EliseLa conscience revient par fragments. D’abord, la sensation d’un poids chaud et ferme à ma taille. Son bras. Puis l’odeur qui imprègne les draps, l’air, ma peau : le santal de l’huile, la sueur séchée, son parfum à lui, et dessous, le sel profond de notre nuit. Enfin, la lumière. Une lame dorée, tranchante, qui fend les lourds rideaux de la suite et vient se poser en diagonale sur le lit, traversant mes paupières closes.Je ne bouge pas. Je m’abandonne à l’inventaire sensoriel. Chaque muscle de mon corps murmure une douce plainte, un rappel délicieux et précis de chaque pression, chaque étreinte, chaque point de contact. Je me sens… cartographiée. Comme si son corps, ses mains, sa bouche, avaient redessiné les frontières du mien. Je suis différente. Plus pleine.Son souffle est régulier contre ma nuque, chaud. Il dort encore. L’Arnold endormi est une rareté, une sculpture de paix violente. Je risquerais un mouvement, à peine. Je me tourne, millimètre par millimètre, dans le cercl
Last Updated : 2026-02-13 Read more