Chapitre 101 : La délivranceL’appartement de Madison ressemblait à un écrin brisé. Les coussins de soie gisaient au sol, un vase de cristal avait roulé sous le canapé, et le parfum capiteux de la jeune femme, d’ordinaire si étudié, tournait à l’aigre dans la pénombre orangée.Dehors, la pluie froide de novembre cinglait les baies vitrées, mais à l’intérieur, un silence d’après-tempête écrasait les deux silhouettes.Madison était recroquevillée contre le mur, les joues striées de mascara, la respiration hachée. Miguel se tenait à trois pas d’elle, le visage fermé, les poings encore serrés. Il venait de la repousser avec un dégoût qui lui glaçait lui-même le sang, et pourtant il ne sentait aucune pitié. Seulement une lassitude immense, et une clarté nouvelle, comme si une fenêtre s’ouvrait enfin sur des mois de brouillard.Elle releva la tête, les yeux dilatés de désespoir, et sa voix se fit miel fêlé.« Miguel… je t’en supplie… tout ce que j’ai fait, c’est parce que je t’aime. Cet
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