À feu et à pertesANGÈLELa boîte est sur mes genoux dans le métro.Rabis est assis à côté de moi, sa cuisse contre la mienne, sa main qui tient la mienne. Il ne parle pas. Il sent que j'ai besoin de silence, de digestion, d'absorber tout ce que je viens de découvrir.Les lettres. Toutes ces lettres. Des mois et des mois d'écriture. Mon père, seul, malade, qui me parlait chaque jour sans jamais m'envoyer ses mots.Pourquoi ? Pourquoi ne pas me les avoir données de son vivant ?Parce qu'il savait. Il savait que je n'aurais pas compris. Que j'aurais voulu le soigner, le sauver, l'accompagner. Il savait que je me serais brisée à le voir mourir.Alors il a choisi. Il a choisi de partir vite, proprement, et de me laisser ces lettres comme un testament, comme un guide, comme un dernier cadeau.Le métro freine. Des gens montent, descendent. La vie continue. La mienne aussi, apparemment.On sort à notre station. On remonte à la surface. La nuit est tombée pendant qu'on était chez moi. Paris e
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