JulienLe dîner est un supplice.Nous sommes attablés tous les quatre sur la terrasse, sous la tonnelle couverte de vignes vierges. Des guirlandes lumineuses pendent au-dessus de nous, petites ampoules jaunes qui attirent les papillons de nuit. La nuit est tombée mais la chaleur persiste, collante, oppressante, une présence.Mon père parle. Il parle travaux, isolation, factures, isolation, travaux. Une litanie d'adulte qui me traverse sans s'arrêter. Sophie hoche la tête en picorant sa salade, ses lèvres pincées, son air attentif. Moi, j'écoute sans écouter. Mes yeux sont ailleurs.Léa est assise en face de moi.Elle a enfilé une robe légère, bleue elle aussi, fine comme un soupir, comme une deuxième peau. Ses épaules sont nues, rondes, dorées. Ses clavicules dessinent des ombres quand elle bouge. Parfois, quand elle se penche pour attraper la carafe d'eau ou la corbeille de pain, l'encolure baille et je vois, je vois malgré moi. La naissance de ses seins, la courbe, l'ombre. Je détou
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