06:10:47

Clara Tour, quarante-deux ans, n’était plus qu’une silhouette spectrale dans le rétroviseur d’une existence désintégrée. La route vers Toulouse n’était qu’une ligne droite vers un futur incertain, l'unique échappatoire après le triple coup de massue qui l’avait anéantie. Le divorce s’était révélé non pas une fin, mais une amputation douloureuse, suivie de près par un licenciement économique qui avait balayé sa carrière de Chargée de Recrutement en entreprise. Sa compétence n'avait été d'aucune aide face à la restructuration froide et impersonnelle. Enfin, le deuil de son père l’avait laissée dans un vide existentiel que rien ne parvenait à combler.

​Le silence pesant du Font-Vendôme, son unique possession conséquente, était la toile de fond de ses pensées. Ses enfants – les jumelles de seize ans, Ambre et Opale, et le jeune Jasper de six ans – occupaient chaque parcelle de son esprit. Ils étaient son moteur, et l'impératif de leur offrir un nouveau cadre de vie digne était la seule chose qui l’empêchait de céder au découragement.

​La fatigue du voyage, cumulée à la tension psychologique, lui avait fait manquer l'autoroute. Ce n'était pas un simple oubli ; c'était une défaillance de son attention, une rupture de concentration typique de son esprit perpétuellement en ébullition, analysant sans cesse les scénarios possibles (passés comme futurs). Elle se retrouva engouffrée sur une départementale oubliée, où les pins s'élevaient en sentinelles lugubres, et le crépuscule s'épaississait.

​La trahison mécanique fut brutale : le voyant orange clignota, puis le Font-Vendôme toussota et mourut. L'arrêt fut d'une violence sourde, au milieu d'une isolation absolue. « Stupide, stupide, stupide ! » L'autoflagellation mentale fut immédiate. Une analyse rapide de la situation lui dicta l'urgence : pas de réseau, le soleil disparaissant. L'émotion était mise de côté, remplacée par la nécessité d'une solution immédiate.

​Elle sortit. L’air était d’une fraîcheur excessive, presque antithétique à l’atmosphère d’été. Le téléphone affichait une absence totale de signal. Son regard hyper-vigilant parcourut les environs. Elle se rappela l'impression de richesse et de désuétude d'une propriété aperçue plus tôt.

​La marche fut une discipline. Elle se concentra sur le balancement de ses bras, sur le rythme de ses pas pour éviter que son esprit ne s'emballe. Elle atteignit la grille en fer forgé. Le portillon, curieusement silencieux, s'ouvrit facilement, comme si l’interdit n’existait pas pour cette demeure.

​L'allée, bordée de cyprès, était un tunnel vers l'inconnu. La villa, Le Miroir de la Nuit, se dressait en pierre massive, ses hautes fenêtres observant l'intruse. C'était une architecture qui suggérait la permanence, l'éternité, contrastant brutalement avec l'éphémère et la fragilité de la vie humaine.

​Elle frappa. Le son était sourd. Elle dut frapper plusieurs fois avec une détermination accrue. Son besoin d'action, son impatience face à l'immobilité, prenait le dessus. Elle ne pouvait pas attendre passivement.

​Lorsque Marius ouvrit, son attitude fut immédiatement décortiquée par l'esprit analytique de Clara : l'absence d'empathie, la posture rigide, le costume parfait. Elle fit sa demande avec une clarté et une concision professionnelles. Le refus de Marius fut perçu comme une aberration sociale, une faute de protocole dans un lieu si ostensiblement opulent.

​Elle se dressa, la colère alimentée par le souvenir de son licenciement injuste. « C’est inhumain ! » Son sens aigu de la justice, souvent trop vif, prenait le dessus.

Depuis le bureau du premier étage, un homme alerte par des bruits entrouvrit les rideaux pour considérer l'intruse. Il connaissait l'instinct de protection de Marius à son égard et su bien avant les premières paroles que ce dernier aurait vite fait de prendre congé dûment leur visiteur. Pour autant, il ne savait pas l'expliquer mais Lucien ressenti un besoin vital d'aller à la rencontre de leur ôte.

​Son apparition fut un choc sensoriel qui coupa court à la réactivité de Clara. Sa voix grave, son allure imposante. Et ses yeux. Les saphirs froids. La sensation du coup de foudre fut immédiate, une décharge électrique qui court-circuissait sa capacité d'analyse. Elle lui tendit la main pour le saluer, et pour la première fois depuis des mois, elle sentit une attraction irrationnelle qui transcendait la logique. Elle venait de trouver un point fixe dans le chaos, sans savoir que ce point était un prédateur.

Lanjutkan membaca buku ini secara gratis
Pindai kode untuk mengunduh Aplikasi

Bab terbaru

  • ​La Demeure des Saphirs Froids   Chapitre 9 : L'Éveil de Saint-Cyprien

    ​L’appartement du quartier Saint-Cyprien sentait encore la peinture fraîche et le bois ciré, un contraste saisissant avec l'odeur de poussière séculaire et d'encens du manoir. Situé au deuxième étage d'un immeuble de briques roses typiquement toulousain, ce nouveau foyer offrait à Clara et ses enfants une lumière qu'ils n'avaient plus vue depuis longtemps. En ouvrant les grands volets de bois ce matin-là, Clara fut assaillie par l’effervescence du quartier : le tintement métallique du tramway sur l'avenue de la République, les éclats de voix des maraîchers du marché couvert et le parfum réconfortant des chocolatines sortant du four de la boulangerie voisine. Ici, la brique ne racontait pas des histoires de fantômes, mais battait au rythme d'une ville vivante. ​L'installation fut un tourbillon de cartons et de décisions hâtives. Pour Ambre et Opale, le changement était radical. À seize ans, passer du silence oppressant d'une tour isolée à l'agitation d'un quartier étudiant demandait u

  • ​La Demeure des Saphirs Froids   Chapitre 8 : Toulouse

    ​Clara ne trouva point le repos cette nuit-là. Le mot « immortel » résonnait dans le silence sépulcral de la chambre, plus glacial encore que la pierre millénaire du manoir. Chaque craquement de la charpente lui semblait être un pas de Lucien s'approchant de sa porte. Elle ne pouvait exposer sa progéniture à une telle abyssale vérité, ni à la menace sourde qui semblait émaner des portraits dont les regards semblaient la suivre. À l'aube, alors que les premières lueurs d'un gris laiteux léchaient les vitraux et dessinaient des ombres distordues sur le tapis de laine, la décision s'imposa avec la force de l'évidence : la fuite. ​Elle se glissa hors de ses appartements, traversant les couloirs déserts avec la légèreté d'une ombre. L'air du manoir était chargé d'une odeur de cire ancienne et d'encens froid. Arrivée dans le vestibule imposant, elle rédigea à la hâte une unique missive sur le papier à en-tête du domaine, dont le grain épais résistait sous sa plume. Ce billet, elle le dest

  • ​La Demeure des Saphirs Froids   Chapitre 7 : L'Intensité du Vertige et le Poids du Secret

    ​Le soleil du second jour filtrait timidement à travers les lourds rideaux de velours. Clara se réveilla seule, un vide froid et intense à ses côtés. La ferveur violente du baiser était imprimée sur ses lèvres, une brûlure persistante qui contredisait le silence glacial du manoir. ​Elle se redressa, la tête légère, et constata l’absence de douleur ou de marques. Le danger, elle le sentait toujours là, non pas dans un bruit ou une odeur, mais dans l'intensité de son propre cœur. Elle avait dit : « Vous êtes à moi, Lucien. » Comment avait-elle pu dire cela à un homme qu’elle connaissait à peine, dont elle ne savait rien, sauf qu’il était magnifique, riche, et inexplicablement lié à elle ? Elle se sentait dans la confusion, le doute et la peur. ​En se préparant, elle remarqua sur sa table de nuit un plateau : café, fruits, et une unique rose noire. C’était un message muet, personnel, qui renforçait son désarroi. Il ne la laissait jamais seule, même dans son intimité. ​Elle déjeuna s

  • ​La Demeure des Saphirs Froids   Chapitre 6 : L'Intervention de Marius et le Baiser

    ​Alors qu'ils atteignaient le seuil du grand salon, la silhouette austère de Marius apparut subitement, barrant leur passage.​« Maître, » dit le valet, sa voix basse et tendue. Il ignora Clara, mais l'urgence dans ses yeux était palpable. « Je vous prie de me laisser vous parler. Seul. »​Lucien se raidit, un éclair d'irritation dans le regard. Il détestait cette rébellion, surtout devant Clara. « Ce n'est pas le moment, Marius. »​« Si, Maître. Permettez-moi d'insister. Il s'agit d'une affaire des plus importante. 》.Ils se retirairent dans un bureau.《 Maître, elle a vu ce qu'elle n'aurait pas dû voir. Vous avez cédé à la fureur devant les enfants. Le risque que vous prenez est inacceptable. L'alliance de sang ne peut pas se faire avec des témoins ! Vous devez la renvoyer. La prudence est notre survie. » Marius s'inclina, un geste de respect forcé, mais son corps était inflexible.​La révélation fut un électrochoc pour Clara.

  • ​La Demeure des Saphirs Froids   Chapitre 5 : Le Premier Jour de Captivité et l'Ascension du Désir

    Clara se réveilla dans une chambre d’une splendeur éteinte, après une nuit de sommeil hachée par l'anxiété. La veille, elle avait été conduite à cet endroit. L’air était frais, le silence absolu. Lucien avait agi avec une efficacité et une galanterie dénuées de toute tentative d'intimité, ce qui augmentait sa frustration et son désir. L'homme étrange était omniprésent dans ses pensées, défiant toute logique et toute prudence. ​Elle passa le premier matin à tenter désespérément de contacter d’autres dépanneurs ou taxis. L'absence de réseau était tenace, comme si la nature elle-même conspirait pour la maintenir captive. Lucien était absent, laissant la maison aux bons soins de Marius et de la domestique. ​Cherchant un moyen de canaliser son hyper-vigilance, Clara se rendit dans le petit bureau attenant à sa chambre, espérant y trouver une simple feuille de papier. Au lieu de cela, sur le grand secrétaire antique, elle découvrit une installation qui la laissa bouche bée. ​Une toi

  • ​La Demeure des Saphirs Froids   Chapitre 4 : La Captivité Douce et la Retard du Monde

    L'entrée d'Ambre, Opale et Jasper dans la salle à manger suspendit le temps. Les trois enfants, encadrés par l'austère Marius, affichaient une prudence et une curiosité palpables. Les jumelles de seize ans, Ambre et Opale, avaient immédiatement passées au crible l'atmosphère, leurs regards vifs et intelligents balayant l'opulence figée de la pièce. Jasper, six ans, était plus subjugué par le silence étrange et les hauts plafonds.​Clara se leva prestement, sa carapace maternelle reprenant le dessus sur l'attraction. Elle se précipita vers eux, ignorant le regard fixe de Lucien.​« Mes amours ! Ça va ? Vous n'avez pas eu froid ? » Les questions fusèrent, sa voix redevenant celle d'une mère inquiète.​Lucien intervint alors, sa voix douce et chaleureuse, dénuée de l'autorité qu'il avait utilisée contre Clara. Il se rapprocha des enfants, évitant le geste physique, s'imposant plutôt par sa stature et son charisme. La peur de les blesser se mêlait déjà à une a

Bab Lainnya
Jelajahi dan baca novel bagus secara gratis
Akses gratis ke berbagai novel bagus di aplikasi GoodNovel. Unduh buku yang kamu suka dan baca di mana saja & kapan saja.
Baca buku gratis di Aplikasi
Pindai kode untuk membaca di Aplikasi
DMCA.com Protection Status