SofiaL’odeur du dîner , un ragoût épicé que ma mère a insisté pour préparer , flotte encore dans l’appartement, mêlée à celle du vin rouge et du café. L’atmosphère est douce, bruyante, familiale. Autour de la table du salon, les rires de mon père et les anecdotes de Camille créent une bulle de normalité dorée. Une bulle dans laquelle je flotte comme une intruse.Ma mère tricote, installée dans le fauteuil près de la baie vitrée. De temps en temps, elle lève les yeux. Son regard passe de Camille, pétillante, à moi, silencieuse sur le canapé, puis à Léonardo. Son sourire est toujours là, mais ce léger pli entre ses sourcils, apparu ce matin, ne s’est pas effacé. Elle sent l’orage. Elle ne sait pas qu’il a déjà éclaté.Léonardo est debout près du bar. Il verse un digestif pour mon père. Il écoute Marco, son homme de confiance, venu discuter d’un dossier urgent. La présence de Marco ce soir était inévitable. Un coup de fil en fin d’après-midi, une voix grave au téléphone, et la décision
Last Updated : 2026-01-02 Read more