ArnoldLe caillou.Il repose sur la table basse en verre, objet incongru et dérangeant dans la géométrie parfaite du loft. Un simple galet gris, usé par la mer, sur lequel un mot a été griffonné à la hâte : RESPIRER.Élise ne l’a pas caché. Elle l’a placé là, en évidence, après l’avoir serré toute la soirée dans son poing. Un défi. Un appel. Une preuve tangible que mon contrôle, si méticuleux soit-il, présente des failles. Que le monde extérieur, le monde de lui, peut s’infiltrer.Je le contemple, les mains dans les poches de mon pantalon, debout dans la pénombre. Le seul bruit est le ronronnement sourd de la climatisation. Elle dort, ou du moins fait semblant, dans la chambre. L’air est encore chargé de notre affrontement de ce matin, de ses mots acérés comme des éclats de verre. Ta jalousie. Tu creuses le fossé. Traite-moi en égale.Et maintenant, ceci.Je ne ressens pas de colère immédiate. La colère est une réaction chaude, désordonnée. Ce que j’éprouve est plus froid, plus profon
Last Updated : 2026-01-09 Read more