Point de Vue : Elara Moretti La nuit est tombée sur la planque comme un linceul gris. Il faisait froid. L'isolation était quasi inexistante, et le chauffage, une résistance électrique poussive, ne parvenait qu'à tempérer à peine l'air autour de lui. Je me suis blottie dans la veste lourde que Damian m'avait donnée pour notre fuite. Damian, malgré sa blessure et l'urgence de la trahison, semblait avoir atteint un point de non-retour. Il avait sécurisé la ligne de communication, donné quelques ordres, puis il s'était tu. Le silence qui émanait de lui était différent de la froideur habituelle ; c'était un épuisement profond. Le lit, petit et inconfortable, n'était qu'un matelas posé sur un sommier en bois. C'était le seul endroit pour dormir. « Je vais rester assis, » m'a-t-il dit, s'asseyant sur le bord du lit. Il avait l'air de vouloir reprendre le contrôle de l'espace, même si c'était futile. « Ne sois pas ridicule, » ai-je rép
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